‹ Devoirs envers le pape [microforme]Chapitre 7 sur 7 · HALLE · texte numérisé non relu

HALLE

7) Sa

devoirs que les enfants ont à rendre à leurs parents sont l’honneur, amour, la soumission et l’assistance dans leurs besoins. Eh bien ! voilà aussi l'hommage que nous devons à notre Père spirituel,

In toto corde honora patrem luum. Ecel. vir. 22.

Honorons-le profondément ; sa paternité est si élevée. Il est le représentant de Dieu sur la terre ; comme le Père céleste, il répand partout la vie. Il est le vicaire de Jésus-Christ, le continuateur de son œuvre, qui est la glorification de Dieu et la sanctification des élus. Le Christ lui a communiqué le pouvoir que son Pere lui avait donné. Data mihi oimnis potestas in cœlo et in terra. Quelle doit être notre vénération pour lui !

Je comprends maintenant comment ils ne s’abaissent pas, mais remplissent un devoir sacré, les fidèles assez heureux pour s'approcher du St. Père, lorsqu’ils se prosternent devant lui et lui baisent lies pieds. C'est que la foi leur dit la grandeur et la dignité que Dieu lui a données. Ils accomplissent alors le précepte du Sage, inspiré par PEsprit-Saint : Presbylero humilia animam tuam el mas nato humilia caput tuum. Eccl.1v. 7. Abaisse-toi devant le Prêtre et incline ta tête devant le Grand. Mais le Pape, c’est le Prêtre souverain, summus sacerdos, c’est, s’il m’est permis de parler ainsi, le grand des grands sur la terre.

Honorez-le avec un vif sentiment de sa dignité ; ne prononcez son nom qu'avec respect; ayez de la vénération pour les objets que sa main a touchés et bénits.

Et cet hommage que vous lui devez vous fera sentir une vive indignation pour les outrages qu’il reçoit et qui blessent son honneur,

Si vous voyiez une insulte jetée sur les cheveux blancs de votre père, quelle douloureuse émotion vous éprouveriez ! avec quelle énergie votre piété filiale se manifesterait ! comme vous seriez disposés à venger l’honneur paternel, au du moins comme

vous rechercheriez à dédommager l’auteur de vos jours de l’outrage qu’il aurait reçu, par vos démonstrations de respect !

Vous serez plus vivement encore pénétrés d’un sentiment de cette nature à l’égard du Père commun des chrétiens, si vous songez que l’insulte qw’il reçoit retombe sur Dieu même, qui a dit : Qui vos spernit, me spernit. Luc x. 16. Compensez donc l’injure faite au St. Père, au représentant du Christ, par une vénération qui se manifeste en toute occasion. Votre honneur à vous-même y est intéressé, car il est écrit : La gloire de l’homme vient de l’honneur de son père, Gloria hominis ex honore patris sui. Eccl. nr. 13.

A l'honneur envers le Père des fidèles, il faut joindre l’amour. Aimez le Pape ; l'excellence de sa dignité, la vie spirituelle qu’il entretient en vous, l’affection paternelle qu’il vous porte vous en font un devoir ;

Aimez-le, car Dieu laime ; il est'‘son Christ sur la terre, il participe à l’affection que le Père éternel a pour son fils qu’il représente ;

Aimez-le, car Jésus-Christ aime; en preuve de son amour, le Sauveur lui a confié ce qu’il a de plus cher, les âmes qu’il a rachetées de son sang ;

Aimez Pie IX, car Marie l’aime ; il lui a décerné la gloire la plus éclatante qu’elle ait reçue depuis le jour où fut proclamée sa maternité divine ;

Aimez-le en vous plaisant à penser à lui, en vous intéressant vivement à tout ce qui le concerne, en compatissant de toute la force de votre âme à ses angoisses, aux amertumes dont il est abreuvé. Un père qui souffre sort-il jamais de la pensée et du cœur d’un fils bien né ?

Ah! cette compassion pour notre Saint Père, vous Pavez déjà ressentie ; vous la lui avez exprimée à lui-même, et il a bien vonlu dire qu’il en a reçu le

témoignage avec une grande consolation, haud meliocrem indè hausil consolationem. Il s’entretient

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avec vous de ses douleurs dans la lettre qu’il a daigné vous écrire ; il vous parle des maux que lui font souffrir ses ennemis. Ah ! répondez à cette effusion de son cœur par une condoléance qui témoigne de plus en plus de votre amour. L’Ecriture nous dit : Gemitus matris tuæ non oblisviscaris. Eccl. vrr. 28. N'oublions pas, nous, les gémissements que notre Père nous a fait entendre ; qu’ils répandent dans nos cœnrs une sainte tristesse. L’Apôtre, ne faisant en cela que confirmer la voix de la nature, nous dit en nous énumérant les caractères de amour : Dilectio sine simulatione. L'amour doit être réel et sincère ; il porte à honorer les autres, honore prevenientes, à prendre part aux nécessités des amis de Dieu : necessilatibus sanctorum communicantes, à pleurer avec ceux qui pleurent : flere cum flentibus. Rom. x. Avec quelle force ces paroles doivent s'appliquer à l’amour pour un Père et encore plus à celui qui s’appelle lui-même le Père commun de tous les fidèles : communis omnium palris fidelium !

Ah! je voudrais que ma parole püt retentir audehors de cette enceinte, qu’elle s’adressät non seulement à vous, élèves de ce Séminaire, mais aux fidèles qui vivent dans le monde, je leur dirais : Voici le temps des joies et des divertissements du siècle. La voix du plaisir vous appelle. Quoi! dominerait-elle la plainte qui sort du cœur de votre Saint Père en proie à une profonde détresse ? Les ris folätres seront-ils sur vos lèvres quand les Jarmes amères coulent de ses yeux ? Les nuits qu’il passe dans les veilles, les prières et les angoisses vous verraient-elles vous livrer aux excès d’une allégresse devenant trop souvent une orgie ? Serait-ce tropexiger de cœurs catholiques que de leur demander comme une expression de leur sympathie envers le chef de leur religion, le Père de leurs âmes, lé- Joignement de tous les théàtres où le monde étale en ces Jours ses pompes, ses plaisirs, ses séductions ?

