Hongrie: 36,8; — 3. Serbie: 36,7; — 4. Espagne
— 5. Autriche: 33,2; — 6. Italie: 32,9; — 7. Empire germanique: 31,6; — 8. Finlande: 30,8: — 9. Hollande: 29,1; — 10. Danemark: 28,1; — 11. Ecosse: 27,2; — 12. Norvège: 26,1; — 13. Suisse: 26; — 14. Angleterre et Galles: 25,9; — 15. Suède: 25,4; — 16. Belgique: 24,3;
— 17. Irlande : 23,4; - 18. Frame; 19,8.
b. Conséquences de cet affaiblissement de la natalité en France. — Tl ne paraît pas nécessaire d'insistor pour montrer
Téloquence douloureuse de ces chiffres et retendue du péril que crée pour la France cet abaissement relatif morm^ de la natalité.
La première et bien ^rave conséquence est rabaissement
du chiffre des conscrits et par conséquent la diminution de
l'année. L'heure oîi j'écris ces lignes (janvier 1915) donne à la question un tragique intérêt.
Au lendemain de la guerre de 4870, dit Jacques Bertillon,
la France et TAllemagne avaient à peu près le même nombre de conscrits: 296334 en France et 330136 en Allemagne. En 1896, TAllemagne a moitié plus (448433) de conscrits que la France qui a gardé son chiffre d'autrefois et, en 1907- 1908, la France a 286183 et rAllemagne, 539334 jeunes
gens inscrits sur les listes : le second chiffre est double du premeer (exactement comme i 00 est à 53).
Cette conséquence militaire de la faitde natalité en France
est celle que tout le monde comprend le mieux, surtout à ce moment qui donne aux douces et dangereuses rêveries des pacifistes un si cruel démenti de fait et qui prouve, une fois de plus, que, si la force ne fait pas le droit, elle est
nécessaire pour faire prévaloir le droit...
Mais, quelque importante et primordiale (ju'elle soit, cette première conséquence n'est pas la seule pour l'avenir de
notre pays ; la situation politique de la France par rapport
aux autres nations de TEurope et du monde va sans cesse
en déclinant.
Levasseur a montré que, à la fin du xvn* siècle (1700). la France représentait 40 pour cent de la population des grandes puissances de l'Europe et tenait la tète avec ses
20 millions d'habitants. —En 1789. elle ne représente plus
que 27 pour cent de la population des grandes puissances
européennes. — En 1815, cette progression tombe à 20 pour cent; en 1880, à 13 pour cent et en 1912 à 10 pour cent.
— A partir de ce moment, il faut faire figurer les États-Unis et le Japon dans le compte comparatif et alors « rihfluence
politique de la France sur les destinées du monde » se chiffre par 7 pour cent — au point de vue du nombre des habitants; ce (jui est évidemment un point de vue étroit et incomplet, dont il faut cependant tenir compte.
De ces faits Jacques Bertillon et Leroy-Beaulieu rapprochent la diffusion de moins en moins grande de la langue française et par suite la diminution de l'influence intellectuelle de la France.
Il est certain que la langue française a perdu et perd tous les jours son caractère de langue universelle. « En 1785, l'écrivain français Rivarol obtint le prix proposé par l'Académie de Berlin sur la question de Y Universalité de la langue française. Ces temps, quoique distants d'un siècle et quart seulement, apparaissent comme bien lointains.
Aujourd'hui, à Télranger, la langue française perd partout
du terrain : plusieurs petits peuples, jadis en quelque sorte
clients de la France, les Pays-Bas par exemple et la Suède, ont, dans leurs récents cadres d'études scolaires, fait descendre la langue française, des matières d'enseignement obligatoire parmi celles d'enseignement facultatif. Les langues
des peuples restés prolifiques, l'anglais et l'allemand, tendent
à se substituer au français... » J'ai souvent raconté Tim-
pression pénible que nous avions éprouvée au congrès international des sciences médicales de Moscou quand le délégué
japonais vint faire son discours en allemand.
