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port de la science, de la capacité et de rintenlion. Les prêtres séculiers ont les mêmes obligations , que dis-je? de plus {grandes obli/jations que les religieux , et néanmoins ils restent au milieu des dangers du monde. Ainsi , pour être un bon prèlre séculier, ce qui est rare , pour ne pas dire très-rare , il faut avoir mené une vie très-régulière, éloignée des sens, de l'oisiveté, des mauvaises compagnies, et adonnée à la prière et à la fréquentation des sacremens ; mais guis est hic , et laudahimus eum ; sans cela il se mettra en état presque certain de damnation , surtout s'il le fait dans l'intention de seconder les vues de ses parens, l'avancement et le soutien de la famille. Nous avons vu plus haut que les parens qui forcent leurs enfans à se faire prêtres ou relijjieux se rendent coupables d'un très-grand péché. Quant aux jeunes personnes qui veulent consacrer leur virginité à Notre Seigneur, ne leur permettez pas de faire vœu de chasteté perpétuelle , à moins qu'elles ne soient bien enracinées dans la vertu , formées à la pratique de la vie spirituelle , et sut tout trèsfidèles à la prière. Pour commencer, vous pouvez leur permettre de le faire pour quelque temps, comme d'une solennité à l'autre.
Venons enfin aux jeunes gens qui veulent ou qui doivent se marier. Je dis qui doivent^ car j'ai prouvé qu'il y a obligation de le faire (1) pour ceux qui , étant livrés à l'incontinence , ne veulent pas se servir des autres moyens de se conserver chastes. De même que les parens pécheraient si sans de justes raisons ils les empêchaient de contracter un mariage convenable (2), ainsi les enfans se rendraient coupables s'ils voulaient se marier au déshonneur de leur famille : le confesseur doit les en empêcher ; de même encore si le mariage n'avait rien de déshonorant, mais qu'ils voulussent le contracter malgré le chagrin et le scandale de leurs parens, sans avoir aucune raison légitime qui pût excuser leur conduite. Yoyez l'explication de tout cela (3).
IV. Avec ceux qui ne sont coupables que de fautes vénielles , et ceu.v qtii le sont de fautes graves. Le confesseur sévère traite les adultes vertueux et exempts de péché mortel, mais coupables de beaucoup de fautes légères, comme nous avons vu qu'il traite les enfans. Il ne les absout point, parce qu'il dit qu'ils ne se repentent d'aucune de ces fautes et ne se corrigent pas ; mais s'ils tombent dans un péché mor-
0) Lih. 6. n. 75.
(2) Lih. 6. II. 850. F. Conveniimt.
(3) Théol. moral; n. 849.— B. Liguori.
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tel , il s'empresse de les absoudre, comme si la malice qui fait commettre une faute grave facilitait le repentir d'un manquement plus considérable. Au contraire , le relâché absout tous ces pénitens sans aucune difficulté , en disant qu'cà la vérité ce sont toujours les mêmes fautes , mais qu'elles ne sont pas mortelles. Pour vous, donnez-leur l'absolution , mais avec discrétion ; avec discrétion , car il n'est que trop à craindre qu'ils ne fréquentent le sacrement par habitude , et ne le rendent nui ou sacrilège , lorsque , coupables d'une négligence grave, ou s'apercevant qu'ils manquent d'une vraie contrition, ils s'en approchent sans les dispositions nécessaires. Cependant donnezleur l'absolution; car vous avez un moyen facile et prompt d'assurer, autant que possible, la validité et le fruit du sacrement, et vous devez tenir pour maxime invariable de ne jamais priver une âme du grand bienfait de l'absolution que par nécessité ou pour sa grande utilité. Or ici il n'y a point de nécessité , puisque le remède est à votre disposition. Il consiste à recommander à ces pénitens d'avoir soin, toutes les fois quils viennent au sacré tribunal , de prier et de s'humilier afin de bien se repentir de tout , mais de faire tomber surtout leur contrition et leur ferme propos sur quelque péché particulier, ou présent , ou passé , ou grave , ou plus notable , parmi les péchés véniels volontaires , parce qu'il leur est plus facile d'en concevoir le repentir nécessaire et efficace pour assurer du moins sur ce péché la valeur du sacrement. Ils doivent accuser ce péché à la fin de la confession en le spécifiant : par exemple , un grand murmure ; ou en général : par exemple , les péchés notables contre la charité et la pureté, etc.; car il n'est pas nécessaire de l'expliquer davantage, si tout cela a déjà été confessé. C'est le parti à prendre, premièrement , avec les personnes