‹ Devoirs et périls biologiquesChapitre 12 sur 105 · CORRÉLATIFS AUX DEVOIRS INDIVIDUELS · texte numérisé non relu

CORRÉLATIFS AUX DEVOIRS INDIVIDUELS

hygiénique, sont graves à tous les âges, depuis la naissance jusqu’à la mort.

L enfant de 1 homme n'est pas construit de manière à vivre, abandonné à lui-même dès sa naissance, comme le petit de certains animaux : il a besoin de soins incessants

et tout particuliers dès sa venue au monde (nous verrons même dans les chapitres de l'hérédité et de la famille que

la puériculture doit commencer avant la naissance et avant

la procréation). L’inobservation de F hygiène du nouveau-né augmente, dans des proportions lamentables, la mortalité infantile (dont je reparlerai) et, pour les survivants, prépare des générations malingres, rachitiques, dégénérées, qui traînent une existence douloureuse et inutile.

Si 1 entant a échappé aux dangers du mauvais nourissage, de F alimentation précoce^ de la dentition mal surveillée, il reste exposé à des maladies et à des infirmités diverses, si ses parents n'observent pas les lois de l'hygiène, 'quand il grandit, commence à marcher, à parler... L'inobservation des règles de l'hygiène, à l'âge scolaire et lorsqu'il faut régler l'éducation physique et intellectuelle, expose encore l'enfant aux plus grands périls ; j'ai déjà parlé du surmenage intellectuel et dit sa rareté à l'école ; mais le surmenage physique est un danger réel, dont il faut garder nos enfants : l'exagération ou la mauvaise direction des sports, du gymnase et des exercices physiques peuvent devenir des pratiques aussi périlleuses que l'insuffisance de cette éducation physique.

Chez 1 enfant et à tout âge, grave est encore l'inobservation des règles de l'hygiène pour l'air, l'alimentation, le vêtement, l'habitation.

On sait les dangers du taudis, de l'air confiné, de l'absence de lumière suffisante, de l'alimentation malsaine ou insuffisante... Le rachitisme, la tuberculose et bien d’autres maladies sont la conséquence trop fréquente de cet oubli des lois de l'hygiène individuelle.

Il ne faut pas, des progrès contemporains de la microbiologie et de la parasitologie, conclure que le microbe est tout dans l'étiologie et la genèse des maladies. Tout le monde reconnaît le rôle très important que joue le terrain : l'organisme (nous l'avons dit) se défend contre la maladie, contre l'invasion et l'évolution du microbe. Or, l'hygiène est l'art de développer et d'accroître cette défense de l'organisme, cette fonction antixenique. Donc, l'inobservation des lois et règles de l'hygiène diminue la protection de l'organisme, le livre sans défense à l'agent pathogène et par conséquent entraîne le développement des maladies.

Ainsi, la négligence des soins de propreté (dont j'ai parlé plus haut) de la peau, de la bouche ou du nez permettra l'invasion de maladies infectieuses que l'on aurait évitées facilement ; une mauvaise hygiène alimentaire développera des auto-intoxications, parfois dangereuses, le plus souvent fort longues ; la non-filtration d'une eau potable fera contracter la fièvre typhoïde; la non-surveillance hygiénique' d'un appareil de chauffage empoisonnera plusieurs personnes ; la non-vaccination jennérienne d'un sujet peut le faire mourir de variole...

Tous ces exemples — surtout les derniers — montrent que ces périls, dus à l'inobservation des règles de l'hygiène, sont non seulement individuels mais aussi collectifs et sociaux.

Un homme, qui diminue, par sa faute, sa résistance aux maladies transmissibles et contagieuses, expose non seulement lui-même, mais ses semblables, à l'éclosion, à la propagation et au développement d'une maladie qui peut devenir mortelle. Une faute d'hygiène individuelle peut entraîner une épidémie/ et déterminer la mort d'un grand nombre de personnes.

C'est ainsi que, comme l'a dit Georges Brouardel, la malpropreté d'un individu peut engendrer chez lui « des accidents variés et graves » et a peut rendre aussi cet individu

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