‹ Devoirs des catholiques envers l'EgliseChapitre 5 sur 30 · A MES AUDITEURS ET AMIS · texte numérisé non relu

A MES AUDITEURS ET AMIS

pressentir d'avance, dans une parole filiale, la pensée de ma mère.

Quoiqu'il en soit, maintenant que l'Église a parlé à tous, il n'y a plus pour tous que les mêmes devoirs à remplir envers cette maternité souveraine. Et ce sont ces devoirs, et rien que ces devoirs, que je viens aujourd'hui vous redire, en vous envovant dans ce livre le souvenir d'un ami qui ne saurait plus vous oublier.

Ah î puissent ces paroles vous être plus qu'un souvenir du passé. Puissent-elles vous être, par dessus tout;, une lumière et une force dans les jours obscurs et difficiles que nous traversons, et dans les jours plus obscurs et plus difficiles que nous sommes peut-être appelés à traverser encore.

Les lamentables événements accomplis au milieu de nous, depuis que ces paroles ont retenti dans vos âmes sous les voûtes de la vieille basilique, rendent à des accents^ déjà plus ou moins oubliés, une actualité et une importance qui ne vous peut échapper. A la clarté sinistre qui vient de luire sur nos abîmes, il devient plus que jamais évident pour toute âme sincère, que le salut de la société n'est que dans le

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triomphe de l'Église. L'Église est pour la société moderne jetée à travers ses cataclysmes, ce que l'arche de Noë fut pour la race humaine aux jours du déluge ; elle seule peut nous garder sains et saufs au dessus des grandes eaux que toutes les cataractes de la révolution font monter de toutes parts.

Mais pour que l'Église soit le salut de la société, une chose est nécessaire, l'union de tous les catholiques dans l'arche portée sur les flots ; mais surtout l'acceptation unanime, courageuse et persévérante de tous nos devoirs envers cette Église, qui seule peut nous sauver, et qui aujourd'hui, en face de toutes nos défaillances, de tous nos obscurcissements et de toutes nos ruines, demeure l'unique lumière, l'unique force et l'unique espérance d'une société menacée d'une nuit absolue et d'un effondrement universel.

Nancy, 4 novembre 1871.

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