‹ Devoirs et périls biologiquesChapitre 32 sur 105 · Conclusions de la deuxième partie · texte numérisé non relu

Conclusions de la deuxième partie

Ce n’est pas par la nature du poison employé que se caractérisent les intoxications dont fje [ viens de parler et dont la diffusion croissante constitue un péril grave pour l’individu et pour la société. Avec ces mêmes substances, avec J'opiuin, l'éther ou le tabac, on peut s’empoisonner ou être empoisonné accidentellement ou criminellement, et alors cela ne rentre pas du tout dans le cadre des cas étudiés ici.

Pour appartenir à notre sujet, les intoxications doivent d'abord être volontaires et habituelles (par conséquent chroniques); il faut, aussi et surtout, que le but de l'ingestion du toxique soit, non le désir de destruction ou de diminution de notre vie, mais le désir de supprimer une ^douleur physique ou morale, de substituer, à une existence peu agréable ou insuffisamment heureuse, une période plus ou moins longue de plaisir, de bien-être ou d'oubli ; il faut que le but de l'intoxication volontaire et habituelle soit l'euphorie que procure 1 ingestion de ces poisons. La vraie caractéristique de ces intoxications est leur finalité euphoristique.

Cette recherche de l’euphorie artificielle persiste alors même que certains4 signes personnellement perçus et surtout les observations et les défenses formulées par les médecins font comprendre au sujet que la rançon de cette euphorie passagère est une déchéance grave et progressive de 1 organisme qui peut aller jusqu'à la mort. A l'origine de toutes ces habitudes dangereuses de poison, il y a t oujours un état d ame caractérisé par la faiblesse du caractère et la débilité de la volonté rationnelle, qui poussent l'individu à mal classer et mal hiérarchiser les mobiles et motifs de ses actes et l'incitent à rechercher une satisfaction immédiate, superficielle et courte, plutôt que d'éviter des souffrances prolon-

Page 1