‹ Devoirs et périls biologiquesChapitre 33 sur 105 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

gées, amoindrissantes, dégradantes et pouvanl conduire à la mort.

Cet état d esprit toxicomane peut se présenter à des degrés différents depuis F aliénation mentale (folie toxicomane) qui enlève toute responsabilité au sujet, en passant par la demifolie toxicomane, qui atténue la responsabilité de la victime, jusqu'au tempérament toxicomane, qui est le cas le plus fréquent et le plus intéressant au point de vue social parce qu i! laisse au sujet toute sa responsabilité vis-à-vis de lui-même et de la société.

Ce tempérament toxicomane est la condition nécessaire, non seulement de l'entrée du sujet dans cette voie funeste de [ intoxication, mais encore et surtout de sa persévérance dans ces pratiques lamentables. L’usage de ces poisons entraîne en effet l'appétence plus grande de les reprendre et d'en augmenter la dose en même temps que la souffrance du sevrage et de la privation. L'organisme, psychiquement débile, obéit à ces suggestions et devient de plus en plus toxicomane. La toxicpmanie est donc à la fois cause et conséquence de l'intoxication; le poison accroît l'appétence au lieu d'entraîner la satiété et le dégoût; le sujet est de plus en plus enserré dans ce cercle vicieux qui le conduit à la déchéance totale et à la mort.

Cette analyse psychologique et pathogénique, développée dans toute cette partie, rapproche les intoxications euphoristiques du suicide. Ce n’est pas dans le but d’attenter à sa vie, de la diminuer ou de la détruire que l'on prend le poison. Mais l'état d'esprit qui conduit au suicide est le même qui conduit aux intoxications euphoristiques : daûs l'un et l'autre cas, c'est la débilité de la saine raison et de la volonté normale, c'est Y oubli du devoir de respect et d’amour de sa propre vie et du devoir de participation personnelle au propres indéfini de l’humanité ; c'est dès lors l'assujettissement à l'impression actuelle, au découragement momentané ou au désir d'un plaisir passager, en même temps

que le mépris des dangers que ces actes créeront pour la société toute entière et pour L’individu lui-même.

Les périls très sérieux, individuels et sociaux, que crée la diffusion croissante des suicides et des int oxications euphoristiques sont donc bien, en dernière analyse, dus à l’inobservation des devoirs biologiques de l’individu vis-à-vis de sa propre vie.

Tout cela fait prévoir que le remède à apporter à ce mal, pour prévenir et conjurer ces périls, est, avant tout, Y enseignement de la morale et le renforcement des caractères : le jour où tous les hommes connaîtront bien leurs devoirs biologiques vis-à-vis d’eux-mêmes et auront la force d’âme nécessaire pour accomplir ces devoirs malgré les ennuis, les peines et les douleurs que F accomplissement de ce devoir peut entraîner, il n’y aura plus ni suicides ni intoxications volontaires et habituelles dans un but exclusivem ent euphori s ti que .

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