‹ Devoirs et périls biologiques [microform]Chapitre 4 sur 135 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

fants, si l'amour de la patrie et la préparation de^ guerres de défense te paraissent des principes surannés et inutiles... rien dans la science biologique générale, rien en physicochimie ne s'oppose à ce que tu suives ton penchant, comme tous les autres êtres vivants; comme tous les corps de la nature tu n'as qu'à suivre ton instinct et ta destinée fatale : tu n'as pas plus de liberté et de responsabilité que Tarbre ou le caillou.

Aux nations cette morale disait : arme-toi le plus fortement possible contre les autres nations ; lu ne dois avoir qu un but el un objectif: écraser, subjuguer et dominer les autres nations ; peu importent les moyens employés, pourvu que tu obtiennes ce résultat. La victoire par la force étant le seul but à atteindre, tu peux préparer la guerre par l'espionnage et l'invasion dissimulée et occulte des autres pays, tu peux déclarer la guerre sur un motif futile ou sans motif quand tu croiras

rheure propice, tu peux faire la guerre en déchirant les traités, en violant les pays neutres, en massacrant les non-combattants... si cela te paraît la condition d'un

succès plus complet et plus rapide.

En d'autres termes, s'ils s'appuient sur celte science, les gouvernements et les peuples n'ont plus de raison d'admettre et de respecter obligatoirement une morale

«'appliquant à l'humanité tout entière et s^ imposant aux forts comme aux faibles \ Us ne consulteront plus que leur intérêt particuHer «c^w^/^ plus ou moins inteUigemment compris; la vraie morale sera foulée aux pieds et

ce sera non seulement le triomphe en fait de la force injuste t brutale et de la barbarie cruelle, mais ce triomphe scientifiquement justifié y érigé en loi et endoctrine, comme base unique du droit.

-la^

Si

C'est en effet là vraiment ce que démontrent les événements de ces dernières années.

De tous temps il y a eu des barbares et des criminels ;

dans toutes les guerres il y a eu des pillages et des félonies. Jamais on n'avait vu les représentants de la science, de la pensée et du droit proclamer solennellement, du haut de leurs chaires, qu1ls prennent la responsabilité de ces crimes et de ces traîtrises et enseigner la doctrine de l'immoralité...

De même, pour la morale individuelle : de tous temps

on a violé les lois de la famille et de la paternité, on a

attenté à sa vie ou à celle des autres... Mais on se savait, dans ces cas, en désaccord avec la loi morale que Ton considérait alors comme loi religieuse venue

de Dieu. Aujourd'hui on ne trouve aucune condamnation dans la morale biologique ou scientifique, puisque la science de l'homme des monisles ne donne comme directive à la vie de chacun que son intérêt personnel

et immédiat.

Constater et stigmatiser ces faits douloureux ne suffît pas ; il faut que cette leçon de la guerre suggère un

remède d'après g aerre ; il faut, en se plaçant toujours sur le même terrain c'est-à-dire uniquement sur le terrain de la science positive et expérimentale, démontrer que la science peut servir à édifier une morale, sinon complète,

du moins très compréhênsivê.

En comprenant la science de P homme — comme elle doit être aujourd'hui comprise — comme une science distincte de celle du reste de la nature, on peut donner

cette Biologie humaine comme base très solide et indiscutée aux sciences morales et sociales.

Je ne dis pas que tous les devoirs de l'homme puis-

PRÉFAGE

sent être ainsi étayés sur la science positive et expérimentale ; mais le but de ce livre est de montrer que nombreux sont les devoirs biologiques c'est-à-dire les devoirs que la Biologie humaine édicté et graves sont

les périls que l'inobservation de ces devoirs fait courir aux sociétés humaines.

En parcourant la table des matières, on verra que

dans cet essai de ?norale biologique il y a une tentative de prophylaxie et de thérapeutique contre les plus terribles lléaux qui menacent, atteignent et détruisent l'humanité actuelle : le suicide, les intoxications volontaires euphorisliques et habituelles (alcool, morphine, cocaïne...), l'égoïsme social, Pantialtruisme, l'homicide, l'irrespect de la famille, la dépopulation, les maladies

sociales (tuberculose...), ranticivisme,ranlipatriotisme,

la démoralisation internationale

J'essaie de montrer dans ce livre que tous les périls sociaux sont liés à l'inobservation, par les individus et

les nations, de devoirs biologiques c'est-à-dire de

devoirs imposés, à tous, sans discussion possible, par la seule science, positive et expérimentale, de l'homme ou Biologie humaine.

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