‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 315 sur 331 · LIVRE V, CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE XVI

mens, restitutions incertaines, voyez notre {grande Théolo^^ie (1). Quand peut-elle dispenser des empèchemens de mariage ? Voyez le même ouvrage (2).

CHAÎ?1TRE XVL

Delà manière de disposer au sacrement de Pénitence des personnes peu instruites et peu chrcticniics, qui se proposent de contracter mariage sons peu de jours.

(1) Embarras dans certains cas relatifs au tnariage. Ce caS n'estpoint rare. Des personnes telles que nous les supposons ici, sont tellement préoccupées de leur mariage, qu'elles ne trouvent pas le moment de s'approcher du sacrement de Pénitence. Ce n'est souvent que le samedi qui précède la dernière publication , trois jours avant la célébration , qu'elles se présentent au tribunal ; encore faut-il , pour cela , qu'il soit d'usage dans la paroisse de communier le dimanche.

Il semble que ce cas doit présenter moins de difficultés que le précédent , parce que le délai de trois jours , quelque court qu'il soit , laisse néanmoins beaucoup plus de temps pour disposer le pénitent , que lorsqu'il va expirer dans une demi-heure. D'ailleurs , un homme qui est en santé et qui n'a rien qui le trouble , est bien plus en état de profiter des soins du confesseur , que celui qui est accablé tout à coup par le mal , et effrayé par la mort qui le surprend au moment où il y pense le moins. Mais ces avantages sont balancés par les obstacles que celui qui va se marier trouve dans sa position. Le mourant, quoiqu'ignorant et peu chrétien, est réveillé de soa assoupissement par la mort qui s'avance à grands pas, par l'idée du jugement terrible qu'il va subir , par la crainte de Tenfer , par le néant de ce monde qui lui échappe : tout , dans la situation oii il est, contribue à lui faire sentir qu'il n'a plus autre chose à faire que de penser à son salut. Tout, au contraire, contribue à en distraire celui qui va se marier. L'importance de l'affaire qu'il est sur le point de

(4) Lih. 7. n. 470.

(2) Lib. 6. n. 4144.--B. Liguori.

(3) Cossart et Auge.

552 ADMlNiSTUATlON DE LA PÉNITENCE.

conclure , \à dissipation et les embarras qu'elle entraîne , les intérêts temporels qui s'y trouvent nriélés , rattache , peut-être même la passion pour l'objet auquel il va s'unir , tout absorbe les pensées de son esprit et les mouvemens de son cœur. Les personnes chrétiennes elles-mêmes ont de la peine, dans cette circonstance, à penser sérieusement au soin de leur âme , à attacher à la réception du sacrement l'importance qu'elles y mettent ordinairement ; elles croieraient presque être dispensées d'y apporter la même attention , les mêmes dispositions, que sera-ce donc d'un homme qui, jusqu'à ce moment, n'a ni connu ni pratiqué la Religion ? La confession qu'il est obligé de faire avant de se marier , n'est à ses yeux que comme une formalité qu'il faut remplir; et il pense d'autant moins à s'y disposer, qu'il ne craint point le refus d'absolution , parce qu'il est bien persuadé qu'en pareille circonstance un confesseur ne peut pas la refnsor.

Les confesseurs exacts sentent tout le poids de leur ministère dans ces occasions , et il en est qui sont tellement effrayés des difficultés qu'ils peuvent y rencontrer, que, lorsqu'une personne qui ne s'adresse point ordinairement à eux, et qui n'est point de leur troupeau, se présente dans la vue de se marier, ils la renvoient indistinctement à ceux qui sont chargés d'elle. Mais, s'ils suivent en cela le désir uatuiel de leur tranquillité , suivent-ils les mouvemens de la charité et du vrai zèle? Et lorsqu'ils ont lieu de craindre que ces infortunés ne tombent dans des mains peu capables de les conduire, suivent-ils, en les renvoyant , les règles de la prudence chrétienne ? Quoi qu'il en soit, ceu\ qui ont la charge pastorale , sentent qu'ils ne peuvent pas refuser leur ministère à leurs paroissiens dans ces circonstances, ni les renvoyer à d'autres , sans des raisons très-graves. Ils sentent encore qu'il est de leur devoir de faire tout ce qu'ils peuvent pour épargner des crimes à ces malheureux , et les faire entrer dans des dispositions chrétiennes.

Conduite à tenir. Avez-vous réfléchi d'avance sur la manière dont vous pourriez vous y prendre pour instruire et convertir ces personnes, dans le court espace de temps qui reste jusqu'à leur mariage ?

N'avez-vous pas cru qu'il fallait, dans ce cas, leur dire de se marier , sans leur donner l'absolution , en les avertissant de revenir peu après leur mariage?

Un confesseur ne peut jamais donner un pareil avis , parce qu'il ne peut pas conseiller à son pénitent de commettre un sacrilège. S'il

Page 1