‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 302 sur 331 · LIVRE V, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE XV

confesseur relâché procède aussi promptement qu'avec un adulte coupable des mêmes fautes, sans tenir compte de l'ignorance et de la faiblesse de cet âge. Le rigoriste a pour maxime de les tous renvoyer avec sa bénédiction , parce qu'il les croit incapables de ce repentir sublime et très-efficace qui lui semble nécessaire. Pour vous, aidez-les d'une manière toute spéciale, mais croyez-les capables d'un repentir sincère, quoiqu'il ne soit pas extraordinaire. En effet , voici ce que dit le concile de Trente (/J) : Si quis negaverit omnes et smgulos fidèles utriusque sextis , cum ad annos discretionis pervenerint ^ teneri singulis annis, snltein in Paschate ad commiinicandum juxta prœceptum sanctce matris Ecclesiœ^ anathema sit. Et ailleurs (2), il ne déclare exempts de ces obligations que parvulos nsu rationis carentes. Combien moins vous trompez-vous , en appliquant proporlionnelloment ce précepte à la confession? Vous pouvez donc les absoudre avec grand profit pour leur âme; d'autant plus que l'usage commun, et toujours respectable des fidèles, est de les habituer à se confesser depuis l'âge de sept ans. Ils seraient bien négligens les pères et mères qui ne les y conduiraient pas, même à Pâques, vu surtout que la contrition véritable et suffisante est louvrage de la grâce qui abonde là où il y a peu de malice , où se trouve même l'innocence baptismale. Aussi la bonne confession est-elle plus facile à l'âme médiocrement éclairée, mais dont la volonté est encore bonne et flexible , qu'à lame éclairée , mais dont la volonté est perverse et obstinée. C'est pourquoi les adultes sont moins contens de leurs confessions actuelles que de celles qu'ils faisaient dans l'âge de l'innocence, et doù ils revenaient pleins de componction et de consolation. D'un autre côté, pour suppléer à ce qui leur manque, implorez l'assistance de leur ange gardien, aidez-les à s'examiner et plus encore à se repentir, en leur proposant les motifs de contrition adaptés à leur âge -, après cela , s'ils paraissent sérieux et vous donnent des indices d'intelligence et de dévotion actuelle, ne les privez pas du grand bienfait de l'absolution ; au contraire , s'ils sont actuellement distraits et irréfléchis, contentez-vcus de leur donner la bénédiction. En tout cas, suggérez-leur de bonnes pensées, en sorte qu'ils vous quittent avec quelque sentiment de dévotion et commencent à ainsi concevoir du respect et de l'amour pour la confession. Soyez sûr

(i) Sess. 43. c. 9.

(2) Uid. 21. c. 4.

que leurs anges vous tiendront compte de voire charité pour cet âge, où il importe si fort que Tàme commence à concevoir de l'horreur pour le mal , de l'estime et du goût pour la piété (1).

Vous emploierez doue avec les enfans la plus grande charité et la plus grande douceur possible. Vous leur demanderez d'abord s'ils savent les principales vérités de la foi; s'ils ne les savent pas, instruisez-les avec patience et à l'heure même si le temps vous le permet, ou renvoyez-les à quelqu'un pour se faire instruire au moins des choses nécessaires au salut. Quant à la confession , il faut leur faire dire en commençant les péchés dont ils se souviennent ; vous pourrez ensuite leur adresser les questions suivantes : 1° s'ils ont caché quelque péché par honte ; 2° s'ils ont blasphémé les saints ou les jours saints, ou s'ils ont juré contre la vérité; 3° s'ils ont manqué la messe, s'ils y ont causé ou s'ils ont travaillé les jours de fête et de dimanche ; 4° s'ils ont désobéi à leurs parens; s'ils leur ont manqué de respect en levant la main contre eux; s'ils leur ont dit des injures en leur présence ou lancé contre eux des imprécations qu'ils ont entendues , ou s'ils s'en sont moqués : souvenez-vous ici de ce que nous avons dit au n° 172 sur la manière de leur faire demander pardon à leurs pères et mères; 6° s'ils ont commis quelque indécence. Mais ici vous devez apporter la plus grande réserve dans les interrogations. Commencez par des questions détournées et même un peu vagues; d'abord, s'ils ont dit de mauvaises paroles, s'ils ont joué avec d'autres petits garçons ou avec de petites fdles ; si c'était en cachette ; demandez ensuite s'ils ont fait de vilaines choses ou de mauvaises paroles, car c'est ainsi que les enfans appellent les actions indécentes. Il est souvent utile, lors même qu'ils ont nié, de leur faire quelques questions de ce genre : Eh bien! combien de fois avez-vous fait ces choses-là P dix fois^ quinze fois F Demandez- leur avec qui ils couchent , et si, étant au lit, ils se sont amusés avec les mains; aux petites iilles, si elles ont eu de l'amitié pour quelqu'un, et s'il y a eu des pensées, des paroles ou des actions mauvaises; et sur leurs réponses , vous irez plus loin : Sed ahstineant ab exquirendo a puellis vel a piieris, an adfuerit seminis effusio. Souvenezvous-en bien, il vaut mieux manquer à l'intégrité matérielle de la confession que leur apprendre ce qu'ils ignorent ou de leur donner l'envie de le savoir. G« Demandez encore aux enfans s'ils ont porté

(1) Prêtre sanctifié.

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