‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 248 sur 331 · II · texte numérisé non relu

II

434 ADUrmiSTRATION DE LA PÉNITENCE.

La volontaire est celle qu'on peut facilement éviter; la nécessaire ^^i celle qu'on ne peut éviter sans un grave dommage ou sans scandale. Elle se divise ensuite en prochaine et éloignée ; Y éloignée est celle où l'on pèche rarement , ou bien qui se rencontre partout ; la prochaine, per se, est celle dans laquelle communément les hommes tombent le plus souvent ; la prochaine per accidens , ou relative , est celle qui, sans être prochaine pour les autres, attendu que par ellemême elle n'entraîne pas communément les hommes au péché , est néanmoins prochaine relativement à certaine personne, ou parce qu'elle y a fréquemment tombé , ou parce que , par l'expérience de sa fragilité connue , elle doit craindre prudemment d'y tomber. Quelques docteurs veulent qu'on ne regarde comme occasion prochaine que celle où l'on tombe presque toujours , ou du moins le plus souvent. Mais, suivant l'opinion la plus commune et la plus vraie, l'occasion prochaine est celle où l'on est tombé fréquemment (1). Il fout cependant remarquer deux choses : 1° quelquefois l'occasion, qui, pour d'autres personnes, communément est prochaine, peut n'être qu'éloignée pour une personne très -prudente et très-pieuse (2) ; "2" certaines occasions , qui pour d'autres communément sont per se éloignées , sont peut-être prochaines pour celui que de nombreuses rechutes et le penchant à quelque vice, surtout le vice honteux, ont rendu très-faible et très-facile à tomber. Ainsi , il est obligé de fuir non seulement les occasions prochaines , mais encore ces sortes d'occasions éloignées qui pour lui sont prochaines.

Du reste, celui-là est certainement dans l'occasion prochaine, d" qui relient dans sa propre maison une femme avec laquelle il a coutume de pécher souvent; 2" celui qui, en jouant, est fréquemment tombé dans le blasphème ou la fraude ; 3° celui qui , dans certaine auberge ou dans certaine maison , a coutume de tomber dans l'ivresse, ou dans des rixes, ou dans des actions, ou des pensées ou des paroles obscènes. Or, ces pénitens ne peuvent être absous qu'après avoir ôté l'occasion, ou du moins s'ils ne promettent de l'ôter suivant la distinction établie au numéro suivant. De même on ne peut donner l'absolution à celui qui , allant dans une maison , ne fût-ce qu'une fois par an , y a toujours péché ; car pour lui , aller là c'est une occasion prochaine. De même encore on ne peut absoudre ceux

(d) Lib. 6. n. 452, (2) Uid,

Page 1