‹ Devoirs des catholiques envers l'EgliseChapitre 22 sur 30 · SOUFFRIR AVEC L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

SOUFFRIR AVEC L'ÉGLISE

la passion de TÉglise comme dans la passion de Jésus-Christ, aboutit aux gloires de la résurrection : hœc opoi'ttiit Christum pati et ita inti'are in gloriam. Non -seulement, avec le divin réparateur, elle doit après son terrestre pèlerinage aboutir à la gloire de son Thabor éternel ; mais, môme dans le temps, elle connaît déjà, par anticipation, quelque chose de ces gloires de son éternité. Mélange d'ombre et de lumière, sa longue vie, à travers toutes ses morts apparentes, est comme une perpétuité de résurrection. Et comme le Christ ressuscité, le catholicisme cette vivante image, mieux que cela, cette permanence du Christ sauveur sur la terre, à chaque moment de cette vie si pleine de tristesses, de craintes d'abandon, de délaissements, de désolations et de trahisons ; si pleine d'humiliations, d'opprobre, d'infamie, de mépris et d'anéantissements ; si pleine de flagellations et de couronnements d'épines ; dans cette vie, enfin, si crucifiée, si ensevelie, et, en apparence, si morte, ah ! il peut toujours dire avec le Christ mort : Fui mortuus : Vous m'avez cru mort pour toujours ; et voici que je suis vivant : et eecesum vivens /...

Telle nous est apparue, dans la lumière des faits, la passion de l'Église rapprochée de la passion de Jésus-Christ ; et, à toutes les étapes, et dans toutes les sphères de sa vie crucifiée, nous avons reconnu, à ses douleurs de toutes sortes, la divine auxiliaire que Dieu a donnée au Christ réparateur dans Toeuvre de la réparation du monde.

Rien donc ne doit moins nous troubler que de voir TÉghse, non-seulement dans le passé, mais encore dans le présent, associée aux tristesses, aux humihations, aux souffrances de son époux crucifié. Cette association c'est sa destinée, c'est sa vocation, c'est sa fonction dans l'humanité ; et rien ne devrait nous inquiéter ou nous troubler davantage, que de la voir entièrement échapper à ce partage des souffrances du Christ, qui est ici-bas toute sa raison d'exister.

Et s'il en est ainsi, notre vocation, et notre destinée à nous-mêmes, ne peut plus nous être un mystère. Comme l'Église est associée à la passion de Jésus-Christ, il faut que, dans une mesure, nous soyions associés à la passion de l'Église : membres vivants d'un vaste corps

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