Positionne la question générale de la dépopulation par
défaut de natalité.
L’objectif des devoirs familiaux étudiés dans les précédents chapitres est toujours la propagation, l'entretien et le progrès de T espèce humaine, le progrès de l'humanité et par suite X accroissement de la population humaine. Car il semble à première vue que le progrès de l'humanité sera d autant plus rapide que sera plus grand le nombre de ceux qui travailleront à sa réalisation.
Lepéiil principal pour la société de 1 inobservation des devoirs familiaux est donc tout d'abord la dépopulation.
C'est là une question générale qui intéresse donc tous les hommes ; mais c est aussi une question particulière qui intéresse au plus haut point les nalions. Car, si on peut, comme nous le verrons, discuter scientifiquement le danger qi,e cree dépopulation du monde pour l'humanité tout *entièie, il est impossible de contester le péril immense que crée pour un pays sa dépopulation particulière, la diminu-
la dépopulation
lion ou même le maintien ou l'augmentation faible de la population nationale, alors que la population augmente da vantage ou plus vite clans les autres pays.
\ La question de la dépopulation est donc grave pour 1 humanité entière et plus spécialement pour certains pays.
parmi lesquels se trouve la France.
« Un problème angoissant devrait seul occuper toute la pensée des Français, dit Bertillon : comment empêcher la France de disparaître ? Comment maintenir sur terre la race française? A côté de cette question vitale, toutes les autres disparaissent, tant elles sont secondaires » . La formule est peut-être un peu exagérée, mais le fond en est vrai.
La question de la dépopulation doit donc préoccuper et préoccupe en effet les hommes qui pensent dans tous les pays et spécialement ceux qui pensent en France.
Le péril, créé par la dépopulation, est d'autant plus menaçant qu’on a essayé de divers côtés et qu'on essaie tous les jours de justifier, de provoquer et d’accroître la diminution de la natalité par des procédés de tous genres : par des doctrines scientifiques (malthusianisme) et pai des doctrines non-scientifiques et criminelles (néomalt husianisme), qui
s'adressent ainsi par des voies toutes différentes à la raison et aux passions de l'homme et par suite aggravent singulièrement et constamment le péril.
11 est bon de dénoncer ce péril à cause de sa gravité, mais aussi à cause de sa curabilité. L'égoïsme et l'indifférentisme individuels pourraient se contenter, en constatant le péril, de dire: la dépopulation dans certains pays est une chose déplorable et profondément regrettable, mais inévitable ; c'est une loi de l'évolution historique des nations; les courbes de la natalité descendent constamment et régulière¬
ment dans les pays civilisés; il n'y a rien à faire contre cette
situation lamentable.
Cette proposition est moments de 1 histoire
une erreur scientifique : à certains d'un peuple, on voit très bien une