Il ne faut cependant pas exagérer l'importance de ce fait vrai et en déduire que la diminution de la natalité en France entraîne fatalement l'abaissement de l'influence intellectuelle
et du rayonnement intellectuel de la France à l'étranger :
certes, plus il y aura de Français en France et dans le monde,
plus la langue française sera parlée au loin ; mais l'inHuence
intellectuelle et morale d'un pays ne s'exerce pas seulement dans sa langue propre ; elle dépend, aussi et encore plus,
pi
Hi
398 LA DEPOPULATION
(le la ({iialité^et de la valeur réelles de ses productions scieniKiques, littéraires et artistiques; et, à i-e point de vue, la France n'a pas déchu et n'est pas près de déchoir.
Plus déterminante est l'influence de la dépopulation relative sur la prédominance sociale et économique d'un pays:
(( la (léinocratie repose essenliellenient sur le nombre, dil
Lerov-Heaulieu : une nation ch3niocrati(|ue à population stationnaire et plus prohahlenient déclinanfe, ne pourra, pendant une série de générations, garder son rang, nous ne disons pas politique, mais social et économique, parmi d'autres nations de civilisation égale ou approxiniativeiuenl
équivalente, mais chacune numériqueiTient très supérieure ».
Et ainsi une nouvelle conséquence apparaît de la faihie natalité dans un pays : les intérêts matériels de ce pays soni
menacés.
Déjà la moindre diffusion de la langue a une répercussion économique: « la langue constitue la meilleure des réclames, uiême au point de vue économique; la suprématie de la langue entraîne avec soi chez les nations ou les classes étrangères adhérentes à cette langue, une certaine admi-
lation qui a des répercussions dans les domaines les plus
variés; elle crée ou entretient un sentiment d'imitation
pour les goûts et les hahitudes, et une recherche des produits, de certains du moins, de la nation qui possède la langue prépondérante ».
Abstraction faite de cetle influence de la langue prépon- <lérante, il est certain que la dépopulation relative d'un pays
par défaut de natalité influe directement sur la production
économique de ce pays comparée à la production économique des pays rivaux moins frappés par la dépopulation. En 1851, « rAllemagne et la France (territoires actuels)
comptaient la même population, à savoir 35 millions
d'habitants. Aujourd'hui l'Allemagne possède 63 millions
d'habitants et la France, 39. Chaque année, rAllemagne grandit de près d'un million d'habitants, (jui se mettent
aussitôt au travail, construisant de nouvelles usines et donnant aux pays plus de richesse, plus de mouvement, plus de vie et, sans doute aussi, plus de bonheur. Ce que nous disons de l'Allemagne est vrai de tous les autres pays
deTEurope. Tous grandissent, tous deviennent plus noni-
hreux et par conséquent plus riches, plus forts, plus vivants : nous seuls restons ce que nous étions ; autrement dit, comparés aux autres, nous devenons plus insignifiants, plus petits, plus négligeables ».
Et, pour étayer ces paroles sévères, Jacques Bertillon montre le moindre accroissement de la richesse publique en France et son accroissement plus rapide dans les autres
pays: « les parents d'un enfant unique ne sont pas obligés
d'être aussi laborieux que ceux qui ont plusieurs enfants. Le besoin ne les y oblige pas. Ainsi, ils nuisent à la patrie doublement : en ne contribuant pas sufTisamment à sa perpétuité et, en outre, en ne produisant pas tout ce qu'ils peuvent produire ». En même temps, le bien-être diminue : « la diminution de la population n'améliore pas le sort des
classes laborieuses » ; car, « l'augmentation de la population
ne peut pas faire baisser les salaires », parce que, si Taccroissement de la population a pour elTet d'augmenter TotTre du travail, d'autre part il a pour elfet d'en augmenter la
demande ; en réalité, il augmente la vie de la nation, sa production, son rendement et par conséquent sa richesse et la richesse des individus composant cette nation. « La dépopulation est la seule cause de la diminution de la maind'œuvre agricole » ; aussi désastreuse pour l'industrie est
l'insuffisance de la natalité ; la dépopulation rend très onéreux pour la France la plupart des traités dits de réciprocité... En somme, « l'afiaiblissement de la natalité, quand il atteint le degré où il est arrivé en France, est une cause permanente d'étiolement moral et social, sinon encore intellectuel, de racornissement et de médiocrité économique ».
ViJ
Les auteurs signalent une autre conséquence grave de cet
affaiblissement de la natalité en France : c'est Tinfluenceque cet affaiblissement a nécessairement sur la marcbe de Vémi-
y ration et de Y immigrât ion.
