LIVRE IV, CHAÏ>ITÏIE II
braïqiie qui vient de Missach , qui veut dire une oblation libre et volontaire , comme on le peut voir en plusieurs endroits des saintes Ecritures , et spécialement dans le seizième chapitre du',Deutéro- Dome . oîi le texte sacré dit, selon la traduction ordinaire -. Fous célébrerez le jour de la solennité des semaines , en faisant au Seigneur votre Dieu une oblation volontaire (1); car, au lieu de ces dernières paroles]: Oblation volontaire, il y a dans Thébreu .• Missach.
Cette interprétation et cette étymologie est encore de grande autorité, puisqu'elle a été reçue et approuvée dans le concile de Sens, et qu'elle a pour auteurs des hommes illustres et vénérables par leur suffisance et leur doctrine , comme Pamélius , Claude de Saintes , Tertullien et Démochares. Le cardinal Baronius la suit aussi , et il assure comme une chose certaine que les apôtres ont pris ce nom de Messe de l'hébreu, comme de sa source, et que l'Eglise latine , qui Ta reçu d'eux , l'a toujours conservé jusqu'à présent (2). Ce qui est d'autant plus probable , que nous savons que les saints apôtres et leurs disciples se sont servis de ce nom avant même qu'on eût commencé à célébrer la sainte messe en latin ; et il ne faut qu'en considérer la propre signification , pour juger clairement de ce que nous en disons. Car si le nom de messe signifie en hébreu une oblation volontaire que l'on fait à Dieu en action de grâces pour ses bienfaits , et spécialement pour avoir mis son peuple en liberté , c'était en effet pour cela que se faisait l'offrande volontaire qui est exprimée par ce mot Missach dans le texte hébraïque du passage que nous avons rapporté; ne voit-on pas clairement que tout cela convient très-proprement au saint sacrifice de la messe ? En effet, c'est dans ce sacrifice oii l'on offre au Père éternel son Fils unique , dont il est écrit dans Isaïe : Il est offert parce que lui-même l'a voulu (3). Il y fait lui-même cette offrande et cette consécration volontaire de soimême à son Père , et i! s'y sacrifie avec cette liberté dont il parle , quand il dit aux Juifs qui voulaient entreprendre sur sa vie avant que le temps auquel il avait résolu de la perdre fût arrivé : Je quitte ma vie pour la reprendre , nul ne me la ravit , inais c'est de moi-
(1) Celebrabis dieni festum hebdomadam Domino Deo tuo , oblatioiiem sponlaneani. {Devt. 16, 40.)
(2) Concil. Se7io>i. in décret, fidei, cap. il ; Claud. Sainct. inpraf. ad Grœcns liturg ; Pamel. ïn prœf. ad Latinos et in schol ; TertuU.,lib. de orat. iii, prineip.; Démochares , tract. % et li de sacrificio missœ ; Baron, anuo Chrisli M.
(3) Oblatiis est quia ipse voliiit. (/s-. 53. 7.)