NOMBRE MOYEN DE NAISSANCES LÉGITIMES PAR MARIAGE
(d'après Levasseur.)
1826-1 S.'iO. . .
« Ce tableau est fort démonstratif. 11 montre que, depuis 1800-1805 jusqu'à 1906-1911, la natalité légitime par mariage a diminué de près de moitié; si Ton se reporte, connue
point de comparaison, au milieu du xix* siècle c'est-à-dire à la période 1851-1 865, la natalité légitime par mariage s'esl
encore réduite d'environ 27 à 28 pour cent. »
On voit coiid)ien est préoccupante pour 1 avenir du pays
cette décadence de la natalité par ménage. On comprend en effet que, « pour que la population se soutiemie. il faut que le nombre moyen des enfants par mariage contracté ne tond)e pas au-dessous de 2 ». Encore ce dernier cbiffre ne suffirait il pas à cause du nombre des célibataires, que Ton peut
difficilement compenser par les naissances illégitimes. En
tous cas, « en adnietfanl (jue dans la France contemporaine, les naissances naturelles puissent pourvoir au remplacement des adultes célibataires, il faut pour remplacer les gens mariés qu'il y ait tout au moins deux enfants par mariage ; or, on est tout près de tomber au-dessous de celte
proportion et il est pres(|ue certain qu'on y tombera pro-
cbainement ».
Cette marclic: décroissante de la nalalilé en France devient encore plus importante et préoccupante quand on la compare à la marcbe de la natalité dans les autres pays.
Aux pages 238 à 241 de son livre, Leroy-Beaulieu donne des tableaux indiquant les rapports des naissances à la population de 1874 à 1910-1911 chez les diverses nations européennes et quelques états nordaméricains (mort-nés non
compris) : il y a une très grande inégalité entre les divers pays, le taux des naissances étant plus que double dans certains de ce qu'il est dans d'autres.
Le taux « énorme » des naissances, entre 40 et 50 pour mille et même un peu au delà est atteint par les pays de Torient de l'Europe, la Russie en première ligne où 1^ taux
des naissances llolte aux environs de 30 pour mille, la
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Serbie, la Roumanie, la Hongrie (avec fléchissement pour ce dernier pays depuis le débutd u siècle). — Un moment, 1874 à 1876. l'Empire germanique a francbi la limite inférieure de
ce taux énorme (période deréparation de la guerre de 1870-^
1871). Jusqu'en 1898, il se maintient dans le groupe du taux « très élevé », 36 à 39 pour mille, qui comprend ritalie,
rAulricbe. l'Espagne et, pendant les premières périodes
triennales la Hollande et la Finlande. — Le taux « élevé ». AO à 35 pour ujille, comprend l'Empire germanique de 1898 à 1910 et jusqu'à la lin du xix* siècle, TAngieterre, I Ecosse, la Norvège, la Grèce (pour plusieurs de ces pays.
seulement pendant les périodes triennales du début).
Ce n'est que tlans le groupe inférieur, au taux « modéré » <le23 à moins de 35 pour mille, (jne nous trouvons /a France
avec rirlande et le Massacliussetts. Mais la France n'est
restée au-dessus de 25 pour mille que jusqu'en 1879; puis elle est tmnbée à 2i,9 (1880-1882), 24,7 (1883-1885), 23,7 (1886-1888). 22.5 (1889-1892), 22,3 (1893-1895), 22,2 (1896-1898). 21.8 (1899-1901), 21,2 (1902-1904), 20,3
(1905-1907). 19,8 (1908-1910), 18.7 (1911) — c'est-à-dire qu'elle est passée dans la catégorie du taux « très bas » des
naissances, au-dessous de 25 pour mille dès 1882 définitivement et même au-dessous de 20 pour mille en 1907.
1909, 1910 et 1911.
Comme résumé de la situation, si nous prenons la dernière ligne borizontale du tableau, moyenne des naissances
par mille babitants pour la période 1908 à 1910, nous voyons
les Etats se classer ainsi : 1. Roumanie: 40,8 pour mille;