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du moins à éloigner les obstacles qui seraient propres à les empêcher d'atteindre cette fin de leur existence, dans les desseins de Dieu. Il doit donc vouloir que la foi qu’il professe ne soit pas combattue, qu'elle puisse exercer librement toute son influence sanctifiante. Delà découlent pour l'homme public de sévères obligations, qui le chargent d’une grave responsabilité devant Dieu.
La religion doit pouvoir donner ses enscignements sans qu'aucune puissance temporelle étouffe sa voix; car le Christ a chargé ses Apotres et leurs successeurs d’instruire toutes les nations : Docete omnes gentes. Chaque article de sa doctrine est une parole de Dieu, une’ lumière qui éclaire les hommes sur ce qu'ils doivent croire et pratiquer pour obtenir le salut. Mettre une entrave à l’enscignement de l'Eglise, est une attaque contre l'autorité divine qui l’a conétituée.
Le Christ a institué un sacerdoce pour être l'organe de ses enseignements et le dispensateur de ses grâces. Ceux qui sont chargés de ce ministère sacré doivent pouvoir, avec une complète liberté, accomplir leur mission de préparer des citoyens pour l’éternelle patrie. Tout acte gouvernemental qui tendrait à briser les rapports des divers membres de la hiéarchie ecclésiastique, qui limiterait le pouvoir qu'ont reçu du Christ les Evêques et les prêtres, qui leur interdirait en tout ou en partie l'exercice de leur fonctions, serait une révolte de l'autorité temporelle contre l'autorité divine. (Ce serait un acte d’odieuse persécution, une participation à la violence qui attache pour toujours une si ignominieuse horreur aux noms des Néron et des Dioclétien. Les fidèles que l’on voudrait soumettre aux prescriptions d’une telle loi doivent redire avec énergie le mot des Apôtres, répété par tant de martyrs et de confesseurs de la foi: Non possumus. Quiconque, soit comme mombre d’un corps législatif, soit comme électeur à cette dignité, peut intervenir dans l’action d’un gouvernement, doit employer tousses efforts pour empêcher une telle violation des droits les plus sacrés, ou élever constamment contre elle, si elle a été accomplie, une protestation qui
tende à la faire cesser. Tout catholique indifférent à cette injure faite à Dieu, à cette mesure propre à ravir le ciel à des milliers d’âmes, apostasie, sinon dans son esprit, du moins dans son cœur, et il aura à rendro compte à Dieu et à ses frères de la coopération qu'il apporte, ne serait-ce que par son silence, à l'acte qui, par le but où il tend, porte en caractères éclatants l'empreinte de l'esprit satanique qui l'a inspiré.
Ici j'entends une forte parole souvent redite en ces jours ; la religion ne doit pas être mêlée à la politique.
Cette maxime indique en celui qui l'amène un manque total de réflexion ou une faiblesse intellectuelle qui va jusqu'à l’ineptie.
Par politique on entend, sans doute, l’administration temporelle de la société, la confection des lois dans les parlements, et l'élection de ceux qui sont appelés hux assemblées législatives. ÆEh bien ! je le demande, est-ce qu’un souverain, un parlement ne peut pas faire une loi qui blesse la morale, qui soit contraire aux commandements divins, par exemple, une loi qui permettrait des contrats usuraires, attenterait à l’autorité que les parents ont reçue de Dieu, permettrait le divorce ou la polygamie ? Est-ce qu'un gouvernement ne peut pas mettre des centraves à la liberté d'enseignement et d’action de l'Eglise, par une de ces prescriptions que je mentionnais il y a quelques instants ? Nier cela, serait de la démence, car ce serait contester des faits qui se sont passés mille fois et qui se renouvellent aujourd’hui de la manière la plus éclatante en divers gouvernements ? Eh bien, une législation semblable touche essentiellement à la religion. Celle ci a donc droit d'intervenir, d'élever la voix, et d'empêcher par tous les moyens possibles, la violation de la morale dont elle est la gardienne, ou celle des droits qu'elle tient du ciel pour atteindre sa fin, qui est la glorification de Dieu et la sanctification des âmes.