Si l'amour pour le Pape est pour vous un devoir, donnez la preuve de l’amour exprimée par l’Apôtre : Jflere cum flentibus. Enfants du Saint Père, pleurez avec lui !..…..

Le Sage, énumérant les devoirs qu’il faut rendre aux parents, dit: Judicium Patris audile, filii, et sic facile, ut salvi sitis. Eccli. nr. 2. Enfants, écoutez la panle de votre Père, cette obéissance est nécessaire pour que vous vous sauviez. Et il ajoute : Qui limet Deum, honorat parentes, et quasi dominis serviel his qui se genuerunt. Celui qui craint le Seigneur honore ses parents, et il sert comme des maitres ceux qui lui ont donné la vie.

Le voilà bien expressément formulé le devoir de Pobéissance et de la soumission envers Pautorité paternelle ; devoir dont la violation attire les plus terribles malédictions de Dieu, parce que mépriser l’autorité des parents, c’est mépriser son autorité à luimême, de qui vient tout pouvoir : Non est enim po- Lestas nisi à Deo, qui resistit potestati Dei ordinationi resistil. Rom. xur. 2. 3.

Mais combien est plus pressante encore l’obligation d’obéir aux injonctions du Père des fidèles, du Pontife suprème que Dieu a chargé de régir l'Eglise ? Posuit regere EÉcclesiam. Act. xx. C’est à lui surtout qu’il a été dit: Qui vous écoute m’écoute, Qui vos audit, me audit. Luc x.

La soumission au vicaire du Christ vous fera un devoir de croire à la parole qu’il adresse à l’Eglise universelle comme à celle de Dieu même. Sur les questions de foi, elle est infaillible. Ecoutez, au reste, avec le plus grand respect, toutes les décisions qui viennent du Siége Pontifical ; conformez-y vos actes. On n’est pas sans doute obligé de croire que tout décret du Pape soit nécessairement inspiré de Dieu. Mais qui peut dire, cependant, en quel point l'assistance divine lui manquerait? Et qu’ètes-vous pour mettre vos lumières au-dessus de celles que lui

donnent sa dignité, sa science et les avis qu’il reçoit du conseil le plus auguste du monde par sa sagesse et sa vertu, le sacré Collége? Dans la société civile et dans la famille, Pautorité a incomparablement moins de garantie, et cependant, à moins d’injustice évidente, ses principes obligent. ailleurs, on comprend que le Pape ne peut induire la société chrétienne en erreur; car l'esprit de Dieu doit être avec elle jusqu’à la fin des siècles. £cce ego vobiscum sum omnibus dicbus usque ad consuminalionem sæculi. Matth. xxvir. 20.

Et en appliquant cette considération à la grande question du jour, Je dirai: Comment croire que les Papes sont dépositaires d’une autorité venant de Dieu méme, qu'ils sont les guides de la société, assistés par PEsprit-Saint dans la direction qu’ils ont à lui donner, si je les vois me présenter, pendant onze siècles, comme voulu par la Providence, un ordre de choses qui est une injustice, une violation des droits de la société civile, de la liberté des peuples ?

Or, depuis le huitième jusqu’au dix-neuvième sièele, les Papes, sans interruption, meme ceux que l'Eglise me fait vénérer comme Saints, ont soutenu la légitimité et la nécessité de leur pouvoir temporel, et employé contre ceux qui l’ont aftaqué la puissance spirituelle dont ils disposent en lançant sur eux l’excommunication ; etil n’y aurait là qu’un coupable égarement ! Où serait donc Passistance divine promise à l'Eglise ? Et pourtant elle est là dans l’Evangile, la parole du Christ, promettant que lPenfer n’ébranleruit point la pierre sur laquelle elle est bâtie. Certes, si l’autorité temporelle, si constamment réclaméc par elle, n’est qu'une erreur et une usurpation, les portes infernales peuvent, ce semble, se vanter d’avoir prévalu longtemps et en un point bien grave sur celui qui a en garde les portes du ciel. Ma foi en la promesse divine me fait repousser cette conséquence comme un blasphême. Je me soumets

donc aux Papes quand ils me présentent l’autorité temporelle comme nécessaire à l’indépendance de l'Eglise dans l’ordre actuel, non pas sans doute avec la foi due à une vérité révélée, mais avec l’assentiment d’un esprit chrétien, qui se jugerait coupable d’une grande témérité s’il avait une opinion contraire.

Nous nous inclinerons donc de toute la soumission de notre esprit, à ces paroles que nous adresse le Souverain Pontife, dans sa lettre : Communis ornnium fidelium Patris plena et absoluta libertas cum bono et ulilitate universalis Ecclesiæ arctissime omnino conjungilur alque ad omnes catholicos patrimonium spectat quo Divina Providentia ad liberum Apostolici muneris exercitium Romanum Pontificum Christi Vicarium adauxit.

Dans la révélation faite à Ste Catherine de Sienne le Seigneur ajoutait aux paroles que je vous ai citées : ‘ À cause de la dignité et de l’autorité dont sont revètus mes Pontifes, je les ai affranchis de la servitude des princes de la terre. Je les ai sacrés et il est dit dans l’Ecriture : Ne touchez pas à mes Christs, Molite tangere Christos meos. Ps. civ. 15. Aussi le plus grand malheur qui puisse arriver à un homme, c’est de se faire leur juge et leur bourreau.”

Je n'ai pas besoin d’insister davantage sur la soumission que vousdevez au Saint Père. Vous avez reconnu ce devoir en termes énergiaues quand, devant cette image de Saint Pierre, vous vous êtes écriés :

Ah! si jamais, enfants ingrats et indociles, oubliant tout ce que nous devons à l'Eglise, nous venons, à la voix d'hommes pervers, à nous élever aussi nous contre celui que Dieu a établi pour la gouverner, que notre main se refuse à tout acte, notre langue à toute parole qui pourraient être une atteinte au respect et à la soumission qui lui sont dûs.”