dont les péchés véniels actuels sont peu considérables , non seulement à raison de la matière mais encore de la malice ; péchés plutôt faits que conçus , péchés d'un instant, dont par conséquent la malice dure peu , interrompue qu'elle est par la cessation subite du mal ; telle est , par exemple , une petite curiosité ou vanité, une courte impatience. Secondement, avec les personnes dont les péchés véniels sont petits à raison de la matière mais grands ou notables à raison de la malice : par exemple , un mensonp;e officieux, mais étudié et préparé, une impatience légère, mais un peu longue. En effet, la volonté montre bien plus de malice dans la résistance réitérée aux remords dont l'aiguillon se sera fait; sentir plusieurs fois dans ce long intervalle. Toutefois il est vrai qu'il
faut être plus vigilant à l'égard de ces Ames qui retombent toujours dans ces notables péchés véniels, et cela très-fréquemment, et il faut les avenir que , ne manifestant aucun repentir ellicace de ces fautes , et ne s'en corrigeant aucunement , elles n'en reçoivent pas le pardon en recevant l'absolution. Vous pouvez quelquefois les menacer de la leur refuser afin de les réveiller, si cependant elles sont en état de supporter ce remède ; car si cela les jetait dans le trouble et le découragement , il vous resterait un moyen d'assurer la validité du sacrement ; c'est de leur faire accuser quelque faute présente ou passée , dont elles ont un véritable repentir, pourvu qu'il n'y ait aucune présomption que cette faute est une mauvaise habitude encore vivante et non amendée.
Plût à Dieu que ces directeurs qui tiennent ainsi les extrêmes se rendissent au moins utiles là où le besoin est plus grand , je veux dire à l'égard des péniiens coupables de fautes graves. Mais c'est ici que l'un est trop facile et l'autre trop difficile pour absoudre , et qu'aucun ne pi ocure véritablement le bien des âmes et la gloire de Dieu. Quant à vuus, ayez pour principe de conduite d'exiger du pénitent des signes de disposition suffisans p<iur fonder un jugement solide et prudent sur sa contrition actuelle et sur son propos efficace et sincère, bien que commun et ordinaire ; mais lorsque vous avez de quoi former un pareil jugement , vous pouvez l'absoudre , vous le devez même, excepté le cas de sa plus grande utilité ; parce qu'ayant de son côté satisfait à tout , et pour l'accusation et pour la douleur , il a droit aux fruits du sacrement. Si vous n'avez pas de signes suffisans pour former ce jugement prudent, vous ne pouvez l'absoudre tant que les choses en resteront au même point.
Y. Trois choses à observer quand on doit ou non différer l'absolution^ Mais c'est ici que , réunissant tous vos caractères et vous rappelant tous vos devoirs de père , de médecin et de juge , vous devez considérer si le délai de l'absolution tournera in œdificationem ou in destructionem^ in salutem ou in ruinant du pénitent. Si VOUS trouvez que ce sera in salutem , parce que sa position lui permet de revenir commodément vous retrouver dans peu de temps, vous lui différerez l'absolution. C'est le meilleur moyen pour assurer la validité du sacrement et procurer le plus grand bien du coupable , qui a besoin d'un vin fort pour chasser le venin du vice. Joignez-y cependant l'utile douceur de l'huile , en observant ce que je vais vous dire : 1° Adoucissez le délai ea lui montrant qu'il vous coûte, mais que votre
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devoir et son bien rexi<jenL; que , quand môme vous lui donneriez actuellement rabsolution, il ne serait ni content ni consolé comme il le sera en revenant ; 2° apprenez-lui à se mieux préparer, en lui prescrivant des prières et des bonnes œuvres analogues à ses besoins et à son état ; indiquez-lui les précautions pour ne pas retomber dans l'intervalle ; et s'il avait besoin d'une confession générale, donnez-lui une méthode courte et facile ; 3° recommandez-lui bien de revenir le jour dont vous conviendrez avec lui , s'il se peut dans huit ou dix jours; ajoutez que, s'il retombait, il ne laisse pas, il^ne diflere pas pour cela de revenir au jour fixé ; au contraire , que c'est alors qu'il a plus besoin de médecin ; qu'ainsi il ne manque pas, que vous lui prodiguerez de nouveaux, et même de plus grands soins. C'est ainsi qu'il se retirera sans être ni abattu , ni attristé , ni découragé, mais instruit et encouragé à tout faire pour recevoir le bienfait, qu'il espère être prochain, de l'absolution et de sa réconciliation avec Dieu.