Nier que l'Eglise puisse intervenir dans les cas dont je parle, c'est dire qu’elle n’a pas à réclamer contre l'oppression que l'on veut faire peser sur elle ; c'est dire que dès lors qu'une mesure émane d’un corps politique, la religion
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n’a rien à faire qu'à la subir en silence, quelque détriment qu’elle en reçoive. |
Alors la maxime : la religion ne doit pas se mêler à la politique, est tout simplement cette proposition brutale : le pouvoir politique peut persécuter la religion sans que celleci ait lo droit de reclamer. Il suffit d’énoncer la maxime en ces termes pour en faire voir l’odieuse fausseté.
Sans doute le clergé, quoique ses membres ne soient pas privés des droits du citoyen, doit prudemment s'abstenir d'une intervention dans des débats politiques dont des affaires purement temporelles seraient l'objet, à. moins qu'on ne reclame ses services. Mais l'épiscopat, et sous sa direction le clergé inférieur peuvent et doivent surveiller la politique, afin de voir sielle n’attaquerait pas les intérêts religieux, de prévenir par les moyens en leur pouvoir la confection de lois contraires à celles que Dieu et son Eglise ont imposées, et de protester avec la plus forte éncrgie contre tout acte de l'autorité temporelle, attentatoire aux dogmes, à la morale, au culte catholique.
Ce devoir, le citoyen aussi doit avoir à le remplir ; sa foi impose à sa conscience, et il doit tenir à l'honneur de ne pas laisser blesser dans ses droits la société religieuse à laquelle il appartient, la plus nombreuse, la plus éclairée, la plus sainte du monde.
Dans notre pays, notre culte jouit encore d’une liberté qui lui est ravie en bien d’autres contrées.
Ici, grâce à Dieu, ne règne pas comme en Italie, un souverain parjure à toutes ses promesses, animé d’une cupidité, qui lui fait porter une main sacrilége sur les biens consacrés à l'Eglise, et qui ayant peur de la prière et du sacrifice, qu'il sait pouvoir obtenir du ciel le renversement de son trône usurpé pour le triomphe du St. Siêge, ferme les communautés religieuses et en condamne les membres à l'exil ou à l’indigence.
Ici, nous ne sommes pas eomme en Prusse, sous la domination dè cet homme, qui est aujourd’hui le premier ministre de Satan, et qui rempli de sa haine et de sa jalousie contre l'Eglise, l’insulte avec tant de grossièreté, profère
‘contre elles des mensonges si audacieux, et fait subir à ses pontifes et à ses prêtres l’amonde et la prison ; insensé qui ne songe pas que l'enfer ne peut prévaloir contre la pierre sur laquelle l'Eglise est bâtie, que ses attaques, malgré la puissance dont il dispose et les violences qu'il exerce, ne font qu’attacher l’estime et l'admiration à coux qui les subissent avec un si héroïque courage, et que son nom, comme celui de tant de persécuteurs de la foi, chargé de la malédiction de la postérité catholique, ne vivra, dans une mémoire ignominieuse pour lui, que pour rappeler un nouveau triomphe de l'Eglise.
Ici le fanatisme sectairo ot la haine antireligieuse, n’en sont pas encore venus, comme en Suisse, à fermer les temples catholiques, a expulser les évêques, à priver les fidèles de leurs droits de citoyen, à exercer chaque jour une persécution qui s'exprime par la calomnie, la rapine et la vengeance.
Ici, l’incrédulité n’a pas, comme en France, blasphémé ce qu'il y a de plus sacré, profané le jour que le Soigneur a spécialement reservé à son culte, forcé le gouvernement à entraver les manfestations de la foi et de la piété catholiques, et préparé par là à la société, si elle réussit à y assurer son empire, à subir le pillage, l'incendie et une large effusion du sang de ses membres.
Notre patrie, n’a pas éprouvé ces effets de la haine
dont l’Eglise est l'objet en d’autres pays, si l'on excepte toutefois les atteintes portées à la liberté de l'éducation re- Jigieuse dans une de nos provinces. Mais s'il ne s’agit pas de repousser la persécution, il importe grandement de la prévenir. Elle est envahissante elle cherche à pénétrer partout où la foi catholique exerce jusqu’à un certain point son empire.
