‹ Devoirs et périls biologiques [microform]Chapitre 3 sur 135 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Montpellier^ septembre 1916.

Ouoique ce livre ait élé écril, en grande partie, pendant la guerre, on ne peut pas dire que la doctrine en a été inspirée par la guerre. Mais on peut nettement dire

que la guerre a donné une ai tualité tragique et saisissante aux problèmes qui y sont étudiés et une importance toute spéciale à la solution qui y est proposée.

Au mépris des devoirs biologiques, que j'étudie, sont

dues en^ effet les faiùksses de ravaiit guerre et les criminelles atrocités de la guerre, A la même étude se rattachent naturellement les leçons de l'après guerre.

Pour que ces leçons soient entendues et profitables il faut qu'elles soient données au nom d'une autorité indiscutée. Cette autorité, j'ai essayé de la trouver dans la science positive et expérimentale ou plutôt dans une

science particulière : la Biologie /iumahie\

Vodà l'idée qui domine toute la doctrine ' développée dans ce livre ; il nous a semblé que la guerre n'en con-

tre-indiquait pas, mais en rendait au contraire plus

opportune, la publication.

i. La Bi^iogie humaine. Bibliothèque de philosophie scientifique. 1917.

ri

La guerre a surpris rhumanité eu pleine anarchie

morale.

Non certes qu on ne connut pas les lois de la conduite

humaine. Les individus et les nations n'ignoraient aucun des préceptes de la morale. Ceux qui voulaient les appliquaient. Mais il n'y avait pas une autorité indiscutée, universellement acceptée, qui fut susceptible

d'imposer cette morale à tous.

Seule, la science, — j'entends la science positive et expérimentale — pouvait imposer ses lois et ses préceptes aux gouvernements et aux peuples. Mais cette science se dérobait : nous la proclamions, tous à l'envi, immorale ou tout au moins amorale.

De fait, hypnotisée par les découvertes sur révolution

des espèces et les analogies morphologiques, la science confondait Thomme avec tous les êtres vivants et même avec tous les corps inanimés ; il n'y avait de science de

l'homme que la biologie générale et même le monisme

physicochimique. Or, la loi générale, universelle, de la nature est la lutte, la bataille, le règne et la suprématie du plus fort.

Celle science ne pouvait donner aux individus et aux nations qu'une seule règle de conduite : Tégoïsme ; el une seule loi : la force prime, fait et remplace le droit.

Les conséquences logiques de cet enseignement scientifique de la morale étalent faciles à prévoir.

Aux individus cette morale disait: si lu vois dans l'alcool, la morphine ou la cocaïne le moyen de vivre

plus agréablement, si lu aimes mieux fuir par le suicide

les difficultés et les devoirs de la vie, si tu ne veux pas alourdir ta lutte pour la vie en fondant une famille, en donnant au pays et eu élevant fortement beaucoup d'eu-

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