Ces sentiments seront toujours les vôtres ; je l'espère de la grâce de Dieu et de cette protestation même. Vous serez toujours des fils dociles du Saint Père, et

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vous accomplirez à sonégard un autre devoir qui est prescrit aux enfants envers ceux à qui ils doivent la vie.

Le Seigneur nous dit par l'écrivain sacré : Retribue éllis quomodoa et illi tibi. rcocr. vit 28, Rendezleur ce qu'ils ont fait pour vous.

Que ne devons-nous pas à Notre Saint Père ! Que de bienfaits n'avons nous pas reçus de sa main ! Quelles faveurs tombent du ciel sur nous par son ministère et ses prières ! Dieu n’aurait-il pas voulu, en permettant

ue Notre Père souffrit et passât par latribulation, nous done l'occasion d'exercer envers lui notre reconnaissance et d'exprimer notre affection autrement que par des sentiments stériles ou de vaines paroles ? N’auraitil pas le dessein d'éprouver notre amour envers lui-même, par la conduite que nous tiendrons envers son représentant ? Jésusa dit : Ce que vous faites au plus petit de mes frères, je le regarde comme fait à moimême, Quamdiu fecistis uni ex his fratribus meis ominimis, mihi fectstis. Matth. xxv. 41. Que sera-ce pour ce qui sera fait à son vicaire, à celui qui tient sa place sur la terre ?

Le Saint Père souffre, il est dans la détresse, il a begoin d’être assisté. Comment le secourir ? Il nous l’apprend lui-même: Vos, dilecti F'ilii, inoratione et obsecratione unanimiter perseverelis ut misericors el miserator Dominus, in Nostram vestram que omnium afllicdionem respiciat, atque ut ubique faciat pacem cet tranquillitatem. Pour vous, nos très chers fils, persévérez unanimement dans la prière et les supplications, afin que le Seigneur toujours plein de miséricorde regarde notre afiction qui est aussi la vôtre à vous tous et qu'il fasse régner partout la paix et la tranquillité.

Ô Père ! nous prierons : nous prierons sans cesse ; nous ne laisserons pas s’écouler de jours sans élever vers Dieu nos supplications. Il serait trop pénible d’avoir à nous dire à la fin d’une journée : Aujourd’hui, mon Père a souffert, je pouvais lui apporter quelque aecours et je n’ai ricn fait pour lui.

Nous prierons notre Père qui est aux cieux pour celui qui est sur la terre, et qu'il nons a donné comme une image vivante de son autorité et de sa bonté par l’action vivifiante qu’il exerce sur les âmes.

Nous prierons Jésus crucifié pour son vicaire qui boit au calice de son agonie et souffre avec lui sur lo Calvaire. Dans une circonstance solennelle où l’on venait annoncer à Pie IX que de nouveaux malheurs le tnenaçaient, il a pris la croix entre ses mains et a dit : Voilà mon espérance.

Nous invoquerons le précieux sang du Sauveur. Que n'a pas fait notre Pontife pour propager le culte de cette source sacrée de notre salut ? Cette dévotion au Sang Rédempteur qui se produit partout avec tant de fruit lui doit l’encouragement le plus puissant, C’est avec son sang que Jésus à formé l'Eglise dont il l’a établile chef. Posuit regere Lcclesiarn qua acquisivit sanguine suo. Act, xx. Nous demanderons que ce sang lui donne la paix et la tranquillité, car il a la vertu de pacifier tont au ciel et sur la terre : Pacificans per sanguinem Crucis ejus sive quæ in terris, sive que in cœlis sunt. Col. L. 20.

Nous prierons Marie avec la confiance la plus vive. Il faut qu’elle réalise l'espérance que Pie IX à exprimée à la face du monde entier en la proclamant immaculée dans sa conception : Cerlissina vero spe el omni prorsus fiducia nitimur fore, ul ipsa beatissima virgo, que dota pulchra et immaculala venenosum crudelissimi serpentis caput contrivit……… velit validissimo suo patrocinit eficere, ul sancta mater Ecclesia cunctis amotis difficultatibus... ubique locorurn quotidie magis vigeal.…. omnique pace, tranquillilate, ac libertate fruatur. Nous avons la plus ferme espérance et la confiance la plus assurée que la Vierge bienheureuse, qui toute belle et toute immaculée à écrasé la tête venimeuse du cruel serpent, voudra bien faire en sorte par sa protection toute puissante que la Sainte Mère Eglise Catholique triomphe de toutes les difficultés, soif de jour en jour plus florissante dans tous les lieux et

jouisse de toute paix, de toute tranquillité et de touto liberté.

Marie, vous avez mis notre confiance à l'épreuve, mais nous ne désespérons pas. Nous verrons bientôt un coup de votre main, nous vous pricrons avec l’ardeur la plus vive et nous vous verrons triompher comme de toutes les autres, de l'erreur de nos jours, féconde en tant de crimes : cunclas hæreses sola interemisti in universo mundo. Vous protégerez le L'ontife qui vous a rendu un si glorieux hommuze et qui doit vous être si cher. Il s’est montré votre docile serviteur, il no sera pas confondu : qui audif ine non confundelur. Eccl, xxiv. 30, Ce ne seri pas en vain qu'il vous à invoquée, vous la mère de la sainte espérance : #nater sanctæ spei, Eccl. xxiv. 24 Et vous montrerez à ses persécuteurs que si vous êtes pleine de bienveillanez envers ceux ‘qui vous aiment ct vous honorent, vous êtes pour les ennemis de Dieu et de son Eglise terrible comme une armée rangée en bataille : T'erribilis u4 castrorum acies ordinala. Cant. vi, 8,

Nous prierons St, Pierre, le Prince des Apôtres : sollicité par nos supplications, il élèvera vers le Seigneur le cri qui a sauvé sa barque ballotée par les verts orageux. C’est son patrimoine qu'il s’agit de défendre, c’est l'héritier de son nom ct de son autorité que l’on outrage et que l’on dépouille. C’est Ia dynastie dont il est le père que l’on veut renverser du trône, Oh! il entendra nos vœux, il rendra encore son hommage au Christ, fils du Dicu vivant qui, en retour, permettra qu'il maintienne son siége contre les assauts de l'enfer.

