‹ Devons-nous prier devant des images? [microforme]Chapitre 3 sur 4 · ANGLE DES RUES SHERBROOKE ET CARTIER MONTREAL · texte numérisé non relu

ANGLE DES RUES SHERBROOKE ET CARTIER MONTREAL

Culte tous les dimanches : Je matin à 11 heures, le soir à 7'heures. Tous sont bienvenus.

Le pasteur peut être consulté tous les jours dans le salon de l’église, entre midi et une heure.

Si vous n'êtes rattaché à aucune église, nous serons heu- . 8 ;

reux de Vous compter au nombre des membres de notre congrégation,

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‘ Non facies tibi sculptile neque | “Tu ne te feras point d'image omnem similitudinem quæ est in! taillée, ni de représentation quelconcœælo desuper, et quæ in terra deor-| que des choses qui sont en haut sum, nec eorum quæ sunt in aquis | dans les cieux, qui sont en bas sur la sub terra. Non adorabis ea neque | terre, et qui sont duns les eaux plus coles: ego sum Dominus Deus tuus,| bas que la terre, Tu ne te prosierneforcis, zelotes, visitans iniquitatem | ras point devant elles, et tu ne les patrum in fllios, in tertium et quar- serviras point, '—Exode XX, 4, ô. tam generationem eorum qui ode-| ruat me: Et faciens misericordiam in | miilia his qui diligunt me, et custo- | diunt præcepta men.'—Exode XX,4, | et 6.—La Vulgate. |

Clément d'Alexandrie, célèbre écrivain et théologien qui vivait vers la fin du deuxième siècle, dans un ouvrage intitulé ‘“‘ÆExhortation aux païens'’, cite le passage suivant du Philosophe Héraclite d'Ephèse : —‘‘Ils prient les images avec le même résultat que s'ils priaient les murs de la maison”. Le savant auteur chrétien ajoute: ‘‘Je ne puis concevoir comment on peut rendre des honneurs divins à des choses inanimées et je me sens ému de pitié pour ceux q se livrent à une pareille folie. Passe encore pour des «ir.s vivanis, des animaux; une huitre même manifeste de }a vie et est influencée par les changements de la lune ; mais les images n'ont pas un seul sens naturel ; il faut les attacher, les clouer ou les coller. Elles sont fondues, limées, sciées, polies et sculptées. En vérité, une image n’est que de la matière morte. Nous, chrétiens, n'avons pas d'image matérielle de choses spirituelles, Nous nous faisons une image du Dieu qui est véritablement Dieu, par la pensée seulement. (IV.)

Nous nous sommes souvent demandé ce que dirait Clément d'Alexandrie et tous les auteurs chrétiens des trois premiers siècles s'ils venaient visiter les églises catholiques romaines de nos jours, et s'ils entraient dans les maisons de nos concitoyens. Ils verraient partout les foules agenouillées devant les plus grossiers simulacres et leur demander des faveurs.

Mais voyons d'abord ce qu'enseigne l'Eglise romaine au sujet du culte des images. Nous comparerons ensuite cet enseignersent avec celui de l'Eglise anglicane.

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Ce que l'Eglise romaine Ce que l'Eglise anglicane enseigne : enseigne :

“Les images du Christ,, de “La doctrine de Rome tottla Vierge et des Saints DOI- chant le culte et l'adoration VENT être vénérées. En nous tant des images que des reprosternant devant les ima- liques est une CHOSE VAI-

ges et en les embrassant, NÉ, inventée sans fondement nous adorons le Christ et | et qui, loin d'être appuyée

vénérons les Saints que ces sur aucune garantie de l'Eimages représentent.'" (Conc,. | criture, est au contraire en de rente, Sess. XXV.) contradiction avec la parole

de Dieu.” (Article de Reli-

gion, XXII.) “Le même respect doit être “Le culte des images est rendu à une image du Christ | condamné par les Saintes qu'au Christ lui-même; et | H ritures et par l'autorité de

comme le Christ est adoré l'Eglise primitive toute enavec le culte de ‘Latrie,' il! tière; et il n’est autorisé que s'ensuit que son image doit plus tard par un siècle ignorecevoir aussi le culte de ‘La- | rant et corrompu." (Littletrie.” (St. Thomas d'A-| dale, Simples raisons,( XVI) quin, Summa II, (XXV, 3)

“Nous devons adresser 108 Prier les Saints où avoir invocations d'une manière di- | leurs images dans les églises recte aux images du Christ n'est pas une question de céet des Saints.” (Bellarmin, | rémoniel, mais une idolâtrie ‘De imaginibus', Lib. IL, €, mañnileste” qui est contraire ZX.) à la Parole de Dieu, lequel a

défendu de ne faire aucune image.” (Hooper, (Christ & ULa croix du Léyat doit | his Office, ch. XI.) être placée à la main droite, parce que le culte de ‘‘JLatrie’ lui est dû.” ‘(Pontif.

Rom.) “Nous adorons votre croix, Seigneur.’ (Missel romain)

Il n'est pas besoin d'être grand clerc pour s'apercevoir que les vues des deux Ezlises au sujet du culte des images sont en complète opposition. Qui va les départager? Qui va fournir la preuve irréfutable que l’une des deux est dans l'erreur ? Ce sera la Bible, le livre qui contient ‘tout ce qui est nécessaire au Salut”.

Ouvrons donc le Livre des Livres, et voyons ce que nous ordonnent la ‘‘Loi et les Prophètes””.

