‹ Devoirs et périls biologiques [microform]Chapitre 31 sur 135 · suspension des fonctions de la protubérance, perte des · texte numérisé non relu

suspension des fonctions de la protubérance, perte des

impressions senS.I.VCS, W^M ', 3° dCliOIl m le« -ntre.

Cérébro-spinaux excilomoleurs, résolution n.uscuia.re, « .u.p«n.ion Jos fonelions du bulbe el des nerfs du sys-

Tènie orgatûciue, cessation de la respiration, arrêt du cœur,

mort ». 1 •' ^o

L'élh.5roniane ne ciierclie évidem.ueui 4ue les preuue.es pA-ioJes Je cette action ; il ne veut que l'ivresse, cette .vresse

qui est plus rapide à se ntianifester c^ue celle de 1 alcool

! les songes elles ballucmai.OUS pl'OVOqUt'S SOfll plUS 091118

et plus légers : de plus, eelte ivresse(de l'éltier)dure motns ,o',.e„.p. 6.ue celle Je lalcool) ol. au réveil, on ne ressent

ni 1% mal de tète ni l'en^pà tendent de la bouclie tiue produit

l'ivresse alcoolique ».

Mais le tableau ci-dessus iiionli'e que facilement on peut

J^pa..er la n.esure ; rétiter conlinué peut atteindre les

centres ...esooépl.aliques et et.tram„. la mort. C« danger est

d'autant plus redouiaUe que h poison iineslbesie elcndori,

nue par suite on ne peul pas (qilaud on esl seul) en arrêter

.....eaion i un .noment Jonrà : el l'élber conlinuo alors son

oeuvre de wiort sur le mall^eureux anestlxésié et endormi

,„i eontinuo à i'!ni.aier. C'o.t ulnsi ^ 1^ oiorlpeul arpiver

sans 4Ue le sujet la souhaite et lait désirée et *t propos d une

inhalaliou qt.il considérait comme un plaisir inollensil ^

En dehors de cet accident brusque et terrible, les nihalalious répétées d'éther entraînent des symptômes d'mtox.calion chronique, qui portent sur toutes les fonctions et sur

la nulntion dans son Pnseilible ! à cc poinl dc vue, on a pu

(lire que « les niéfails de l'ivresse éthérée sont encore plus considérables que ceux de l'alcoolisme. L'éthéromane se cacbeclise rapidemmenl el est atteint latalement, dans un

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174 INTOXICATIONS VOLONTAIRES EUPHORISTIQUES

délai très court, de troubles nerveux et de troubles

cérébraux ».

On voit que, à côté et à la suite de l'alcool et de Topium,

l'étlier mérite bien d'être sig-nale comme un danger individuel el social, comiiie un poison euphoristique, dont Tusage

volontaire el babituel constitue un péril biologique de la plus haute importance.

3. Cocaïne, cocaïnomanie et cocaïnisme. A. Historique. — L'alcoolonianie est aussi vieille que h;

inonde ; la morphinomanie, récente elle-même, se rattache

aux temps anciens par l'opionianie. L'intoxication, babiluelle et eupboristique, par la cocaïne, naturellement plus récente que la découverte de cet alcaloïde, peut être rattachée à

l'usage et à Tabus, déjà ancien, des feuilles de coca.

« Les habitants de la Bolivie, du Pérou, de la Nouvelle- Grenade (Colombie), du territoire argentin, employaient depuis un temps inmiémorial les feuille de coca {eruthtoxulon

coca. Lamarck) mâchées avec de la chaux ou avec les cendres alcalines de certaines plantes (llipta), comme excitant el

réconfortant, pour supprimer les sensations de fatigue, qui accompairnent les longues marches et les dépenses de force

considérables, pour atténuer le mal des hauteurs, le terrible sorochè, pour faire disparaître ou rendre supportables les

sensations de faim et de soif. Cette opinion des vertus de la

coca a pris, à notre époque, une forme plus scientifiijue : on

a dit que la coca était un antidéperditil", un aliment d'épargne typique... Incidemment les chiqueurs de feuilles de

coca avaient constaté Taction anesthésique de celte substance sur la muqueuse buccale. Le premier efl'et qu'ils ressentent en effet est une impression de chaleur et d'engourdissement de la langue et du pharynx; bientôt après se manifeste une stimulation générale. »

