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Première partie. — La préparation

On distingue dans l'oraison trois sortes de préparations, à savoir, la préparation éloignée, prochaine et immédiate.

I. La préparation éloignée consiste à éviter tout ce qui pourrait être obstacle aux fruits de l'oraison, comme le péché, les passions, les affaires étrangères à notre état, et enfin le dérèglement de notre imagination ; elle consiste en un mot dans le recueillement intérieur et extérieur. Les amitiés trop étroites, les repas,, les divertissements, etc., sont des obstacles aux fruits de l'oraison, parce que, quand le cœur est partagé entre ces objets et Dieu, alors nous n'avons pas lieu d'attendre de celui-ci des grâces abondantes qu'il nous aurait communiquées si notre cœur eût été

tout pour lui. Pour être dans la préparation éloignée, il faut être détaché entièrement de la créature et vivre habituellement pour le Créateur.

II. La préparation prochaine consiste à se recueillir profondément en Dieu, ensuite à lire attentivement le sujet de la méditation, car un prêtre doit toujours en lire un sur un auteur quelconque, lorsque cela est possible ; elle consiste de plus dans la pureté d'intention, il est vrai que chez soi on ne médite pas par amourpropre, mais cela peut se faire dans une communauté comme le séminaire : enfin, Ton peut faire consister cette préparation prochaine à prévoir en quelque façon et comme déterminer quelles affections et résolutions on produira dans son oraison.

II ï. La préparation immédiate, qui tient déjà, en quelque sorte, au corps de l'oraison, consiste dans trois principaux actes qui sont des actes de foi, et cet acte contient plusieurs autres petits actes, ensuite un acte d'invocation et enfin un acte d'offrande et d'union.

1° .Acte de foi sur la présence de Dieu. Pour se mettre en la présence de Dieu, on peut s'aider de quelques textes de l'Ecriture sainte que l'on variera de temps en temps afin qu'ils ne deviennent pas fastidieux (voyez à ce sujet Y Introduction

de saint François de Sales). De cette conviction de la présence de Dieu suit naturellement un acte d'adoration, et de celui-ci découle encore, aussi naturellement un acte d'humilité, et de ce dernier provient le second principal acte, qui est un acte d'invocation.

2° Les hymnes et proses du jour de la Pentecôte nous fourniront des sentiments d'invocation et de mépris de nous-mêmes qui ne pouvons rien sans le secours de la grâce.

3° Acte d'union et d'offrande. Nous devons unir notre oraison à toutes celles que Jésus-Christ lit sur la terre, et principalement au jardin des Oliviers, où, se représentant la multitude des péchés des hommes, il sua sang et eau; à celles de la sainte Vierge, des saints, des anges, etc., de toutes les personnes pieuses qui font aussi oraison, etc, à Dieu, maître, etc.

Maintenant nous devons prier, c'est-à-dire offrir notre oraison pour les besoins de l'Eglise, de la religion, du séminaire ; cette sainte maison, mère de nos vertus et que nous ne devons jamais oublier, pour nos supérieurs, nos parents, surtout si nous en avons qui ne mènent pas une vie bien chrétienne, nos amis, nos bienfaiteurs, notre paroisse si nous en gouvernons une, le diocèse, le royaume, etc., nos ennemis et pour tous ceux qui

ont besoin de nos prières et qui s'y recommandent. Si nous avons d'ailleurs toutes les qualités nécessaires pour bien prier, c'est-à-dire la sainteté, la pureté d'intention, le recueillement, la ferveur, en un mot la dévotion nécessaire, il est à présumer que notre oraison, unie aux souffrances de Jésus-Christ et aux mérites des saints, offerte pour tous les besoins tant spirituels que temporels des peuples, sera agréée et accueillie favorablement du Seigneur ; cependant nous pourrions y avoir mis ou y mettre obstacle actuellement. Les amitiés trop étroites qui n'ont pas la religion pour base et Dieu pour fondement, mais qui sont uniquement charnelles et mondaines, dégénèrent en indifférence et même quelquefois en haine, ainsi elles peuvent être et sont un obstacle aux fruits de l'oraison, obstacle d'autant plus funeste qu'il est extrêmement difficile à vaincre : Idcircb caveat qui taies nutrit amicitias.

Il faut remarquer que ce serait trop d'employer à la préparation la moitié du temps de l'oraison; ensuite qu'il n'est pas nécessaire que tous les actes indiqués entrent dans la préparation, mais si nous sommes vivement pénétrés d'un, nous pouvons nous y arrêter, parce que c'est Dieu qui nous donne cette affection ; cependant, encore ici, il faut se défier du démon.

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