Au fond la grande question qui s’agite aujourd’hui dans le monde est celle-ci :
Le fils de Dieu doit-il être mis hors d'état d'enseigner, de sanctifier son Eglise? La croix doit être consolidée ou renversée.” Les hommes doivent-ils dans la pratique de Ja vertu regarder le ciel comme le séjour où ils auront à
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tre de tous les vices, de tous les désordres, des bouleversements les plus sanglants, pour y être ensuite enfouis à. jamais sans autre espérance que le néant, et toutefois avec: la crainte d’un châtiment éternel dont le crime ne saurait s'affranchir ? Cette question est-elle assez importante pour occuper les esprits ?
Elle peut être agitée ici comme ailleurs. Les mêmes. causes conduisent aux même coffets. Que l'Eglise soit restreinte dans la liberté de son enseignement, dans son action salutaire, et la persécution devenant chaque jour plus puissante contre elle, les principes de morale qu'elle maintient, ne prévaudront plus.
Alors l'erreur régnera sur les esprits, la corruption sur les cœurs et le mal maître de la société, après lui avoir fait subir les plus terribles désastres dans. l’ordre moral et matériel, la fera tomber en dissolution.
Je le demande maintenant, quel est l’homme religieux, qui ne voudrait apporter tout le concours des forces dont il dispose au maintien de sa foi? Quel est le citoyen catholique qui ne regarde comme un devoir impérieux, de: s'opposer, dans la part qu'il a à la chose publique, à tout ce qui pourrait même indirectement porter atteinte à l'influence de l'Eglise, et qui ne chercherait au contraire à lui faire assurer, non seulement une complète liberté, mais aussi au besoin, une protection qui lui permette d'exercer dans toute son efficacité la mission de bienfaisance pour la société temporelle, de sanctification pour la société spiri. tuelle, que Dieu lui a donnée ?
Mais pour qu'un citoyen puisse remplir co devoir, il faut que par un étude approfondie, il se soit instruit des enseignements de la religion qu’il professe, qu’il sache bien ce qu'est l'Eglise dans sa constitution, dans les droits qu'’elle a reçus de son divin fondateur, dans son influence civilisatrice sur la société, dans les moyens de triomphe qu'elle: met à la disposition de ceux qui veulent soutenir sa cause. Nulle étude ne satisfait l'intelligence, comme celle dé la:
“aoblé Erin,et dans toutes les contrées où ses enfants. 8e sont
oi catholique, à cause de la sublimité de ses. dogmes, de la pureté de sa morale, des beautés de son culte, des morveil. Los d'héroisme qu'elle a opérées, de l'ordre admirable où tout en elle se lieet.s 'enchaine, de la solution satisfhisante qu'elle donne à toutes les questions que peut passer l'intelligence humaine sur tout ce qui pent être la matière de son plus haut intérêt. Ne seraitce pas une honte, pour un homme instruit d'ailleurs, de n'avoir qu’une connaissanco superficielle de la religion qu'il professe ? Sans doute Dieu démande la foi à sa paroie, répétée par l'Eglise, mais il appelle l'intelligence humaine, qu'il a créée à l’image dé 1a sienne, à pénétrer jusqu'à un certain point,dans les merveilles de sa puissance, de sa sagesse, de sa bonté que renforme la révélation. Il dit luimême par son Apôtre: Rationabile obsequium vestrum.
Le citoyen, ainsi préparé par ses études religieuses, à la défense de l'Eglise,saura en soutenir les droits avec habileté en même temps qu'avec courage. Il bravera l'opinion
-qui lui serait contraire, repoussera énergiquement tout effort fait pour lui imposer silence et surmontera noble-
ment toute tentation par laquelle l'ambition des dignités,
-ou le désir de la fortune, voudrait affaiblir son zéle en fa-
veur des intérêts de sa foi. Il saura bientôt se faire des auxiliaires que son exemple ét sa parole feront servir la grande cause catholique. Ettout en remplissaht le plus impérieux des devoirs, il attachera une gloire pure et bril lante à son nom,
Avez vous remarqué que dans notre siècle, les hommes
-qui ont paru avec le plus d'éclat dans les grandes joutes
intellectuelles où tant de hautes questions ont été débattues, sont des orateurs et des écrivains religieux ?