St. Pierre, il nous rappelle ce qui a été fait pour lui dans des jours semblables. Il ét:it là dans les prisons d'Hérode, qui préparait sa mort, inuis, dit l'écrivain sacré, Oratio fichat sine intermissione ab Ecclesia ad Deum pro eo. Act. xir. 5. Des prières se faisaient sans cesse par l’Uglise pour lui, ct l'Ange du Seigneur le délivra de la main de son ennemi.

Voici qu'on prépare des liens à notre Père, lo successeur de Pierre, sa liberté est restreinte de plus

en plus. Bientôt Rome sera sa prison. Un roi impie est tout prêt à être son géolier ; Hérode a reparu.

Misit Herodes rex manus 1! afliceret quosdam de Kcclesia. Que de persécutions n’a-t-il pas exercées P. déjà contre les Ministres de l'Eglise, contre les Religieux, contre les Vierges consacrées à Dieu! Occidit autem Jucobum fratrem Joannis. Il a tué les successeurs des Apôtres, les Evêques, il les a tués pour leurs diocèses, en les condamnant à l’exil, Videns autem quia placeret Judæis apposuit ut apprehenderet et Petrum, 1l veut plaire à cette foule d’hommnes pervers dévorés de la haine du Christ comme le peuple réprouvé. Il cherche à s’emparer de Pierre, pour lui ôter sinon la vie personnelle,—et au besoin il ne manquerait pas de bourreau, —du moins sa vie de Pontife, en le mettant hors d'état de gouverner l'Eglise,

Hâtons-nous, mes frères, prions ; que l’ardeur de nos supplications obtienne que l’Ange du Seigneur vienne encore délivrer Pierre. Il le fera, car c’est toute l'E. glise qui prie pour lui.

Et toi, à Iérode, tremble; en vain un peuple perverti te salue son Roi; le ministère le l’Ange ne se borne pas à sauver le Prince des Apôtres. Au même chapitre du saint livre où se trouve écrite la partie de ton histoire que je viens de retracer, je lis qu’au reoment où tout un peuple flattait le Prince persécuteur de ses acclamations, l'Ange du Seigneur le frappa parce qu’il ne rendait pas honneur à Dieu, Cunfestim percussit eum Angelus Domini, eo quod non dedisset honorer Deo, et que, dévoré par les vers, il expira, ef consumyrdus vermibus expiravit. Act. xn.

Vous prierez pour le St. Père. Sera-ce à cet acte de piété filiale que se bornera votre assistarce? Oh! je vous entends me dire : s’il nous était donné de faire quelque autre chose pour lui, avec quel empresscment il nous verrait agir! ÆEt je vous dis moi-même, quelle récompense et quelle gloire vous en recevriez !

L'Ecclésiastique nous apprend que celui qui honore

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son père sera établi dans ln justice et au’on 8e 6 mwiendra de lui au jour de la tribulation : Zn ;stitià œtifio® bitur tibi, et in die tribulationis commemorabitur ti. Eccl. un. 17. Comme cola s’est réalisé à l'égard de ces héros qui sont venus apporter au Père des fidèles l'hommage de leur sang! Ils sont établis dans la justice, on les regarde comme des justes, comme des saints ; la générosité chrétienne qui les a portés à offrir leur vie pour la cause de l'Eglis”, qui n’est antre que celle de Dieu, apparait comme un de ces actes de charité héroïque qui donne droit au ciel. La voix des peuples leur décerne l'honneur du martyre, et clle n’est sans doute en cela que la vrix de Dieu, Oui, n’en doutons pas, le Seigneur a fait à ceux qui sont morts pour les droits de son représentant, ‘ine demeure, au milieu de ses justes, /a justitia adificabitur libi el in die tribudationis camamemnorabitur lui. Au jour de leur tribulation, de leur lutte héroïque, l'Eternel les regardait avec complaisance, il se souvenait en leur faveur de la promesse qu'il avait faite, il s'appré’ait à les mettre en possession de cette longue vie destinée à celui qui honore son père. Qui honoratl patrem suum, vila vivet dongiore. Keul. ur, T.

Et ce jour de leur tribulation restera longtemps dans le souvenir des hommes, Quels honimages ne Icur a-t-on pas déjà rendus? Quelles picuses et solennelles démonstrations se font de toutes parts en leur honneur ? Les deux niondes célèbrent à l'envilenur gloire; partout l’éloquence trouve les plus magnifiques accents pour exalter leur dévouement et leur valeur. Kultriomphateur n’a vu célébrer ses euccès par des 7 Deum aussi glorieux que les Libera chantés après leur mort. Nul vainqueur n'a été salué d'aussi nombreuses acclamations que ces vaincus. Nulle bataille ne jette plus d'éclat que celle <à ils ont succombé, Et comme aux jours antiques Marathon a moins resplendi aux fastes de Phonneur que les Thermopyles, ainsi ie soleil d’Austerlits pâut aujourd'hai devant celui de Castelfidardo.

Où !'eomune Ie Écisueur a bien accompli sa promesse

de | Entr ceux qui honorent leur Père ! Et anssi comme la gloire du Père brille du mérite de scs fils, Deus honoravit patrem in filiis. Ecel. 11 5, Oui, qu'il est grand, quo d'honneur s'attache à son nom, le Père qui a eu pour enfants les héros dont je viens de rappeler la mémoire ! Quel éclat jette la souveraineté pontificale respiendissante de Ja pourpre de ee «any ! Quelle noble cause quecclle qui à eu de si généreux champions ! Queile puissance elle possède encore, quelle permanence elle promet l'autorité qui inspire un tel dévouement ! Elle est loin de n'avoir plus que quelques heures à compter la vie à laquelle on sacrifie une existence entière !

Elèves chéris, vous envicz le sort de ces jeunes braves auise sont immolés pour les droits du Père commun des fidèles, Les noms de féliand et de Tunascol font treesaillir vos cœurs d'une admiration qui vous enthousiasme et ils enchanteut vos rêves d'avenir, Vous les voyez quitter le sol si attachant de In patrie, de la gloricuse et belle France, renoncer aux espérances que pent leur donner, et une éducation brillante, et une éblouissante fortune et l'illustration de leur sang, s’arracher aux bras de-ces mères qui devaient leur être bien chères, puisqu'ils tenaient d'elles leurs nobles cœurs, et pour quoi? Parce qu'ils cat entendu la voix de leur Père en péril.