« En réalité. contintieDastre, c'est seulement un excilanl

et il offre les seuls avantages des excitants généraux, avec leurs inconvénients; c est-à-dire qu'à la longue il devient, en définitive, un agent d'épuisement, dont l'usage continué

conduit \ la maigreur excessivG, au mamsme et à la ruine

physiologique ; les vieux coqueros en fournissent un exemple

frappant. »

L'alcaloïde cocaïne de la coca a été découvert et nomme

en im par Wlemann. Âvee ralcaloïdo, on commence

(1862) l'étude de l'action sur la muqueuse buccale, étude qui se développe à partir de 1884 (KoUer) pour toutes les actions anesthésiques locales. Jusqu'en 1889, on voit dans cette substance un curare sensihf, polson JeS SGuleS terminaisons sensitives; puis on tîtudie l'action anesthésique

i;énérale. Plus lard, on a vu et décrit les périls de l'absorption de la cocaïne, même à faible dose. Enfin on a constaté et étudié l'intoxication chronique liaLltuelle par la COCaine

à partir de l'époque ou on a conseiUé de substituer la cocaïne à la morphine dans les cas de morphinomanie que l'on voulait guérir.

On a administré alors la cocaïne soit en Injection liypoder-

niiquc soit par restomac. « En AUemagne, Schmidl l'a

employée en injections sous-cutanées à la dose énorme de lo et 20 centigrammes. C'est surtout en Angleterre et en Amérique que cette substitution de poisons a été tentée.

Loin d'apporter un remède à la morphinomanie, on a au contraire ajouté à une intoxication une autre intoxication, peut-être plus grave que celle qu'on voulait combattre

(Pichon). Les morphinomanes arrivent aujourd'hui à ajouter

de la cocaïne à la morphine qu ils s'injectent. »

B. Actions physiologiques. — Dastre classe sous trois chefs les traits principaux de l'action de la cocaïne : l'agitation,

l'analgésie plus ou moins complète et la vasoconstriction.

L'agitation (aux doses de 12 à 15 centigrammes) se manifeste chez l'homme par des phénomènes d'excitation et par-

m INTOXICATIONS VOLONTAIRES EUPHORISTIQUES

ticulièrement un tremblement des mains, qui survient environ une demi-heurt^ après rinjeclion.

La cocaïne est un anesthésiant analffésiant général comme l'éther et le chlorofarme. Mais, chez l'homme, même

dans les cas d'empoisonnement, les doses sont rarement

assez fortes pour (|ue Ton observe rinsensibilité. Ce qui est au contiaire très net et hien utilisé, c est Taction analgésique locale soit à hi peau et aux muqueuses par une injection

hypodermi(iue, soit au globe oculaire (cornée et conjonctive) par une instillation, soit sur la langue ou dans les fosses nasales par un hadipeonnape, soit dans la moitié inférieure

du corps par une injection dans le rachis après une ponction lombaire (racbicocaïnisation).

La cocaïne est en même temps un vasoconstricteur soit en action locale sur une muqueuse (antihémorradque) soit

après ingestion g-énérale : « les muqueuses sont décolorées,

chez l'homme, la face et les mains sont d^une pâleur extrême ;

Toreille et les extrémités sont froides. Le sujet ressent une impression de froid, quoique, comme dans le premier stade

de la fièvre, la température centrale soit élevée ».

C. Intoxication aiguë et chronique. — C/est surtout eu injection hypodermique que la cocaïne est employée dans '

les cas d'intoxication volontaire et liahituelle.

