C. Tempéraments anti-altruistes avec responsabilité. Les
criminels et les anti-altruistes ne sont pas tous des malades.
— De ce que je viens de dire des anti-altruistes aliénés on
deiiiilotis il n«' raudrait pas concliiro que tous les criminels
d tous lo^ anti-nllruishs sont invsponsalih's ou ont une
responsabilité atténuée.
Depuis les fra\aux tir Lonibroso et de son éeole on eonnait bien les criminels nés c'est-cVdire les dégénérés (plul()l
(leiiiifoiis que fous) chez lesquels le crime est une manifestation de la dégénérescence connue les autres stiiiniales
pbysiques ou psycin(|ues de la maladie. Ce «groupe existe v\ Lombroso a ren<lu un «^rand service en le caractérisant.
Mais il secail antiscienlilKine Je <ln'e ((ue la cliose est générale et que la lespoih^abililé de tous les criiuinels H de tous
les anli-allr'uistes est abolie ou diminuée.
D'abord ce serait une erreur « de pensi'r (ju'il existe une lolie spéciale ayant pour symptôme la tendance au crime
c'est-à-dire une psychose eriniinelle piiiv... Il est possible.
il est proI)«ible même que certains cîu-actères de dé"^énérescence se retrouvent plus fré(|uenHnent dans une vari('t«'' morbide deternnnét'. i-approcbani entre rux ses divers
ineinbivs et que rexatiéralion de la gnmde envergure, lasy
inétrie du visage, la saillie i\vs ponnnettes et des arcades sourcilières. la grosseur de la mandibule, la présence de la fossette sous-occipilale et de l'appendice leniurîen. pour ne
citer que ceux-là, s'observent surtout chez les dégénérés criminels. Mais ce n'est pas une raison pour voir dans la dégénérescence des criminels un vice tératologique spécial
relevant d'une ctiuse à part, telle, par exemple, que le refour
à l'étal sauvage aneestral... Le criminel né n'est qu'un dégénéré instinctif, comme Taliéné persécuteur est le dégénéré intellectuel et raisonnant » (Régis).
AUX DEVOIRS INTERINDIVIDyELS
Donc, d'abord le crime d'aliéné n'est pas l'expression d'une forme spéciale et distincte d'aliénation mentale. En
second lieu, le crime et l'anti-altruisme ne sont pas toujours des manifestai ions d'une forme quelconque d'aliénation mentale ou de semi-aliénation. 11 n'en est pas moins intéressant — il n'est même que plus intéressant — d'ana-
lyser l'état psychique des sujets, qui commettent des attentats contre lotirs somhlablos. On ne peut espérer conjurer le
péril croissant (lue ces attentats constituent pour les individus et pour la société qu'en connaissant et signalant bien
haut Tétai psychique cause de ce péril.
Tout homme a, comme je Tai dit. inscrite formellement
au fond de sa conscience, la notion des devoirs inlerindividuels obligatoires ; plus ou moins nettement et consciemment il sait qu'il doit respecter, aimer et aider la vie des
autres. Uéducalion. l'inslniction. la connaissance des lois
aéveloppenl en lui cette notion (|ui résume l'objectif altruiste de la vie individuelU'.
En même temps, dans les détails de la vie quotidienne,
les tentations et les désirs sont fréquents de ne pas ohéir à celte loi morale sociale : souvent l'intérêt personnel immédiat semble exiger l'irrespect de la vie du voisin ; ce voisin peut avoir paru gêner votre propre développement, il apparaît comme un ohstacle qu il tant supprimer ou amoihariP
pour taire réussir votre propre C/urrière; le voisin peut vous
avoir fait quelque tort, causé quelque déplaisir : on a le désir de le punir, de se venger de lui... On peut éprouver pour le procliain une véritable haine, qui pousse a le frapper, à le
blesser, à le tuer.
Si on a une volonté bien trempée, solidement soutenue par la notion complète des devoirs interindividuels, on
résiste à ces tentations, on se garde de voler son procliain,
même s'il est plus riche que vous et si sa fortune est de
nature à bien améliorer votre situation ; on se garde de le tuer, même s'il vous gêne dans votre carrière, même s'il
Mintjruzziiii). soit uu'ils limitant leur manie à des objets d'un ordre déterminé (monokleptoeollectionnistes).