Vous êtes enflammés par cet exemnle, et vous vous feriez : Oh! que ne m’est-il donné de faire quelque chose pour mon Père dans la foi! En retour de la vie spirituelle qu'il me donne, je sacrifierais ma vie corporelle s’il le fallait, et pour prix du sang du Christ qu'il m'a dispensé, je verserais mon propre sang.

Jeunes chrétiens, Dicu vous tiendra compte de ce mouvement de vos cœurs. La glüire Au martyre vous

sourit, je le conçois. Elle ne vous est pas toutefois réservée, du moins pour ce ternps.

Mais écoutez; le Pape ro meurt pas. Le Pape, ce

e3t pas seulement Pie IX, c’est toute la suite de ses

‘ccesseurs, Jh bien, les Papes, ils auront toujours à

combattre, ils auront le sort de celui dont ils sont les ministres : Jésus le leur a dit en parlant aux Apôtres.

Le serviteur n’est pas plus Pt que le maitre ; s'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi, Von est servus weajor Domino suo, si me pérsecuti sunt, et vos persequentur. Joan. xx. 20, Le Christ a dit de lui-même qu'il serait livré aux nations, et l’objet de toutes sortes d'insultes et de violences, Tadetur in Gentibus et illudelur et flagellabitur et conspuetur. Luce xvin. 22, C'est le sort de Pie IX, ce sera celui de ses successeure, du moims immédiats, Dans ce sièele, le siége du Pape, c'est celui où l'on fit asseoir Jésus couronné d’épines ; son Vatican c'est le Calvaire, Vous aures à défendre le Saint Père, non par l'épée des héros de Castellidardo et d'Ancône, mais par votre parole, par votre plume peut-être.

Vous n'aurez pas besoin d'aller chercher le combat, il viendra à vous. Vous verre: l'autorité spirituelle et temporelle du Souveruin-Pontife attaquée par ceux au milieu desquels vous vivrez ; il faudra la défendre, Préparez vos armes, que cette maison soit un arsenal pour la cause de la Papauté. Etudiez ici les preuves de son institution divine : formez-vous à la connaissance da son histoire et à l'admiration de ses bienfaits ; appre nez afin de le redire aux autres ce que le monde lui doit. A l’aide de fortes études, imettez-vous en état de repousser toutes les attanues de ses ennemis. Et soyez courageux quand l'heure du combat aura sonné. Eouvenez-vous que ce que vous aurez le plus à craindre sera le respect humain, Oh! Dieu, serait-il possible ! Un mot vous ferait décliner le ccmbat que solliciterait l'honneur de votre père. Vous auriez peur du sourira stupide d'un ignorant où d'un libertin ; vous, les contemporains et aujourd'hui les admirateurs des martyrs

dont nous venons de célébrer la gloire,

Oh! pardonnez, chers élèves, je blesse vos cœurs, je vous fais une injure. Nou, rien ne peut me permettre cette sinistre appréhension : pardonnez à mon amour pur vous cetto anxiété, je la repousse, on cœur 8e di-

late, car je vous entends me dire, comme le plus jeune des Machabées, après avoir vu mourir ses six frères au milieu des plus horribles supplices : Æg0, autem, sicut fratres mei animam et corpus meum trado pro patriis legibus. 2 Mach. vir. 387. A l'exemple de nos frères, nous nous offrirons à la mort, s’il le faut, pour les droits de l'Eglise et de son chcf, et, comme eux, nous braverons l’ardeur et la malice de nos ennemis quand l’heure du dévouement sera venu.

Cet avenir vous paraît trop lointain ; votre cœur demanderait maintenant une expression d’amour envers votre père, et d’un amour qui s'impose le sacrifice. Réjouissez-vous, vous allez être satisfaits,

Aujourd’hui mème, par une lettre pastorale, notre Evêque demande à ses diccésains le denier de Si.- Pierre. Quoi, le denier de $St.-Pierre ! ce tribut payé par les siècles de foi au chef de PEglise, cette institution que lPincrédulité de nos jours, si inintelligente en toutes les nobles choses, a tant reprochée au Moyen-Age comme un impot prélevé par la cupidité Pontificale sur la superstition servile des peuples au détriment des intérêts temporels de la société, le denier de $t.-Pierre se rétablirait aujourd’hui !

Oui, c’est le moyen par lequel on subviendra aux nécessités du St.-Père, dépossédé de ses Etats par la rapine éhontée d’un roi brigand. Les autres souverains où favorisent cette spoliation pour réaliser leurs vues ambitienses, ou la voient s’accomplir sans vouloir l’empêcher par indifférence ou sans l’ôser par peur. Cette politique de non-intervention par laquelle les Princes, croyant manifester leur sagesse, ne sont que les agents des esprits infernaux qui les inspirent et les conduisent, cette politique parricide aura son châtiment. Cet œil ouvert sur les infortunes du St.- Püre pour les regarder dédaigneusement sera arraché et deviendra la proie de Paigle et du vautour : Oculur qui subsannat Patrem.….. effodiant eum corvi et comedent eum filii aquilæ. Deut. xxx. 17. Ils lais-

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seront une mémoire abhorrée à leur nom, ces souverains, fils dénaturés de l'Eglise, qui ont abandonné leur Père : Quari male fame est, qui derelinquit Patrem. Eccli. nr. 18. |

Le Pape n’a rien à attendre des gouvernements, Loin de là, ils travaillent sous divers prétextes à arrêter la piété filiale de leurs sujets envers le Saint Père, mais celle-ci, Dieu aidant, saura maintenir sa liberté et exercer sa générosité.

