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\ prélude de l’agonie d'une nationalité.
àdire: Là se trouve pour moi une satisfaction ; je dois me la procurer. Il se trompe, si vous le voulez. Mais il lo croit ainsi, et alors rien ne l'empêche d'agir conformément à cette conviction. Pour lui dans ce cas, la loi morale est une injustice, une usurpation. Il dit comme Proud'hon: la propriété c’est le vol, parcequ'il a dit comme lui, Dieu c’est le mal.
On fait une réponse * La loi sociale à sa sanction dans. la punition qu’elle impose à ceux qui la violent. J'entends.
Le bourreau, voilà zrand moralisateur de la société : c’est le père de la ver.a, de l'équité parmi les hommes, il est l'autorité devant laquelle la raison doit fléchir. Le christianisme présente la croix en disant avec Chateaubriand : voilà l’étendard de la civilisation : Non, reprend l'incrédulité c’est la potence, ou la guillotine.
Sans doute le glaive est nécessaire à l'autorité sociale, mais il ne peut atteindre que les grands criminels, qui n’ont pas sû être assez habiles pour se soustraire à ses coups. Que de crimes et de vices sont en dehors de ses atteintes !.… Et produira-t-il la bienveillance, la charité toutes ces vertus morsles sans lesquelles il ne saurait y avoir de véritable: socièté ?
D'ailleurs le glaive peut être, et il est souvent,au service d’une puissance qui elle même ne reconnaît pas de loi morale, Alors il devient le plus terrible instrument de l'injustice, de la violation de tous les droits, des passions les plus cruelles. Néron et Robespierre nous disent ce qu'est une société dont la seule loi soit la force.
Mais sans supposer ces violences sanguinaires dont trop souvent l’histoire rappelle le retour, que deviendrait un peuple dont les gouvernants ne regarderaient le pouvoir que comme un moyen d'augmentation de fortune, de satisfactions personnelles,de prédominence d’un parti politique, sans songer à ce qui peut faire réellement la gloire, la prospérité d’un pays et le bien-être général des citoyens ? Dans un tel état il y aurait un malaise continuel, des dissentions de toute espèce, des déchirements intérieurs,
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Un homme célèbre a dit, il y a quelquès années, dans une des chambres françaises qu'il s’applaudissait d'être sous un gouvernement qui ne se confessait pas.
Hélas ! la France vien d’être obligée de se confesser. À genoux aux pieds de la Prusse,en face au monde entier, elle a avoué son impuissance à défendre son propre territoire, fruit de l’impéritie qui la gouvernait, et il lui a fallu subir la pénitence d’un lourd et ignominieux impôt, et de l’enlèvement de quelques unes de ses plus belles provinces. Et tous les hommes religieux de cette nation ont confessé, au milieu-de ces malheurs, qu'ils étaient la punition de l'incrédulité et des vices qui dominaient dans une grande partie de la société française. Peut-être que si la confession privée eut été plus généralement pratiquée en ce pays, ilse serait épargné la honte de cette confession publique.
“ Par les principes, a dit encore Rousseau la philosophie ne fait aucun bien que la religion ne fasse encore mieux, et la religion en fait beaucoup que la philosophie ne saurait faire. Nos gouvernements modernes, ajoute-t-il, doivent incontestablement au christianisme une plus solide autorité. et des révolutions moins fréquentes.”
Entendez la sagesse antique : ‘on bâtirait plutôt une ville dans les airs, a dit Plutarque, que de constituer un état en Ôtant la croyance des Dieux.” Ne dirait-on pas que l'écrivain payen voulait reproduire de texte sacré, si souvent chanté par l'Eglise : Misi Dominus custodierit civitatem frustra vigilat qui custodit eam.”
Aucun état n'a jamais existé sans religion. Malgré les étranges aberrations de l’idolatrie, les nations anciennes avaient la crainte de la divinité, et un sentiment moral
dû à une conscience dont la voix intérieure était confirmée par les traditions de tous les peuples. C'est à cette cause que doivent se rapporter les traits de vertus civiques qu’on admire dans l'antiquité. Mais, suivant les historiens payens eux-mêmes, quand Rome eut perdu la crainte des Dieux, elle se précipita dans tous les vices, dans tous les crimes, dans toutes les horreurs. Une religion fausse, ou
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incomplète, a des principes qui, jusqu’à un certain point, maintiennent la morale, et par la même, la société. Mais, qui ne le sent, la religion véritable qui fait connaître tous les enseignements ; tous les préceptes que Dieu a révélés lui-même, doit être incomparablement plus utile au bonheur des hommes. “Le dernicr des chrétiens honnête homme, a dit Chateaubriand, est plus moral que le premier des philosophes de l'antiquité.” Et il faut aussi redire le mot célèbre de l’auteur de l'Esprit des lois : “Chose admirable, la religion chrétienne qui ne semble avoir d'objet que la félicité de l’autre vie, fait encore notre bonheur dans celle-ci!
Le christianisme a passé sur la terre, comme son auteur, en faisant le bien pertransit benefaciendo. Que l'on juge des autres sociétés où il a dominé parcequ'il a fait à l'égard de la notre. Otez à notre pays tout ce qu'il tient de la religion, vous enlevez à ses annales ses faits les plus héroiques, à ses cités et à ces campagnes, les monuments d’éducation et de charité qui font sa gloire, à notre caractère national les qualités qui le distinguent, à notre nom tout l’honneur dont il jouit.
Il suit de ces considérations diverses que le citoyen doit faire tous ses cfforts pour que la religion maintienne son empire sur la société, puisqu'elle contribue si efficacement à son bonheur. Mais il est un motif d’un ordre bien plus élevé qui, s’il a la foi, lui fait un devoir de travailler a ce but. La religion, par la croyance à ses dogmes, la pratique de sa morale, l'observation de son culte, est le moyen par lequel Dieu veut être honoré et servi des hommes
Celui qui en suit les prescriptions aura la vie éternelle, celui qui ne veut pas s’y soumettre subira la justice de Dieu dans un chatiment sans fin.
Dès lors qu’on a cette conviction, peut-on être indifférent à l'empire de la religion sur les esprits et les cœurs ? Si l’homme, comme citoyen, doit se dévouer aux intérèêts'de la société temporelle, à plus forte raison comme chrétien, il sera obligé de travailler, dans les limites de l’action qu’il peut exercer, à assurer à ses frères,le bonheur suprême, ou