LIVRE V, Cn.A PITRE XV
des commissions on des présens à des femmes de la part des hommes; et aux jeunes lilles, si elles ont reçu des cadeaux de personnes suspectes et spécialement d'hommes mariés , d'ecclésiastiques ou de religieux. 7° Demandez-leur s'ils ont dérobé ou fait quelque dommage, soit par leurs bestiaux, soit autrement ; 8° s'ils ont dit du mal de quelqu'un. Enfin , sur les commandemens de l'Eglise , s'ils se sont confessés, et s'ils ont communié à Pâques; s'ils ont mangé delà viande ou des œufs les jours défendus.
Quant à l'absolution à donner à ces enfans, il faut y apporter beaucoup d'attention. Lorsqu'il est certain qu'ils ont suffisamment l'usage de raison , comme s'ils se confessent avec discernement ou s'ils répondent juste aux interrogations et qu'on voie qu'ils comprennent bien qu'en péchant ils ont offensé Dieu et ont mérité l'enfer , dans ce cas , s'ils sont disposés, donnez-leur l'absolution. Au contraire, s'ils étaient retombés dans des péchés mortels, il faut les traiter comme des adultes. Ainsi, s'ils ne donnent pas de signes extraordinaires de contrition, il faut leur différer l'absolution. Si vous doutez qu'ils aient le parfait usage de la raison, par exemple, si, tout en se confessant ils n'étaient pas composés, mais tournaient les yeux de côté et d'autre, s'amusaient avec leurs mains, vous disaient des choses qui n'eussent aucun rapport à la confession , alors s'ils sont en danger de mort ou s'ils doivent remplir le précepte pascal, vous devez les absoudre sous condition, surtout lorsqu'ils ont accusé quelque péché mortel douteux (1). En effet, il est bien permis d'administrer le sacrement sous condition lorsqu'il y a une raison suffisante, comme de tirer cet enfant de l'état de damnation, s'il y est réellement tombé (2). Vous devez en agir ainsi lors même qu'il est récidif ; car on ne doit différer l'absolution à ceux qui ont un parfait discernement que dans l'espérance qu'après ce délai ils reviendront mieux disposés. Or , cette espérance , il est bien difficile de l'avoir avec ceux qui n'ont pas le plein usage de la raison. Il est probable, disent un assez grand nombre de docteurs (3), que ces enfans douteusemeiit disposés peuvent être absous, du moins tous les deux ou trois mois, sous condition, lors même qu'ils rie seraient coupables que de péchés véniels, afin qu'ils ne fussent pas privés de la grâce
(1) Lib. 6. n. 432. vers. 4.
(3) Lib. 6. n. i^2.infin.
sacramentelle et peut êire de la (vràce sanctifiante s'ils avaient sur la conscience quelque péché morlel ignoré. Il faut ensuite faire produire à ces enfans Tacte de contrition de la manière la plus appropriée à leur âge, par exemple : Vous aimez Dieu qui est un maître si grand, si bon ^ qui vous a créé, qui est mort pour vous, etc.; et ce Dieu vous l'avez offensé! Il veut vous pardonner, espérez qu'au notn du sang de Jésus-Christ il vous pardonnera; mais il faut que vous vous repentiez. Qu'en diles-vous r vous repentez-vous maintenant de l'avoir offensé!^ etc. Savez-vous bien que, pour ces outrages que vous avez faits à Dieu.^ vous avez mérité l'enfer! Ave-2-vous du regret de l'avoir traité de la sorte! Jamais plus .^ etc. Imposez -leur une péninitence aussi légère que possible , leur recommandant de l'accomplir dans le plus bref délai , autrement ils l'oublieront ou ne la feront pas. Surtout, ayez soin de leur inspirer de la dévotion envers la trèssainte Vierge en récitant le Rosaire et trois Ave malin et soir avec cette prière : Ma bonne mère, préservez-moi du péché mortel (1).
C'est donc une sainte coutume de faire venir devant le confesseur les petits garçons et les petites filles l'un après l'autre , quoique leur âge n'excède pas cinq ou six ans , afin qu'ils commencent de bonne heure , qu'ils s'instruisent dans la connaissance , et s'introduisent ensuite dans l'usage de ce sacrement. Les confesseurs doivent néanmoins prendre garde à ne donner pas l'absolution sacramentelle à ceux dans lesquels ils n'en remarqueront point de matière , ni un si grand usage de raison qu'on les puisse juger capables de ce sacrement. Ils prendront aussi un soin particulier d'instruire les enfans qui .auront atteint l'âge de sept ou huit ans , selon leur capacité , de la nécessité et de la vertu de ce sacrement , et de la manière en laquelle il s'y faut présenter. Celui qui entend les confessions des enfans de l'âge de dix à douze ans , lesquels il connaît capables de pouvoir être bientôt disposés à recevoir la très-sainte communion , doit faire en sorte que, par sa négligence , ou celle des pères et des mères , ils ne demeurent pas plus long-temps privés de ce trésor spirituel. Mais il les doit au plus tôt instruire des choses nécessaires pour approcher du très-saint sacrement, des fruits innombrables qui s'en tirent, et, avec combien d'humihté, de révérence et de pureté de conscience il se doit recevoir ; et, après les avoir confessés premièrement trois ou quatre fois , il doit leur administrer la sainte
(4) B. Liguori,