Le Saint Père, qui a reçu de ses enfants l’offrande de leur sang pourra bien trouver l’aumône de leur argent. Îl ne verra pas seulement s’ouvrir pour lui la main de ce Duc dont l’héroïque libéralité faisait, il y a quelques mois, pousser un cri d’admiration qui retentira dans l’histoire, et ajoutera encore de léclat à lillustration du noble nom qu’il porte. Les grands et les riches viendront sans doute au secours du Pape, mais le peuple entier lui offrira son aumine. Et l'autorité Pontificale recevra par là même en faveur de ses droits l’hommage d’un véritable suffrage universel qui se manifestera de la manière la plus incontestable ; puisqu’au lieu d’être extorqué par les menaces ou séduit par des espérances cupides, il ne s’exprimera que par une générosité où se trouve le sacrifice. Le denier de St.-Pierre se payera par tous, par l’homme de peine et de travail, par la pauvre veuve, par l’humble servante, par le petit enfant, il se payera par vous-mêmes.

Je ne crois pas devoir entrer dans les détails des besoins du Saint Père qui lui font reclamer le secours des fidèles. Je vous dirai seulement : Songez que le Pape doit pourvoir à l'administration de lEglise entire, c’est-à-dire d’une société qui se compose de deux cent millions d'hommes. Quelle multiplicité de questions ont à se résoudre à la cour Pontificale ! Quel nombreux personnel doit y être nécessaire ! Que de frais exige l’entretien du sacré Collége, des Congrégations, de tant de bureaux où

s'expédient tant d’affaires, souvent si compliquées ! Et le Pape n’a-t-il pas à pourvoir à la conservation et à la décoration de ces Eglises de la ville sainte qui sont en si grand nombre et dont la splendeur et le culte qui s’y exerce reclament de si grands frais ? Ce sont pour la plupart des sanctuaires vénérés par les monuments de la tradition catholiques qu’ils présentent, par les coïps des saints dont ils sont les mausolées, par les grâces qui y ont été reçues et les merveilles de tout genre qui s’y sont opérés, Rome ne peut perdre où voir se détériorer ce qui fait sa beauté. sa gloire, et lui attire le pélerinage du monde ch'éilen.

Et la cité Pontificale, n’est-elle pas aussi la ville des institutious de bienfaisance ? L’exercice de la charité est prescrit aux Vicaires du Christ comme la prédication de la vérité. Le fils de Dieu leur à donné en même temps la mission de prècher le royaume des cieux et de prendre soin de ceux qui soul frent : Euntes prediccte dicentes quia appropinquavit regnum cœlorum. Curale infirmos etc. Matth. x, 75 —Cette parole a créé autour de la chaire de St.- Pierre un grand nombre d’hospices pour toutes les infirmités de l'âme et du corps.

Et les pauvres, ils ont droit eux aussi de venir s’asenouiller sur le tombeau des Saints Apôtres, vénérer les restes des Martyrs, fouler de leurs pieds le soi de la ville éternelle, et recevoir la bénédiction du Vieaire de Jésus-Christ. La bienfaisance du Saint-Père doit pourvoir à leurs besoins.

Ah! la pauvreté,le Pape l'aurait soufferte volontiers pour lui-même. Il sait qu’il tient la place de celui qui n’avait pas où reposer sa tête, qu’il est le successeur des Papes des catacombes, s1 dénués de tout.

Mais Dieu a voulu pour ses Pontifes un autre ordre de choses qu’aux temps primitifs de l'Eglise. Ils avaient alors à prouver leur mission divine par leur courage dans les persécutions : La Papauté de-

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vait être sacrée reine du monde spirituel dans son propre sang : l’auréole du martyre devait être sa couronne. Depuis déjà bien des siècles les chefs de PEglise ont eu à parler et à agir au grand jour. Les démonstrations qu’ils avaient à donner de leur légitimité était le bien qu’ils feraient au monde, Pour cela il leur fallait la hberté, c’est-à-dire l’indépendance de tout autre pouvoir humain, et par conséquent la souveraineté pour eux-mémes.

Oui, Pautorité sur les peuples doit se montrer toute bienfaisante : Qui potesialenr habent benefici vocanlur. Luc. xx. 25.

Eh bien, cette bienfaisance que sa dignité et son propre cœur inspiraient à Pie IX'et qui rendait sa main si libérale, il ne peut plus l'exercer. Il n’a plus rien à donner, même à ceux qui le servent. Les faibles revenus qui lui restent et qu’on se dispose encore à lui arracher ne sulliraient pas à ses besoins les plus impérieux. Il devient nécessaire qu'on assiste. Au lieu de donner il faut qu’il recoive, lui, le Vicaire de celui qui a dit : Beatius est dare quim accipere : Il vaut mieux donner que recevoir. Act. xx. 35. Ilest obligé de demander des secours, lui, le chef de lEglise, le souverain spirituel de tant de millions d'hommes, le Père commun des chrétiens. Oui, je Le dis en g'émissant, flens dico, il implore Paumone des fidèles...

Oh! ciel, quel déplorable spectacle ! le voyez-vous le saint et auguste vicillard, il s'incline devant ses enfants, il leur tend sa main de Père, de Pontite, qui bénit, il leur dit: Donnez pour que je puisse régir PEglise du Christ qu’il a acquise au prix de son sang.

Donnez pour que je puisse donner à manger à mes fidèles serviteurs, qui travaillent avee moi à la vigne du Seigneur.

Donnez pour que je puisse donner moi-même à tant de malheureux qu’il est de ma dignité de soulager.

Donnez pour que la dette que d’impérieuses cir-

constances m'ont forcé de contracter n’attache pas, si je suis incapable de la solder, l’ignominie à mon front et à celui de tous mes enfants,

O Père, à bon, saint et cher Père, que votre douleur et votre humiliation sont grandes ! qu’il y a d’amertume dans votre cœur! Que vous avez raison de vous écrier que lhorrible injustice qui vous réduit à cet état doit être l’étonnement des contemporains et de la postérité et leur paraître incroyable : Vivis posterisque haud credendum videbilur !

Et dans quel jour, à jeunes chrétiens, viens-je vous entretenir des nécessités de votre Père et vous demander de lui offrir vos dons! Dans ce premier de l’an, c’est le père qui donne aux enfants: comme son cœur se dilate à la joie de ses fils recevant de sa main ces étrennes si désirées !

