‹ Devoirs du citoyen [microforme]Chapitre 3 sur 16 · LE CITOYEN DOIT ÊTRE LABORIEUX · texte numérisé non relu

LE CITOYEN DOIT ÊTRE LABORIEUX

L'homme, à peine sorti des mains du créateur, se révolta: contre celui à qui il devait l'éxistence. Par l'acte qui le-rendit coupable, il voulut connaître le bien et le mal, jouir comme D'eu, de la félicité saprème dans un repos complet. Mais il fut bientôt forcé de confesser son impuissance à trouver le bonheur là où il le cherchait, et il entendit le : Seigneur qu'il avait offensé lui adresser cette parole : la terre sera pour toi couverte de ronces et d'épines, et tu mangeras ton pain à la sueur de ton front.

La voilà la grande loi du travail imposée à l'homme. C’est une punition qui l’humilie, mais en s’y soumettant de tout son cœur, en se livrant à ce labeur, à cette fatigue, devenus pour lui une nécessité, il force la terre à lui donner la nourriture dont il a besoin : il reprend peu à peu son domaine: : sur la nature : il acquiert jusqu’à un certain degré la scien— ce à laquelle il aspirait. Le travail devient pour laile moyen du bonheur ; il y trouve une glorieuse réhabilitation: et devant Dieu il en retire un mérite, qui d’un châtiment en fait la matière d’une récompense qui se donne au ciel.

Mais ne parlons que de la vie temporelle. Elle est alimentée, entrétenuc par le travail, et souvent elle en reçoit des jouissances, et même une gloire qui la rend belle et heureuse.

Le travail n'est pas le même pour tous; mais de quelque nature qu'il soit, il est une nécessité pour la généralitédes hommes.

Je vois le travail matériel en ce qu'il a de plus pénible, d’abord dans le pauvre mercenaire, qui doit la conservation de sa vie, privée d’ailleurs de presque toute jouissance, aux labeurs les plus fatigants, les plus grossiers, quelque fois les plus humiliants, De quelles sueurs il trempe le mor-

«<eau de pain qu'il apporte à son logis! Il n’a qu'un répos rempli de sollicitude, entre la fatigue du jour et celle du Jendemain ; car son travail est toujours à recommencer. A part celui que lui a ménagé le Seigneur, il ne peut jamais

. dire : Tel jour sera;à moi ; je m'y:reposprai.;: ||

Voiei l'ouvrier ; son travail est d’une nature plus élevée : la part qu'y.prend, son intelligence y mêle une certaine satisfaction ; il pressent un gain qui va en sortir plus ou moins abondant. Mais elles. sont pénibles aussi ces longues heures, aù le corps penché sur son atelier il fatigue sa main à préparer si laborieusement le bois pour. l'usage auquel il est destiné; ou bien celles, où sous la chaleur continue d’un foyer ardent, son bras, chargé d’un lourd mar teau, donne au fer ces transformations diverses qui le rendent d'un emploi si utile.et si général.

Voyez maintenant le cultivateur. Il travaille pour ou- +rir dans la terre un sillo’ qui reçoive la semence : i] travaïlle pour arracher au sol les épis qui le couvrent ; il travaille pour amasser la moisson et la transporter aux greniers qui doivent la recueillir, il travaille. pour retirer des gerbes le grain qui va donner l'alimentation et l’aisan- .<e à sa famille. Un certain nombre d’entre nous, en aidant quelquefois leurs parents bien aimés dans ce labeur, en ont senti la fatigue, laquelle leur a fait apprécier plus hautement ce fruit de l’éducation,dont ils ne se nourrissent qu’au prix des sueurs de ceux qui leur ont donné la vie.

Quel état, quelle profession ne connait tout à la fois le travail comme une peine et comme uu gain ! Que de fatigues au comptoir et dans les divers actes de son négoce a coutées au commerçant l'argent qu'il dépose en son coffre ! L'homme d’affaires condamné pendant des journées presqu'entières passées auprès d’un bureau, sa tête à un calcul laborieux et sa main aux écritures répétées qu'exige la tenue de ses comptes.

Le travail de l'esprit est aussi pénible que celui du corps. Nous le sentons, nous aussi, dans ces heures d’études multipliées que demande l'acquisition des connaissances qui forment l'éducation classique, et nous sommes témoins de

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