Dans l Royaume-Uni dela Grande Bretagne et de l'Irlande quel homime politique à laissé une renommée plus
glorieuse que celle d'Oconnell. Ecoutez d'avance ce con- .cert do louanges qui, dans quelques semaines, va chanter -ga mémoire pour célébrer le centième - anniversaire de sa
naissance. De toutes les cités, de toutes les bourgades de la
l'opinion ent tout a nobledignités, le en fafaire des servir la t le plus re et bril
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us, quelles glorifications rotentiront en son. ep #- la parole des orateurs,et dé lalyre des bardes et des applaudissoments enthousiastes, des foules réunies, et même de la chaire sacrée ou son nom sera prononcé avéc. les plus grands éloges devant les autels Oh! c'est que tout ce peuple bénit, remercie, honore celui dont le patrio» tismo ardent, le dévouement infatigable, la magique éloquence ont contribué puissamment à obtenir cette émanci-pation, qui a délivré les catholiques d'un joug qui pesait si péaiblement sur eux depuis deux à trois siècles, ot lui s« fhit décerner le titre si glorieux de Libérateur de sa patrie. ‘L'Espagne à une tribune politique : parmi ceux qui l'ont occupée, il est un homme dont le nom a éclipsé celui de tous les autres; c'est Donoso Cortès, l'éclatant défenseur des principes catholiques, des droits de 1 Eglise. La France a eu il n'y & encore que peu d'années,une plé. fadé d'orateurs politiques illustres. Mais parmi eux nul n’a brillé avec plus de splendeur que celui qui s'est fait, en tant de discours pleins d’une énergique éloquence, le chevalier de toutes les libertés religieuses, et qui dans un des plus magnifiques accents qu'ait fait entendre la parole hu maine, a proclamé, au milieu des salves d’applaudissements de l'assemblée qui l’écoutait que l'Eglise est la mère de la société moderne : Vous avez tous nommé Montalembert. Et j'ajouterai que parmi les grands écrivains laics de notre siècle, ceux qui ont défendu la cause religieuse ont wa la gloire la plus éclatante s’attacher à leur nom. Quels plus beaux génies littéraires que De Maistre, . Chateaubriand ? et dans la polémique de la presse, quel journaliste a la renommée de Louis Veuillot ? | Mais sans s'élover à cette hauteur, dans une sphère moins large,'le citoyen dévoué à la religion et à sa patrie laisse une mémoire pleine d'honneur et qui est un encouragement à l'invitation de ses vertus chrétiennes et sociales. ci je ne citerai pas des noms étrangers. Duns une des Eglises de St. Hyacinthe, qui de Yous n’a lu cette épitaphe ‘avec un sentiment de respect pour celui dont elle couvre Jes restes.
Par ses talents et son érudition Son patriotisme désintéressé - Les nobles qualités de'sbn ‘étur .. «Beseervices éminents : :
.… Commehomme: d'état Et codificateur des lois
I fut up grand citoyen L'honnenr de sa patrie ;
* ‘Et par sa foi ét sa piété Un chrétien édifiant Le modète de la société.
C'est là, on le sait, la gloire dont jouit dansle pays tont entier, la mémoire de l'Honorable Augustin Norbert Morin.
C’est à servir la religion et la société que nous forme l'éducation donnée dans cet établissement. Puissions nous être fidèles aux principes dont nous venons de faire entendre l'expression. Oui, nous l’espérons, la religion qui a touché nos fruits naissañts. donné de doux soins à notre enfance, présidé à l'instrüction de notre jeunesse, animera toujours notre vie intellectuelle et morale. Nous la conserverons dans nos esprits et nos cœurs : nous la professerons hautement dans notre carrière sociale ; nous la défendrons contre les atteintes d’une incrédutité qui cherche à affaiblir son empire, pouf appèler tous les désordres, tous les malheurs sur notre société. Et nous consacrerons au service de notre pays tous les moyens que notre éducation développée par le travail, pourra mettre à notre disposition : heureux si nous pouvons, dans quelques limites que notre action soit forcée de se restreindre, contribuer à augmenter la prospérité et la glowre de notre chère et belle patrie !
ays tout Norbert
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