Et voici qu’aujourd’hui même c’est votre Père, le Père de vos âmes, qui vous conjure de lui donner votre offrande : sa voix suppliante se fait entendre au milieu de celle de ces nécessiteux qui, à l’occasion de la nouvelle année, demandent du secours à ceux qui sont plus faorisés de la fortune.

Ah! j'entends le cri de votre cœur: c’est assez, c’est assez; nous donnerons, ou plutôt nous voudrions donner; €ar, que pouvons-nous offrir ? nous n’avons guère plus que le denier de la veuve de l'Evangile. Eh bien! ce n’est qu’un denier qu’on vous demande pour St. Pierre; mais donnezle de bon cœur. Dieu le multipliera peut-être pour le St, Père, comme Elisée a fait de l'huile de Sarepta, et le Sauveur des cinq pains dont il a nourri plusieurs mille hommes. Faites au reste ce qui vous est possible.

Voici le jour où vous allez voir vos parents: en cette circonstance du nouvel an, leur main s'ouvre plus libéralement encore que de coutume. Ils vous donnent pour que vous vous procuriez ces petites jouissances que votre âge et votre position sollicitent.., Oh! je vois la générosité s’exciter dans votre cœur,

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Vous entrevoyez le sacrifice dans le don que vous ferez. Oui, vous vous refuserez tel plaisir, telle satisfaction depuis longtemps désirée peut-être, afin que votre aumône soit moins modique. Vous vous priverez d’une jouissance pour que votre don profite davantage au St. Père, plus sans doute par le mérite du sacrifice que par la valeur pécuniaire de votre offrande.

Comme votre obole sera précieuse aux yeux du Seigneur ! Quelle noble satisfaction, elle vous donnera à vous-même ! Quelles grâces abondantes elle fera tomber sur vos âmes !

Vous savez quel est le prix de l’aumône en générai devant Dieu; mais Paumône pour un Père, quelle récompense doit-il lui donner ? Il vous l’a dit : Elle ne restera pas dans l’oubli, Eleemosyna patris non erit in oblivione...,sicut in sereno glacies solventur peccatatua. Eccli. 11 14. Voyez cette neige abondante qui couvre nos campagnes, cette épaisse couche de glace qui enveloppe nos rivières. Vienne le soleil du printemps, et les frimats, et la neige, et les glaces, tout disparaîtra bientôt. Les champs reprendront leur riante verdure et nos fleuves majestueux dérouleront à nos regards le cours de leurs belles ondes, De même quelque glacé que soit un cœur par le péché, quelques nombreuses que soient ses iniquités qui, en Jui ‘tant toute vie, empêchent de produire des fruits de salut, tout cela se fondra à l’ardeur de la piété filiale, la grâce coulera de nonveau dans cette àme, pour l’enrichir d’abondants mérites. Sicul in sereno glacies solvuntur peccata tua.

Si cela est vrai de l’aumône, donnée au Père de qui on a reçu la vie du corps, que sera-ce de celle qui sera offerte au Père à qui on doit la vie spirituelle, la vie éternelle !

Jeunes chrétiens, vous avez compris vos devoirs, je m'en flatte ; vous saurez les accomplir. Zn opere el sermone honora Patrem tuum. Vous honorerez

votro Père par la parole de la prière auprès de Dieu, et plus tard, par celle que vous éleverez devant les hommes pour la défense de son autorité contre de téméraires incrédules ou des fils ingrats. Mais tous dès aujourd’hui vous lPhonorerez par l’œuvre de votre aumone, quelque légère qu’elle puisse être. 1n opere el sermone honora Patrem tuum.

in retour sa bénédiction descendra sur vous. Ut supervenial tibi benediclio ab eo. Votre vie entière en éprouvera les heureux effets, mais vous en sentirez bien particulièrement la salutaire influence au dernicr jour, { benediclio üllius in novissimo maneat.

A l'heure suprème de la vie, quelle inquiétude saisit le eœur à la pensée de cette éternité dans laquelle on va entrer ! On regarde le ciel, objet de ses désirs, mais la terrible parole, que rien de souillé ne saurait y apparaitre, glace d’effroi. Au souvenir d’iniquités bien nombreuses peut-être, on pense que, si l’on va se presenter à ses portes, on sera repoussé avec l’épouvantable mot adressé aux Vierges insensées: Nescio vos. Mais voici que tout à coup la crainte se dissipe, l'espérance la plus vive ranime le eœur,.,.,...Qui garde la porte du ciel ? Quel est celui qui ena les clefs ? Cest Pierre, Tibi dabo claves resni cælorum, Etil a le pouvoir de dégager des entraves qui pourraient empeécher d'entrer dans le séjour céleste, Quodcumque solveris super terram, erit solutum et in cœælis. Eh ! bien, vous l'aurez honoré, servi, Pierre, dans la personne de ses successeurs, Vous aurez dès votre Jeunesse, donné un éclatant hommage de votre respeet pour son autorité, de votre zèle pour ses intérets ; dans le cours de votre vie vous aurez manifesté en toute occasion votre dévouement à sa chaire, siége de la vérité... Oh !au aernier Jour il vons reconnaltra comme ses agneaux. Par son intervention toute puissante auprès de celui qui vous a confiés à sa garde, vous recevrez les dispositions nécessaires pour obtenir la grâce qui sanctitie : les liens de vos

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péchés seront rompus parun des ministres à qui il aura délégué son pouvoir ; et bientôt lui-même, avee cette clef que le Christ a mise entre ses mains, il vous ouvrira la porte”du royaume de la béatitude éternelle.

Je ne puis terminer ce discours, chers élèves, sans vous faire remarquer les rapports que la Providence a bien voulu donner à cette maison avec le Siége Apostolique.

Il y a bientôt dix-huit ans, jai eu le bonheur de déposer moi-même hommage de ee Séminaire aux pieds du vicaire du Christ et de lui demander une bénédiction, qui le maintint toujours dans un grand dévouement au Siége de Pierre. Oui, je me le rappelle, c’est le vœu que jai forncliement exprimé devant le Souverain Pontile, ei sa main s'est levée sur moi pour n'en faire espérer la réalisation.