Une nation qui progresse et augmente puissannnent sa population peut éniigrer largement: il colonise, fonde des comptoirs à l'étranger, crée des débouchés un peu partout aux produits de son agriculture, de son industrie, de son commerce. Au contraire, une nation dont la population décroît beaucoup plus rapidement que celle des nations
voisines (car ceci est toujours all'aire de comparaison) ne
peut émigrer, coloniser, s'extérioriser et répandre à l'étranger
ses habitants et ses produits. Il suhit au contraire « la pression de tout le monde environnant » ; l'innuigration Tenvahit et le submerge.
« Tel est le cas, en partie, de la France actuelle. La population propre y étant stationnaire, une partie de l'excédent
des populations belge, allemande, suisse, italienne, espagnole, s'y précipite et s'y implante ». De 1851 à 1906, le
nombre d'étrangers en France pour 10000 liabitants s'élève
de HO à 327. Si la France est ainsi « colonisée par les étrangers », elle ne peut pas songer à peupler ses colonies avec ses nationaux. « Voulez-vous, dit Bertillon, voir un pays qui a des colons, mais n'a pas de colonies? Regardez
l'Aliemagiitî ! (Aujourd'hui on dirait avec beaucoup plus
(le justesse: regardez l'Italie). Voulez-vous voir un pays qui
a des colonies, mais n'a pas de colons, regardez la France. »
Entin Bertillon ajoute encore, comme conséquence désastreuse de l'atlaiblissement de la natalité, la diminution des vertus familiales : « la restriction de la natalité est cause
de raffaiblissement des caractères » ; l'enfant unique est mal élevé: élevé dans la famille (et c'est toujours l'hypothèse la
plus favorable), « il sera seul, par conséquent triste ; non
seulement il ne pourra pas connaître le sentiment très
noble de la fraternité, mais il ignorera ou méconnaîtra les
nécessités qu'elle impose : l'obligation de se serrer pour
faire place à son frère, de le défendre contre des camarades
agressifs, de lui faire d'incessants sacrifices et de les faire avec plaisir... ses parents Télèvent dans du coton... et en font facilement un enfant gâté et surtout un enfant égoïste. Souvent aussi il devient indolent, n'étant pas habitué à la concurrence et sachant d'ailleurs qu'il deviendra seul et
unique héritier »...
La décadence*des vertus familiales, des caractères et de la
morale est encore plus une cause qu'un effet de Taffaiblis-
sement de la natalité dans un pays ; ce qui nous conduit lout naturellement au paragraphe suivant.
B. Causes de la faible natalité en France. — J'ai déjà parlé plus haut (page 38o) de la déplorable propagande néomal- Jhusienne qui est faite en France; c'est là une première et très importante came de la faible natalité constatée dans
notre pays ; il est bon de la rappeler en tête de ce paragraphe, en même temps que l'inaction, subie ou voulue, de la magistrature pour combattre cette propagande criminelle et
antipatriotique.
De cette attitude regrettable de la magistrature on peut et on doit rapprocher rinditîérence ou la mauvaise tenue d'une grande partie de l'opinion publique et de certains esprits fort distingués.
« Le Matin » ayant ouvert, en octobre 1909, une enquête (( sur la population ». deux personnages étrangers considérables, « d'un côté le professeur autrichien Gumblovitz,
auteur, cependant, d'un livre connu sur la Lutte des Races, de Tautre le poète et romancier norvégien Bjœrnstjerne Bjœrnson, se sont prononcés en faveur de la restriction française de la natalité ou, du moins, ont déclaré qu'elle
offre plus d'avantages que d'inconvénients » ; et Brieux, l'auteur d'un drame en trois actes Maternité « qui figure parmi les écrits de propagande néomalthusienne ». incline
Grasset. — Devoirs et périls biol. 26
« à la même opinion, en reproduisant Tiniage de Mallhus: il faut conseiller aux Français atteints de pauvreté matérielle ou physique de ne pas faire d'enfants. L'iiomme, qui procrée sans réflexion, qui ajoute un convive autour d'une table
insuffisante, l'homme qui perpétue ses tares physiques dans un être nouveau, cethomme-là est une brute ou un criminel ; par contre, il faut conseiller la famille nombreuse à ceux
qui sont bien portants et aisés. — Il est certain, ajoute Leroy-Beaulieu, qu'en suivant ces conseils une nation disparaîtrait en deux ou trois générations ».
