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LIVRE ni, CHAPITRE IV

rons-nous un cœur plus compatissant que celui du père des miséricordes? Où trouverons-nous un bras plus puissant que celui du créateur du ciel et de le terre. Disparaissez, ressources humaines. C'est à vous seul, ô mon Dieu, que nous voulons recourir. Nous vous adresserons nos humbles prières , elles nous obtiendront tout ce qui nous manque (1).

Telle doit être notre conduite : nous sommes incertains et timides dans la plupart de nos entreprises -, livrés aux doutes, nous ne savons comment nous conduire ; combattus par la crainte , nous nous décourageons , nons manquons de prudence et de lumières , nous tombons dans l'illusion , nous prenons le change ; nous consultons les hommes, ou nous comptons sur nous-mêmes. De là tant d'écarts et de mauvais succès dans nos affaires. Voulons-nous réussir, prions le Seigneur qu'il conduise nos desseins ; alors il bénira nos démarches , ainsi qu'il nous le déclare lui-même (2). Qui peut nous inspirer des mesures plus sages et des expédiens plus heureux que notre Dieu, à qui rien n'est caché , à qui tout est facile. Ah ! si les moindres difficultés nous déconcertent , si les obstacles se multiplient dans ce que nous entreprenons , c'est que nous ne consultons pas le Seigneur dans la prière (3). Nous avons recours au crédit, à l'intrigue et à notre industrie. Nous laissonsDieu, il nous alTandonne. Invoquons-le, lise déclarera pour nous (4).

Nous sommes souvent accablés de tristesse, adressons-nous à Dieu, la prière calmera nos ennuis , dissipera nos craintes (5). Ah! dans nos peines nous cherchons parmi les hommes des consolations ; en trouvons-nous qui nous consolent solidement ? Ils sont quelquefois aussi afllligés que nous-mêmes , le plus souvent ils ne font qu'irriter notre douleur parleurs réflexions indiscrètes, ils en adoucissent, ils en suspendent tout au plus le sentiment tandis qu'ils nous parlent ; mais bientôt elle renaît dans notre cœur, elle y reste , elle y augmente. Il n'en est pas ainsi lorsque dans la prière nous recourons à Dieu. Il entre lui-même dans ce cœur affligé. Eh ! quelle peine peut-on res-

(1) Hoc solum habemus'residui ut oculos nostros dirigamus ad te. (^. d2.)

(2) Elevabis ad Deum facieni tuam, vogabis Deum et exaudiet te décernes

rem et veniet tibi , et in viis luis spleiidebit lumen. {Job. cap. 22.. v. 26. 27.)

(3) Dominum non invocaveruni , illic trepidaverunt timoré , ubi non erat timor. {Ps. 13. V. 5.)

(4) Invoca me in die tribulationis : eruam te , et honorificabis me. {Ps, 49. v. 15.)

(5) IristatuvaliquisvesUumioret. {Jacoh, cap, 5, v. 13.)

176 OBLIGATIONS D'ÉTAT DÎJ SACEftDOCË.

sentir où Ton trouve son Dieu ? Son seul souvenir suffisait autrefois pour combler de joie le prophète David au milieu des plus tristes épreuves , tandis qu'il étaii insensible à toute autre consolation (1), Si le seul souvenir de Dieu est si ellîcace , que fera donc sa présence, que sera ce lorsque nous lui parlerons dans la prière? Quelle onction secrète ne devons-nous pas attendre de ce saint commerce (2) ?

Est-on aflli{;é , triste et désolé avant de prier, on se trouve soulagé, animé et consolé lorsqu'on a prié : Tristatur aliqui vestrum; oretP- Voilà la consolation qu'il faut chercher dans nos peines.

Nos besoins spirituels doivent encore plus nous engager à recourir à Dieu par la prière. Nous marchons environnés de précipices, tout ce qui est autour de nous est écueil et nous oflVe une chute; tout est pour nous un sujet de tentation. INous avons sans cesse le démon à combattre; dans ce combat, l'ennemi est dangereux, la défaite est facile, la victoire est importanie, le ciel en est le prix. Dieu seul peut nous défendre et nous soutenir ; prions - le et nous triompherons (3).

Nos bonnes œuvres sont bien rares; nos vertus sont bien faibles; il en est qu'il faut acquérir, d'autres dans lesquelles il faut nous affermir. Prions , la prière nous obtiendra la rélorination de mœurs , la pureté de vie, la régularité de conduite, la sagesse et la piété qui nous sont nécessaires (4). .

Nous sommes pécheurs, le nombre de nos iniquités nous épouvante; ingrats à l'excès, nous avons irrité le Seigneur, nous craignons qu'il n'éclate, nous voulons l'apaiser, nous en avons un moyen prompt et facile; prions, et la prière nous obtiendra le pardon de nos péchés (5).

Le détail serait trop long , il suffît de dire que Dieu a promis de ne rien refuser à nos prières (6). Un Dieu promet de nous exaucer et

(1) Renuit consolari anima raea , memor fui Dei , et deleclatus sum. {Ps. 76, V. 3.)

(2) Non enim habet amaritudineni conversatio illius , nec taedium convie lus illius , sed lœliliam et gaudium. (Sap. cap. 8. v. 16.)

(3) Orale ne inlretis in tenlationeiu. {Luc. cap. 22. v. 40.)

(4) Si quis autem vestrum indiget sapientia, postulet a Dco et dabilur ei. {Job, cap. 1. V. 5.)

(5j Deprecanli tibi peccata solvenlur. {Eccli. caj». 28. v. 2.) (6) Oiunia quœcunique oraules petilis , crédite, quia accipietis et evenient vobis. {Marc, cap. 11. v, V\.)

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