Un autre membre de cetie institution, bientôt après votre Supérieur, à reçu pour vous le méme gage des faveurs célestes par la bénédiction du chef actuel de l'Eglise, de notre bien-aimé Père, Pie IX, auquel nous rendons aujourd’hui nos devoirs.

I y a longtemps que de cctte maison sont sortis des écrits de diverses mains pour défendre l’autorité du St. Siége, alors qu’elle était dans noire pays l’objet d’attaques répétées. A plusieurs reprises, et tout récemment encore, la glorification de là Ville Sainte, dans son Pontife, son histoire et ses institutions, a été le sujet principal de nos exercices littéraires,

Cet édifice que nous hak‘tons n’a t-il pas été bénit par un délégué du Pape, par un Nonce apostolique, victime lui-mème des persécutions dont le Chef de l'Eglise était le premier objet et que nous avons eu Vinsigne honneur d’abritc: dans nos murs contre les poignards d’assassins qui l'attenda'ent eux la terre où règne la liberté de lerreur et ‘iu crie, mais où la justice et la vérité n’ont trop souvent, eomne la couleur d’une race infortunée, qu'à subir le mépris et l'esclavage ?

ùt n’avons-nous pas dans cette circonstance même, en présence de cinq Prélats, du clergé de deux Diocèses, et d’une foule immense où se gemarquaient les citoyens les plus distingués, n’avons-nous pas fait entendre ces paroles : ‘ Oui, nous le }::ons, nous, Directeurs et Professeurs de cette maison d’éducation, solennellement bénite aujourd’hui par un Nonce du St. Siége, nous croyons que l'Evèque de Rome est le Chef de l'Eglise, le successeur de St. Picrre dans la plénitude de ses pouvoirs; nous croyons que sa parole ne peut induire l'Eglise en erreur, et que tous les chrétiens doivent une entière soumission aux décisions qu’il proclame en matière de loi. Nous prenons l’engagement de faire de cette croyance, que nous professons, un objet constant de l’enscignement de cette institution; nous promettons de défendre l'autorité apostolique contre toute erreur qui lattaquerait; nous voulons que toutes nos lecons soient imprégnées des doctrines qui émanent de Rome, la mère et la maitresse de toutes les Eglises.”

C'est d’ici, de cette enceinte sacrée où Je vous parle, qu'est parti, il y a près d’un an le premier cri qui s’est élevé dans notre pays en faveur du souverain Pontife outragé et persécuté. Notre acte de réparation devant ceîtte image de St.-Pierre a Cté la première de ses démonstrations par lesquelles notre religieuse Patrie a signalé son dé vouemc nt à l’autorité Pontificale. Et tout récemment lorsque dans la premiere cité du Canada on a voulu rendre un hommage solennel à la cause du Saint Père par une cérémonie funèbre en l’honreur de ces héroiques enfants morts pour sa défense, n'est-ce pas à la parole de l’un de vos professeurs que lon est venu demander Pargumentation qui établit soiiderent dans les esprits la conviction des droits de Saint Siége et Péloquence qui entrainut les cœurs à se dévouer à ses intérêts.

Et voici qu'à ce que nous avons eu le bonheur de faire pour le Saint Père, le Père commun des chrétiens, se joint l’honneur qu’il nous fait lui-méme,

Voici qu'aux approches de ce jour des bénédictions nous recevons une lettre de sa main qui nous fait espérer les faveurs célestes les plus précieuses : Auspicem onnium cælestium munerum benedictionem impertimur.

Il est écrit: Benedictio patris firmat domos filiorum. Ecel. 1, 5 La bénédiction d’un père aflermit les maisons de ses fils,

Quelle espérance de prospérité pour cette institution que la bénédiction que nous venons de recevoir ! Qu'elle y affermisse la foi; que grace à elle jamais aucune erreur n’y altère l’orthodoxie de l’enseignernent, Que la bénédiction du successeur de Pierre soit pour elle comme la prière du Christ pour Pierre lui-méme : Rogavi pro te ul non deficiat fides tua. Luc XX. 32. Que le zèle qui se n'anifeste aujourd’hui dans cette maison pour le Siége Apostolique s'y developpe de plus en plus, et y produise dans tous les temps des fils dévoués au Père commun des fidèles, Que tout défenseur, qui s’y élévera en faveur de la chaire de Pierre, y laisse d’autres athlètes pour combattre ses ennemis: Reliquit defensorem domès contra inimicos. Ecel. xxx. 6. Que pour atteindre ce but les élèves de ce Séminaire y trouvent une science solide qui élève et enrichisse leur entenderment, lÆdetur adolescenti scientia el inlellecius. Prov.i, 4 Qu'ict règne Pesprit d'intelligence qui joint la sainteté à lPéloquence, spiritus intelligentiæ sanclus, disertus, qui añne Île bien et produit toute vertu : amans bonur, omnen habens virtulem. Sap. vu. 22,

Que la bénédiction du St.-Peére soit pour les élèves de cette maison semblable à celle de Jacob pour son fils bien-aimé: Filius accrescens Joseph. Géuèse,x Lx. Que le jeune homme formé dans celte institution eroisse chaque jour en science et en vertu: Decorus

aspectu, qu'il soit beau aux yeux de Dien par la grice qui ornera son âme, et aux yeux des hommes par toutes les qualités qui attirent l'estime et laflection. Sedil in forli arcus ejus. Qu’ici se préparent des ar. mes dont la force donne la victoire dans la guerre qu'il y aura à soutenir contre les ennemis de Dieu et de sa loi. {nde paslor egressus est lapis Israël, Que de ce séminaire sortent des pasteurs dont la doctrine et l'exemple soient le soutien du peuple fidèle. Deus patris tui erit adjulor luus. Que cette protection constante que Dieu à assuré au Père commun des Chrétiens, se répande à jamais sur les enfants membres de cette maison, Cnnipolens benedicet tibi benedictionnibus cœli de super donec venirel desiderium cotlium «ter norum. Que le Dicu ‘Tout-Puissant nous comble, nous, Mattres et Elèves'actuels et futurs de cette insitution, de ses bénédictions célestes qui nous préparent à jouir de la possession de celui qui est le désir des collines éternelles.

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