La loi française est également accusée par les auteurs de favoriser par ses dispositions ou par ses lacunes l'affaiblissement de la natalité ou tout au moins de ne pas favoriser
le relèvement et l'accroissement de la natalité.
Et d'ahord les lois successorales sont, à ce point de vue,
nettement inférieures aux lois des autres pays : la loi française oblige le père à diviser sa succession entre tous ses enfants ; s'il veut conserver et transmettre intactun commerce ou un bien, il n'a qu'un procédé c'est d'avoir un seul héritier (fils ou gendre) et par suite un seul enfant. La loi
empêche le Français de concilier « les deux anihitions les
plus naturelles que l'homme puisse avoir : le désir de survivre
dans son hien et dans son œuvre et le désir de se survivre
dans sa postérité » ; obligé de choisir, « il fait le choix le
plus nuisihle à sa patrie : à la conservation de son bien, il
sacrifie la conservation de sa race » .
La plupart des auteurs reconnaissent qu'il faudrait laisser plus de Uberté au père de famille, qu'il put maintenir à long
terme rindivision entre ses enfants, tenir compte dans la
distribution du nombre des petits-enfants dans chaque
branche d'héritiers, etc.
En second lieu, les familles nombreuses ne sont ni honorées ni protégées comme elles devraient l'eMre : quand elles sont malheureuses, on ne les secourt pas plus que les autres. « De toutes les misères humaines, la plus intéressante, sans
contredit, est celle d'une veuve d'ouvrier chargée de nombreux enfants... elle est le seul soutien de ses enfants et ces enfants sont l'espoir de la nation. Or, on ne fait rien
pour elle, ou presque rien... L'ouvrier qui sait que, s'il
meurt, sa famille, réduite à la plus horrible misère, mourra de faim, est tout naturellement conduit à restreindre le
nombre de ses enfants de façon que sa veuve ne soit pas
chargée d'un poids trop lourd ». Les familles nombreuses éprouvent les plus grandes difficultés à se loger, quand elles sont pauvres ; certains propriétaires les refusent et les sociétés pour logements à bon marché ne leur accordent pus les facilités et les préférences auxquelles elles auraient droit. Bertillon cite ensuite et énumère une série de lois
récentes, qui ne sont pas, ou ne sont qu'insufïisamment,
favorables à la natalité : loi militaire, loi sur l'assistance aux
vieillards (« oii M. Piot a pourtant réussi à introduire un
amendement intéressant »), loi sur les retraites ouvrières, loi sur rimpôt sur le revenu, loi sur les accidents du travail, (en France, et en France seulement, « l'industriel a intérêt à n'employer que des célibataires et très souvent il agira en
conséquence »).
Le nombre des mariages est à peu près aussi élevé en
France qu'à l'étranger; c'est leur fécondité inférieure qu'il
faut souligner. Cependant tous les progrès faits par la loi
pour diminuer les entraves au mariage et les formalités à
remplir pour se marier ont un retentissement heureux. C'est ce qui est arrivé pour la loi « modeste et bienfaisante » que l'abbé Lemire a fait voter le 21 juin 1907: « en six mois,
elle a déterminé plus de 17000 personnes à se marier... On
peut estimer qu'en trois ans l'abbé Lemire a déterminé le
marrage d'environ 48000 personnes ». Constatant ces résultats, la commission de dépopulation a émis le vœu
(décembre 1908) que « le législateur réduise encore les
formalités et les frais actuellement nécessaires pour se
marier ».
En abordant l'étude des causes morales et sociales de \w
faible natalité française nous en trouvons d'abord une que
les optimistes évoquent volontiers, non sans une pointe d'orgueil : c'est la lendanœ générale, démontrée de divers côtés, « chez tous les [)euples civilisés à l'anioindrissernenl
de la natalité; cet amoindrissement étant en proportion de l'aisance et du développement des idées et des mœurs démocratiques ». Kn somme, ratlaiblissement de la natalité sérail
en rapport avec le développenieiil de la civilisation, les
proerès de la culture et la dillusion des idées libérales et démocratiques. Connue ce sont là des choses honnes en soi el bien portées, il n'est pas désol)ligeanl pour la France d'être en tète de ce mouvement de dépopulation coiume elle est en tête de la civilisation et du progrès démocralit|ue.