« On n'entre pas dans le cocaïnisme par la douleur, dil

Brouardel; ce n'est pas non plus pour recbercber le sentiment d'eupliorie ou de rêve agréable qui réjouit le morphinomane et que la cocaïne ne peut procurer; c'est tjénéralement par la morphine que Ton arrive à faire de la cocaïne. Tantôt,

comme je Tai indiqué plus haut, c'est pour sevrer de la

morphine que Ton injecte la cocaïne ; lantol c'est accidentel-

lement que l'on passe d'un poison à l'autre : un malade, dont Fcard a rapporté l'observation, avait essayé de la

cocaïne pour obtenir des selles plus faciles et plus régulières,

il avait cru constater que l'emploi alterné de la cocaïne et

Je la morphine lui faisait retrouver les effets euphoriques de

cette dernière j mais, par la suite, jugeant que les effets dus à lîi cocaïne étaient plus prompts et plus énergiques, il en était arrivé à accroître progressivement les doses de cocaïne

pendant qu il diminuait celles de la morphine ; et il avait (ini par supprimer complètement celle-ci. »

L'injection hypodermique n'est pas le seul mode d'absorption du poison : Marfan a observé un homme qui absorbait,

par le nez, jusqu'à 3 grammes de cocaïne par jour. Cet homme avait engendré deux enfants idiots, conçus depuis (lu'il était cocaïnomane. Icard cite le cas d'un médecin, qui avait toujours sur lui une certaine provision de cocaïne

et d'eau distillée et qui, à chaque instant, préparait sa solution dans le creux de sa main et l'aspirait ensuite par le nez. l ne sorte d'épidémie de cocaïnomanie nasale, sévissant

surtout dans certains quartiers de Paris, a été, dit Régis,

signalée par Briand et Vinchon, Beaussart, etc.

Par la bouclie, on peut, à la suite ou sous prétexte de lésions de la gorge ou de l'estomac, abuser de la cocaïne sous forme de pastilles ou de vin tonique (à base de coca) ;

dans ce dernier cas, Talcool joint son action nocive à celle de la cocaïne...

La toxicité (dose toxique) de la cocaïne est difficile à déterminer parce qu'elle varie beaucoup avec les individus et surtout avec leur entraînement à sVmpoisonner.

« Des doses de 2 centigrammes ont déterminé, chez des femmes et des enfants, des troubles graves. Abadie a publié

un cas de mort à la suite d'une injection de 4 centigrammes dans la paupière supérieure... On connait d'autre part des

cas de guérison après injection d'un gramme de chlorhydrate de cocaïne... Une injection uréthrale de 80 centigrammes a

tué un homme adulte en vingt minutes » (Wurtz).

Tout cela s'applique aux sujets neufs. Les cocaïnomanes

qui s'entraînent et augmentent graduellement les doses acquièrent une tolérance extraordinaire et finissent par

Gra.sset. — Devoirs et périls biol.

178 mTOXIGATIONS VOLONTAIRES EUPHORISTIQUES

absorber des quantités invraisemblables. Le malade observé par Icard était arrivé à la dose formidable de 18 à 20 grammes par jour.

Dans les symptômes du cocaïnisme aigu je ne parle pas

de ranesthcsie locale obtenue avec les doses tbérapeutiques. La première injection un peu forte (4 à 5 centigrammes) de cocaïne produit une ivresse que Ton a opposée à celle

de la morphine et rapprochée de celle de raleool : « les yeux

sont rouges, la face animée, les oreilles bourdonnent, le sujet devient très loquace... il ne tient plus en place et sent une énergie surbumaineTenvabir; il est obsédé par le besoin

d'agir et de parler. Mais cette agitation dure peu et cesse

au bout d'une demi-beure environ pour faire place à une sensation très désagréable d'extrême lassitude, pendant laquelle le sujet, très inquiet, ne se trouve bien ni du mouvement, parce que ses jamhes paraissent fléchir SOUS lui, ni du repos parce que son cœur, ne cessant de battre avec

rapidité, augmente son angoisse dans la station couchée. Si l'injection a été plus forte, quinze à vingt minutes après,

le sujet éprouve encore, mais hion plus forte cette lois, une sensation d'angoisse précordiale en même temps qu'une

sorte d'anxiété poignante tout à fait analogue à celle de l'angine de poitrine » ; palpitations, nausées, vomissements, respiration haletante, pâleur de la face... Dans les cas plus

graves, respiration irrégulière, sueurs froides, extrémités

glacées, pouls petit et filiforme, lipotbymie, collapsus, syncope cardiaque... action vasoconstrictive généralisée et

intense avec Kyperthermie (iO®).

