ÉTHER
seul n'entraîne pas habituellement la déchéance physique et psychique, qui menace et atteint si souvent les alcoohques
et les opiomanes. Mais il ne faudrait pas en conclure que
réthérisme n'est pas un péril individuel et social, cons.dé-
lable et croissant.
„ Le nombre des buveurs d'^ther, dit CKasscvant, aug-
,„ente chaque année : ils se recrutent dans la classe pauvre en Ecosse, en Irlande et en Prusse ; dans les autres pays,
en France notamment, ce sont les gens riches, surtout les femmes, qui satisfont cette passion. L'augmentation de létt\éromanie, en Irlande et en Prusse, reconnaît une cause
.Vononiique. Les malheureux demandent à l'éther une
ivresse à l)On marché que leurs maigres ressources ne leur nermetlenl pas d'obtenir avec l'alcool. Colin, qui a jet.!- le
,ri dalarme, constate .[ue la consommation de l'éther ne cesse de croître dans la population rurale de la Prusse ; car
un litre d'alcool coûte 1 fr. 50, taudis qu'un litre d'éther ne
coûte qu'un franc. »
En France, les causes de la diflusion de l'éthéromanie
sont tout autres. Ce n'est pas par économie que l'on s ethe-
rise; c'est par snobisme, par tempérament psychonévros.que. pour fuir, un moment, les ennuis et les devoirs de la vie et l>our se procurer des satislactions et des jouissances superficielles et courtes. CeMe mallieureusc habitude s'est beaucoup développée dans ces derniers temps parmi nos jeunes gens intelligents et cultivés, parmi nos étudiants, avec (le plus souvent) la complicité et à linsligation des demi-
mondaines.
Si les dangers de déchéance organique et de dégénérescence psychique sont moindres avec l'éther qu'avec l'alcool ou avec l'opium, le péril de psychasthénie et de débilitation mentale progressives (n'en existe pas moinS. Oo a mOinS de motifs en général pour s'élhériser au début que pour se morphiniser ; aussi le fait indique-t-il un défaut plus accentué de résistance morale, un état de débilité psychique plus
INTOXICATIONS VOLONTAIRES EUPHORISTIQUES
gTarâde, lan tempéi-ament tox;icomane plus acct?nlu«î. Et
alors le besoin Je récidive et d'a^igravation, quoique moins
marqué qu'avec les autres poisons, s'impose tout aussi éner-
g'iquemenl à la volonté du maliieureux qui a commencé.
F*oui- se procurei- dt; l'ôtfifr- on clt-pense tout l'argent
qu on a et panois celui qu on n a pas. on en arrive aux indi^-
licatesses, au vol au crime, à la désertion (j'en ai vu des
exemples). !si, malgré ions cou moyon«, on n arrive pas au
but fiésiré ou si ou rtSpu^ue à ces moyens, on peut aboutii-
au suicide. Que de Fois on a Irouv é Je niallieureux jeunes
gens morts dans leur lit, le flacon d'éther ouvert à côté d'eux,
sans qu on sache parlois si la mort a ott» acciJentelle ou
volontaire, mais la nnort étant toujours la conséauence de
la pernicieuse habitude prise.
Les accidents directement produits par l'éther peuvent
«l ailleurs être singulièrement aggraves par i association, très tréc|uente, d'autres poisons euplioristiciues. Avant ou
apW's l^Uhéromanie, les sujets ont souvient été victimes d^une
autre forme de dipsomanie (morphine, cocaïne...).
On eonsoimiie l'éthei-, soit en inhalation, soit en boisson;
au bout d'un certain temps, on associe le plus souvent les deux modes d'ingestion.
Ce que 1 on recnercne a aoor«l et lial^îtuellenïent, c'est l'ivresse particulière aue donne l'éther, ivresse analot»ue ïi
celle du chloroforme et que l'on peut appeler ivr'esse c/e.s
anesthmqaçs.
L'action anesthésique de Téther diffère de celle du chloroforme « en ce que l'apparition de Tanesthésie est moins
rapide et sa durée moindre ». Au développement de cette anesthésie on distingue trois périodes : « 1*' une excitation,
due, soit à 1 action de 1 éther sur les voies respiratoires, soit
à une impression sur les éléments nerveux; 2® une période de diminution de la sensibilité, sans que les mouvements réflexes soient nécessairement anéantis ; d° une période de