Le fait est vrai en lui-même; Bertlllon en expose et discute les preuves : la natalité a diminué en France depuis le début du XIX* siècle c est-à-dire depuis (|ue la Révolution a
semé dans le pays des idées démocratiques; l'abaissement de la natalité est un fait j^énéral dans tout l'occident de
l'Europe, mais plus rapide en France que dans les pays moins démoci-itiques ; les régions de l'Europe les moins démocratiques, telles que la Russie, la Serbie, la Roumanie, etc., sont celles où la natalité est la plus élevée; rabaissement de la natalité est au conti\iire rapide dans les colonies australiennes qui sont acquises aux idées socialistes, la natalité y restant d'aiReurs bien plus élevée quen France; la natalité paraît faible dans la iNouvelle- Angleterre (et non
pas dans le reste des États-Unis comme on Ta prétendu par erreur) ; les contrées ignorantes sont les plus fécondes ; les familles nobles s'éteignent rapidement ; des monographies de petites collectivités montrent la natalité élevée des communes composées d'ouvriers peu éclairés et la natalité tout à fait misérable des communes composées d'ouvriers instruits qui se sont fait une iàme d'employé...
Je ne songe pas à discuter le fait : il y a un certain paral-
lélisme entre le développement de la civilisation et la diffusion des idées démocratiques d'une part et la diminution de la natalité de l'autre. Cette diminution de la natalité peut donc être considérée connue une conséquence de la civilisation et du progrès; mais ce n en est pas une conséquence nécessaire', il ne faut donc pas tirer de cet affaiblissement de la natalité un orgueil quelconque, il ne faut pas en faire im signe glorieux de progrès et de civilisation; c'est une
suite fâcheuse, une ranço7i évitable du progrès et de la civilisation. Il ne faut surtout pas chercher dans ces considéra-
IJons générales une i^xm^i' particulière pour la France.
Je veux bien que la France soit à la tête de la civilisation
et du mouvement démocratique; mais d'autres nations la suivent de près sur celte belle route et se surpeuplent plus (ju'elle. La France pourrait garder son rang dans la marche jjrogressive de riunnanité et ne pas garder son rang dans
la marche régressive de sa population.
En somme, la cause principale de la diminution de natalité est, en France comme partout et plus que dans beaucoup
«rautres nations, le développement de t'égoïsme à vue étroite
et immédiate et la méconnaissance des grandes lois morales et sociales que la religion, la science et Téducation développent dans Tesprit de chacun de nous.
L'airaiblissement des croyances religieuses joue certainement un grand rôle dans la diminution de la natalité.
« Un libre-penseur aussi déterminé que l'économiste italien socialisant, M. Nitti, » reconnaît cette action : « l'intluence de la religion sur la natalité est non moins évidente,
écrit-il, et rentre dans la catégorie large et complexe des influences psychiques et morales. Le but de toutes les religions est de diriger Tàme vers une fin lointaine, de salut individuel. La religion entraîne, d'autre part, la croyance à
lUie intervention providentielle et pousse les races à la fécondité » : et Leroy-Beaulieu ajoute : « la religion catholique, plus encore que toutes les autres, enseigne la résignation à
son sort, condamne régoïsmeetdéconseillerainbilion.cest-àdire qu'elle exalte le sentiment qui tend à rendre les familles nombreuses et qu'elle reprouve ceux (jui tendent à diminuer le nombre des enfants. »
Je ne citerai pas les faits à l'appui de cette manière devoir
parce que, à cause de l'illogisme des honiines, on peut citer
aussi des faits opposés. Mais je crois la proposition absolument vraie. Cette proposition fait partie d'ailleurs d'une plus
générale par laquelle je terminerai ce cliapitre : l'affaiblis sèment de la natalité est déterminé et facilité par tout ce qui fausse et dénature la conception biologique vraie du mariage et de la famille, par tous les enseignements qui
tendent à substituer à cette conception scientifique et positive une notion artificielle et fausse qui donne pour objectif a la vie, non la société et F humanité, mais l* individu.