II. U
48iX ADMINISTRATION DE LA PÉNITENCE.
on les paierait mémo , selon son pouvoir, par autant de bienfaits. Si resjjrit immonde sollicite à l'impureté, on protestera que, quand tous les plaisirs de la terre seraient à notre choix , on les rejeterait avec dédain pour plaire à un Dieu qui mérite seul d'être aimé. C'est là ôter les armes au tentateur, et les mettre au même temps en œuvre contre lui : c'est d'un triomphe dont il se flattait, lui faire un sujet de confusion , en voyant que tous ses mauvais desseins n'aboutissent qu'à nous faire croître en vertu.
Le dernier moyen et le plus important pour vaincre les tentations, c'est la prière, qui nous est souvent recommandée dans l'Evangile. Car tantôt le démon nous attaque ouvertement et avec violence , tantôt il se cache à nous , et se dérobe à tous les pièges préparés pour nous surprendre. Contre sa violence il faut de la force, et pour parer à ses ruses, on a besoin de lumières. Mais ne cherchons point en nous ni l'un ni l'autre : nous ne sommes que faiblesse et ténèbres ; c'est de Dieu seul que nous pouvons espérer la force et la lumière qui nous manquent. Or la prière est la voie sûre pour trouver en lui ces secours : Béni soit à jamais le Dieu de bonté qui n'a point rejeté mes vœux , ni éloigné de moi sa miséricorde (1). Convaincu de celte vérité attestée en tant d'endroits des saintes lettres , l'homme chrétien n'a plus de quoi s'alarmer. Appréhenderait-il que Dieu ne l'exauçât pas? il a si souvent et si clairement promis de l'exaucer! Appréhenderait-il que Dieu ne voulût pas le secourir en quelque tentation particulière? C'est pour sa gloire qu'il combat. Appréhenderait-il enfin que Dieu ne pût le défendre ? Notre Dieu est le Dieu des armées , le souverain Être, le Tout-Puissant. Quiconque implore l'assistance du Seigneur par une humble et fervente prière , demeurera toujours invincible dans la tentation ; et son cœur, au milieu des plus violens assauts , sera ferme comme un rocher au milieu des vagues en couroux qui le battent sans l'ébranler.
Au reste , le directeur pourra juger du progrès et de l'état de ses pénitens , par la nature de leurs tentations. 1° Le Seigneur ne permet d'ordinaire au démon de tenter violemment que les âmes appelées à une haute perfection. En effet , comme celui qui se voit dans ces épreuves dangereuses a plus que personne d'humilité, de courage et de prières , ses périls font aisément naître eu son cœur la résolution d'aspirer à la sainteté. 2° Ceux qui né sentent que des tentations
(1) Pi. 65. 16.