APPLICATION A SOI-MÊME DE LA VÉRITÉ MÉDITÉE
L'ai-je bien compris jusqu'à présent, que mon état était un état de perfection et de sainteté ? Ai-je été convaincu qu'une sainteté extraordinaire était la sainteté propre de l'état ecclésiastique ?.... Conformément à ces maximes , ai-je travaillé comme je le devais à acquérir cette perfection et celte sainteté? me suis-je efforcé de me séparer du monde autant que je le pouvais? de m'en détacher et d'y renoncer pour m'attacher à Jésus-Christ , pour le suivre et pratiquer ses conseils?.... Ou plutôt quelle monstrueuse opposition de ma conduite à mes obli{;ations ! J'avais renoncé solennellement au monde , et je l'ai repris de nouveau ; je m'y trouve autant ou plus répandu que les mondains mêmes ; je suis lié avec ce même monde par mille visites d'amusement et de vanité , de plaisir et d'oisiveté , qui m'exposent à perdre Dieu et à le faire perdre aux autres J'avais pris
le Seigneur pour mon partage , et je lui ai préféré la créature ; j'ai rompu tous les liens qui m'attachaient à lui pour me laisser dominer par l'esprit d'intérêt , d'ambition et de toutes les passions. Je m'étais obligé de suivre Jésus-Christ, et je l'ai lâchement abandonné ; je m'étais engagé à pratiquer ses conseils, et je les ai négligés; j'étais revêtu de la qualité glorieuse de Jésus-Christ, et je l'ai lâchement abandonnée ; j'avais embrassé un état saint , et je l'ai profoné ; je devais édifier les fidèles , et je les ai scandalisés ; je devais porter partout la bonne odeur de Jésus-Christ , et je n'ai porté dans son Eglise que l'odeur empestée des vices du monde et de ses maximes pernicieuses; enfin, par mon état, ministre du salut de mes frères et du souverain pasteur , je devais être un instrument pour lui gagner des âmes, et j'ai été jusque dans son sanctuaire un piège publiquement tendu à ces mêmes âmes , pour les engager dans le péché et dans l'erreur, pour les y retenir et pour les perdre.
Quelle honte pour moi d'avoir vécu d'une manière si opposée à la sainteté de mon état et si conforme à la vie des mondains! n'étais-je donc entré dans une profession si sainte que pour la déshonorer ? N'avais-je renoncé au monde que pour y être plus attaché et pour satisfaire mes passions ?..,. Tristesse , ennui , peine et affliction d'esprit, voilà ce que j'ai trouvé dans ce monde pervers dont j'ai fait mon idole. Biens faux qui amusent le cœur , sans pouvoir le rassassier , qui irritent les passions sans pouvoir les satisfaire , qui parta-'
iSM OBLIGATIONS d'ÉTAT DU SACËÏIDOCE.
gcnt les désirs sans pouvoir les iixer : voilà loiit ce qu'il peut donner à ses malheureux esclaves Encore un moment, et ce monde
imposteur m'ccljappe... Il m'abandonnera , et je serai forcé de l'abandonner ; tout ce qui m'en testera , ce sera le regret stérile de le quitter avant de m'en être détaché.