La finalité biologique individuelle
Des données de physiopathologie exposées dans le ch apiire précédent il est facile de déduire les devoirs biologiques du premier groupe, c’est-à-dire les devoirs relatifs au respect et à l’amour que nous avons de notre vie individuelle propre.
J ai dit, dons la première partie, que les devoirs biologiques résultent de la combinaison et de l’association des idées-lois universelles de la conduite humaine (idées de bien et de devoir obligatoire) avec les idées- lois plus particulières, découvertes et établies par la Biologie humaine. Dans le cas particulier, cette dernière idée-loi peut être définie idée-loi de la finalité biologique individuelle.
L instinct de conservation, U amour et le respect de sa vie individuelle, que nous avons étudiés dans le chapitre précédent, constituent bien une idée-loi, une idée-force, une tendance active de la vie individuelle à se conserver, à se défendre, à se développer et à s’accroître chez chaque individu.
. Malapert rapproche la tendance de l’instinct e( la définil
Grasset. — Devoirs et périls biol. fi.
« une aptitude motrice en des mouvements latents » ou mieux « une disposition naturelle ou acquise à exercer certaines fonctions définies, à produire certaines séries de phénomènes d’ordre biologique, biopsychologique et psychologique, tenant à la constitution organique et mentale de l'individu ». Parmi ces tendances, certaines sont « innées, primitives, des aptitudes que l’individu apporte avec lui à sa naissance » ; en tête de ces dernières, Paulhan place les « tendances ayant pour fin l’individu : 1° se rapportant à la vie organique (besoin de boire, de manger, etc.); 2° se rapportant à la conservation de l'espèce (appétit sexuel) ; 3° se rapportant à la vie mentale (exercice des sehs, de l'intelligence, etc.). »
De même, Ribot divise les tendances primitives, fondamentales, en trois classes : 1° tendances se rapportant à la vie de nutrition ; elles sont proprement biologiques et se réfèrent à trois moments principaux : recevoir, assimiler, restituer (besoin démanger, de boire, de respirer; digestion, circulation, sécrétions, excrétions); 2° tendances se rapportant à la vie de relation ; elles forment la transition entre le biologique pur et le psychologique et se réfèrent soit à la motricité (besoin de se mouvoir), soit à l’exercice des divers sens; 3° tendances proprement psychologiques, ayant pour centre l'individu en tant qu’être conscient... Ribot en compte sept fondamentales savoir : a. l'instinct de conservation sous sa forme défensive, se manifestant par l'émotion de la peur; b. l'instinct de conservation sous la forme offensive, se manifestant par l’émotion de Ja colère; c. la sympathie et l'émotion tendre; d. bamour du jeu; e. la curiosité ; /V l'amour de soi (au sens psychologique); g. l’appétit sexuel,
Malapert divise ces tendances en quatre classes, dont les deux premières nous intéressent ici : « 1 . à la racine même de la vie sensible, nous rencontrons toute la série des tendances à peu près exclusivement physiologiques ou besoins-
devoirs biologiques individuels 83
qui tendent à la conservation de l'indi-
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de plaisirs et de douleurs organiques et que for, pourrait subdiviser en trois genres, d'après la distinction des fonclions biologiques : nutrition, reproduction, relation. -
‘ une seconde classe comprendrait les inclinations d'un caractère plus expressément psychologique et qui gravitent autour de I instinct général de conservation psychologique le besoin du bien-être, la tendance à exercer 'les diverses fonctions mentales au profit de l’individu même. Ce sont des penchants moraux d'un caractère personnel. Elles trouvent leurs racines dans les précédentes et, en se compliquant, en s enrichissant, viennent s’épanouir dans des régions plus
Au fond tout le monde est d’accord pour admettre l’idéetoi de finalité biologique individuelle: chaque homme porte en lui une idée directrice ou une tendance active, qui oriente tous ses actes vers la conservation, la défense, l’accroissement et la transmission de sa vie propre. Cette loi bioionique s’impose à l’homme comme à tous les êtres vivants comme un caractère inhérent à sa nature même; mais elle ne s’impose à l’homme de cette manière que pour certaines fonctions (digestive, respiratoire, nutritive). Pour d’autres fonctions, qui sont les plus importantes (fonctions psychiques supérieures), cette même loi ne s’impose que d’une
màmère contingente et inconstante, en passant par la volonté autonome. De plus, ces fonctions psychiques interviennent meme dans les fonctions du premier groupe (fonctions splanchniques de digestion, respiration, nutrition) ; de sorte quen definitive, dans toutes les parties de la vie humaine la loi de finalité biologique n’est pas obéie fatalement comme chez les autres êtres vivants; elle se présente seulement à la volonté de l’homme comme une chose vraie et bonne Ainsi présentée, celle idée-loi de finalité biologique indivi duellc rencontre l’idée-loi antérieure de bien et de devoir
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obligatoire ; les deux idées-lois se combinent et s’associent et, ainsi se forme le devoir biologique de la conservation, du respect, de l’ amour et de V accroissement de sa vie individuelle chez chaque individu humain.
En d’autres termes, tout homme doit conserver sa vie, ne pas la détruire ni la diminuer ni la raccourcir ; il doit l’aimer, la développer et l'accroître au double point de vue physique et psychique ; il doit la protéger et la défendre contre tous les étrangers nocifs qui pourraient la menacer... Le devoir biologique individuel se résume dans le devoir
antixénique .