Mais si vous prévoyez que le délai de l'absolution doit avoir un grand inconvénient, eu égard à sa position, et s'il est bien à craindre qu'il ne soit in ruinant et destructionem , c'est alors que le rigorisme ou le relâchement serait très-commode pour vous , mais funeste au pénitent. Je dis commode pour vous; en effet, le confesseur relâché se débarrasse promptement de la peine d'aider le pénitent à se repentir, en croyant sur-le-champ à ses protestations de regret et en l'absolvant. Il vous serait encore plus commode d'être défiant et sévère; car le premier, voulant donner l'absolution, dit peu de chose, mais il donne une pénitence qui peut être salutaire ; il suggère quelque bonne pensée qui, à la vérité, ne suffit pas pour convertir le pénitent, mais peut l'aider à retomber moins souvent; l'autre , au contraire , décidé à ne pas administrer le sacrement , ne prend pas la peine de lui donner des avis et des remèdes, mais dit tout court : Je ne peux pas vous absoudre ; allez ^ préparez-vous mieux ^ et revenez dans quinze Jours ou un mois. Or qui dira combien une pareille conduite est funeste au pénitent?
Lors donc que la prudence vous dit que de différer l'absolution sera in ruinam^ gardez-vous de mépriser un pareil danger. Ecoutez l'Eglise qui déclare que toutes les réserves et les censures cessent à l'article de la mort, parce que dans ces circonstances elles seraient in ruinam et non in œdificationem. Il y a même des évêques qui , dans la crainte que la réserve de leurs cas ne puisse quelquefois nuire au bien des âmes, déclarent qu'elle cesse dans certaines cir^
constances critiques, par exemple, à l'é^jard de celui qui doit se marier tel jour, ou qui vit dans une communauté d'où il ne peut sortir pour se confesser sans occasioner de l'étonnement et du scandale, etc. Or, en pareil cas, ni TEglise ni vous-même ne pouvez dispenser de ce qui est prescrit par le droit divin , c'est-à-dire d'une sincère contrition , en sorte que vous puissiez absoudre celui qui ne l'a pas ; mais , pénétré de crainte à la vue des maux qui menacent cette àme, vous ne devez ni l'absoudre sur-le-champ, ni la renvoyer sur-le-champ ; vous devez la retenir auprès de vous afin de la disposer assez bien pour l'absoudre sans relâchement et sans rigorisme , vous contentant des dispositions réelles et efficaces , sans exiger ni sans confondre les disposuions suffisantes et communes avec les abondantes et extraordinaires.
^C'est donc en pareil cas que vous seriez un pasteur bien mercenaire, si vous laissiez la brebis se défendre seule contre les loups ; c'est ici que votre charité de père doit vous faire un devoir de prendre sur vos épaules cette pauvre malade, de la tenir avec vos bras, et de la porter en quelque sorte avec riiabileié de médecin et l'exactitude de juge ; c'est ici qu'il ne suffit pas d'être un très-savant moraliste, il est nécessaire d'être un très-habile ascétique et un père plein de patience pour sauver la brebis, et par là combler de joie le Père céleste et tout le paradis, et vous enrichir de mérites.
YI. Avec ceux qui ont besoin d'une prompte absolution. Mais pour réduire ces règles en pratique , supposez qu'il vous arrive des personnes chargées de fautes, pressées, et dans le besoin d'être absoutes sur-le-champ ou dans un bref délai ; par exemple , c'est une personne qui doit se marier tel jour, et qui ne peut remettre parce que tous ses parens sont invités , etc. ; ou bien c'est un prêtre qui , ce matin même, doit dire la messe à une population qui n'en a pas d'autre , et c'est un jour de fête ; ou bien encore , c'est un étranger qui repart le lendemain et ne peut séjourner sans perdre et sa compagnie et l'occasion d'arriver à temps où ses intérêts l'appellent , etc. Or, si vous les absolvez sur-le-champ . à quel danger n'exposez-vous pas la validité du sacrement que vous donnez à des personnes qui ne sont peut-être venues si tard que par Iraude ? Si vous les renvoyez, hélas! combien n'est-il pas à craindre qu'ils aillent en état de péché à l'autel, au mariage, eu voyage? Si cela arrive, voyez quelle série de crimes et de dangers : i" pour deux d'entre elles , voilà un sacrilège j %° pour toutes les trois , qui sait quand^ elles retour-