Si l'absorption du poison est plus graduelle et progressive.

apparaissent les troubles psi/càïques : excitation générale et agitation à type maniaque ou, dans d'autres cas, dépression plus ou moins profonde, voisine de la stupeur. Cette forme

peut succéder à la première. Si les doses s'accumulent

encore, surviennent : les hallucinations, ayant pourpoint de départ la sensibilité de la peau (picotements, vermine grouil-

liinte sur son corps) ou les sens (vue, ouïe, odorat); ces liallucinations peuvent être terrifiantes; — les délires, diiTus et de courte durée (comme dans les autres intoxi-

cntions); - Ips tmil) les moteurs : rarement, paresie ou

paralysie 5 souvent, convulsions toniques ou cloniques (tétanifornies, épileptiformes, contractures généralisées, bystériformes).

Si la mort survient, c'est dans le collapsus ou dans un

élat de mal comitialiforme : eUe peut survenir immédiatement ou après quelques minutes ou après quelques heures (jusqu'à huit heures).

Le eocaïnmie chronique, Continue Icard, donne lieu

à des troubles tout à fait comparables à ceux du cocaïnisme aigu, dont ils ne diffèrent [que par leur permanence et leur gravité, liée elle-même à celte persistance : au

Jéhut, excitation, agitation, fébrihté, insomnie... c'est

{activité eupborique des Indiens ^qui chiquent la coca

— Puis, fourmillements, picotements, démangeaisons ; troubles de la vue, de Touïe, de Todorat, illusions et

liallucinations diverses; délires hypocondriaque, de persécution; épisodes d'excitation aiguë pouvant nécessiter

l'internement...

Ce qui ditTérencie le cocaïnisme chronique et qu'on ne

peut pas retrouver dans le cocaïnisme aigu, c est « 1 attemte

plus profonde de l'organisme en général, c'est la déchéance

progressive des diverses fonctions intellectuelles et physi- ({ues. La dépression intellectuelle alterne avec les phases

d'excitation et tend à devenir constante » î alFaiblissement

de l'intelligence, de la mémoire, démence, diminution des

sentiments atîectifs, de la volonté ; découragement (à peine interrompu par de courtes périodes d'activité pour se procurer le poison) ; — en même temps, troubles nutritifs

progressifs aboutissant à la cachexie et au marasme : défaillances cardiaques, petitesse du pouls, syncopes fréquentes ;

appétit nul, diarrhée habituelle, vomissements, haleine

[80 INTOXICATIONS VOLONTAIRES EUPHORISTIQUES

fétide, suDictère, yeux caves, pommettes saillantes; impuissance génitale alternant avec des périodes trexcitation de courte durée...

(( Ce qui fait la s^ravité parliculinv du cocaïnisme chro

nique, dit Wurtz, c esl que la guérison semble être, jusqu'à présent, impossible. Un morpliinomane. qui est parvenu à se guérir de ses injections, pourra ne plus y retourner;

un cocaïnomane y retournera sùiviiiiMit (Eiienineyi'r.

Fiction). »

De tout cela nous pouvons conclure avec Régis que l<i cocaïne doit être considérée « comme l'agent d'une intoxi

cation grave qui exerce sur récoiiomie des ravages, aussi

rapides que profonds » el qui occupe une place, ii.ialbeureu sèment importante, parmi les poisons eupboristiques volontaires et babituels qui créent un grave et croissant péril poiii' rindividu et pour la socu'lé.

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