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CHAPITRE XVII

De la netteté et de la propreté qu'il doit y avoir dans les églises, et en toutes choses qui servent au saint ministère de l'autel.

I. Les églises étant , comme il a été dit , des maisons de Dieu , où sa divine Majesté est toujours présente , et où elle veut être plus particulièrement servie et adorée , cette considération seule est plus forte que tout ce qu'on pourrait dire et désirer pour exprimer l'ornement , la politesse et la propreté qu'il doit y avoir, tant en ce ;qui regarde la construction du lieu même , qu'en toutes les autres choses qui sont nécessaires pour le service d'un si grand Seigneur. Jetons un peu les yeux sur ce qui se passe dans les palais des rois et des princes , et voyons avec quel soin , quelle étude et quelle curiosité l'on s'applique à rechercher de l'ajustement , de l'éclat et de la magnificence dans toutes les choses qui servent pour leurs personnes , pour leur table et pour tout leur train ; combien on fait de dépenses pour ne rien laisser paraître dans toutes ces choses qui ne soit riche , précieux , excellent et relevé ; en sorte que tout y réponde à fa majesté du prince , et marque sa propre grandeur.

0 Roi des siècles ! immortel Seigneur, dont la majesté est vraiment souveraine et infinie , qui êtes servi et adoré dans la gloire par des millions d'esprits célestes , comment osons-nous mettre un ver de terre en comparaison avec votre suprême grandeur ? N'est-ce pas une chose honteuse et déplorable , de voir que le culte et le service de vos autels soit tellement au dessous de celui des rois de la terre , et qu'il y ait dans votre propre maison si peu de choses qui répondent à la majesté de votre empire , et qui représentent la grandeur de votre être infini et souverain ? Quel cœur ne serait pas percé de douleur en considérant que les ministres que vous avez sur la terre , et

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qui savent que vous êtes vous-même réellement et véritablement dans chaque église des chrétiens , servi et adoré , quoiqu'invisiblement , par un nombre innombrable d'anges et d'esprits glorieux , soient néanmoins si vils , si grossiers et si inconsidérés , qu'ils ne sachent pas traiter les choses qui regardent votre service et le culte de votre divine Majesté , avec toute la bienséance et la vénération convenable , ou pour le moins avec toute celle qu'il est possible à des hommes mortels d'apporter en votre présence dans un si auguste ministère ?

Le nombre et la diversité des fautes que l'on fait d'ordinaire contre le culte de Dieu et contre la vénération qui est due aux lieux saints et aux divins mystères, est assurément très-considérable; mais nous laisserons maintenant à part celles qui sont communes aux séculiers et aux ecclésiastiques , pour ne parler que des choses dont les prêtres sont responsables sur ce point devant Dieu, et qui regardent leur ministère , puisqu'il s'agit ici particulièrement de leur instruction.

On ne peut pas , sans répandre des larmes , dire ce que l'on voit très-souvent en entrant dans plusieurs églises des chrétiens ; on n'y reconnaît aucune forme ni aucune apparence d'église et de maison de Dieu. 11 y en a même qui sont si sales , si en désordre et si déchirées, qu'elles ont bien plus l'apparence de quelque grange, de quelque étable ruinée, ou de quelque maison déserte et abandonnée , que d'une église où Dieu fait sa demeure. S'il est honteux et déplorable d'en parler de la sorte, il l'est encore bien plus de voir que cela soit si véritable en tant de lieux, où les ornemens mêmes des autels sont si grossiers , si sales et si déchirés ; les vêtemens des prêtres si pauvres, si mal faits et dans un si pitoyable état ; et ce qui est encore bien plus digne de nos larmes , les saints autels mêmes où l'on célèbre les divins et redoutables mystères , si pleins de poussière et d'ordures, tout nus et dépouillés des ornemens dont ils doivent être couverts ; le linge qui sert au sacrement , si sale , qu'il n'y a point d'ecclésiastique , si pauvre , qui n'eût honte d'en avoir de semblable à sa table ; le calice même si dégoûtant , et enfin toutes les choses qui servent au culte , aux cérémonies et au ministère sacré des autels , si en désordre , si viles et si éloignées de la propreté et de la bienséance qui leur conviennent, que, bien loin de nous inspirer du respect et de la vénération , elles ne sont propres qu'à l'ôter à ceux qui en ont, età atlirer sur noiis et &ur noire rolision les raii-

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