Ce qu'enseigne l'ECRITURE SAINTE :

DEUXIEME COMMANDEMENT.—‘#Tu ne te feras point d'image taillée, ni aucune ressemblance des choses là-haut dans les cieux, ni ici-bas sur la terre, ni dans les eaux sous la terre. Tn ne te prosterneras point devant elles et ne les serviras point.''—Exode XX. 4.)

“A quoi seit l'image taillée... pour que l'ouvrier se confie en elle. Malheur à ceux qui disent au bois : Lèvetoi | et à la pierre: Réveille-toi ! (Habakuk, II, 18-20.)

“Les statues des peuples sont ‘anité... Ne les erale gnez donc point, car elles ne sauraient faire aucun mal, et elles sont incapables de faire du bien.” (Jérémie, X, 3-8.)

“Eilles ont une bouche et ne parlent point 4 elles ont des

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yeux et ne voicnt point ; elles ont des oreilles et n'entendent point ; elles ont un nez et ne sentent point, des mains et ne touchent points des pieds et ne marchent point... Ils leurs ressemblent, ceux qui les fabriquent, tous çeux qui se confient en elles.'’—(Psaumes, € XV. 4-8).

‘ Qu'ils soient coniordus tous ceux qui servent les images et qui se glorifient de leurs idoles.” (Ps. XCVII, 7.)

On s'étonnera peut-étre que nous ne citions aucun texte du Nouveau ‘Testament qui considère ie culte des images. La raison en est simple. Cette superétition n'existait pour ainsi dire plus au temps de Notre Sauveur, Les Juiis avaisnt abandonné depuis longtemps le culte des images qui leur était formellement interdit par la loi mosaique. Chaque fois que dans le passé ils avaient contrevenu au deuxième commandement, émané de Dieu même, ils avaient êté si durement punis que depuis plusieurs siècles ils ne s'étaient “rendus coupables d'un tel crime. Il est donc légitime de penser que Jésus et les Apôtres n'ont point jugé à propos de reprocher ce péché aux Juifs de. leur temps, puisque ceuxci ne s'v adonnaient point. lis se sont contentés de les réprimauder seulement pour les fautes et les vices qui florissaient à leur époque. Cependant on aurait pu rapporter ce passage : ‘‘Le diable mena Jésus sur une montagne fort haute, et lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire, et lui dit: je te donnerai toutes ces choses si, ‘€ prosteruant, tu m'adores. Jésus lui dit : Arrière, Satan, car il est écrit : tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul’. (Math. IV, 8-10). Hit d'ailleurs les témoignages de l'Ancien Testament sont assez probants pour qu'on n en exige point d'autres.

Voyons maintenant quelle fut sur ce même sujet l'opinion des principaux Pères de l'Eglise et de quelques apologistes chrétiens.

ORIGENE (185-254)... UNous disons que les plus ignorants sont ceux ati n'ont pas honte d'implorer les objets inanimés.”” (Contr: Celse. VI, 14.)

“En considération de ces passages et de quelques autres,''—Origène vient de rappeler les paroles du Deutéronome et des Evangiles,—‘nous évitons les temples, les autels et les images, aimant mieux mourir que-de dégrader par une telle impiéte la conception que nous avons du Dieu très- Haut.''— (Contre Celse, VIT, ch. EX, IV).

LACTANCE (225-325) .—‘‘I1 est hors de doute que partout où il y a une image, il n'y a pas de religion.'"—(Div. Inst. II, 19.)

ST IRENEE, évêque de Lyon, (120-190), on livre ‘Contre les Hérésies', mentionne l'usage des images de Jésus-Christ avec les honneurs qui leur étaient rendus comme un trait spécial des hérétiques carpocratiens, les distinguant des chrétiens catholiques.”

MINITIUS FELIX (Ille siècle) —‘De plus nous n'adorons pas la croix, et nous ne nous en soucions pas.''— (Octavius, XXIX.)

EUSEBE (315-371) .—Constantia, sœur de Constantin, ayant demandé à Fusèbe de Césarée, une image de Jésus- Christ, il lui répondit qu'il ne voulait pas la lui donner, de peur de confondre l'image du Sauveur avec les grossiers Simuiacres des païens et d’enfreindre la défense de l'Ecriture. 11 invitait la princesse à se contenter de la vive représentation que nous donne de Jésus le récit de sa vie dans les Evangiles.— (Cité par Chastel, hist. du Christ. Liv. Il.)

ST. EPIPHANE (310-403) raconte qu' ‘‘ayant vu àl'ense de l'église d’une petite ville de Palestine un voile où l'on avait peint l'image du Christ, il le déchira avec indignation comme ‘‘contraire à l'autorité des Ecritures et à notre religion.”’— (Cité par St. Jérome, Epist. LI.)

ST, AUGUSTIN (354-430) .—‘‘Que tous ceux qui servent les images et qui se glorifient dans les idoles soient confondus, Mais quelque disputeur, se croyant savant, dit : je n’adore pas une pierre ou cette itage qui ne ressent rien, mais je m'incline devant ce que je vois, et je sers celui que je ne vois pas... En nous donnant cette sorte d'explication de leurs jinages, ils se croient très habiles, comme s'ils n'étaient pas idolâtres./—(Enarr. in Ps. XCVI, 15)

‘J'en connais qui adorent des tombeaux et des imuges, mais l'Eglise catholique les condamne, et s'efforce journetlement de les corriger comme des enfants pervers.''—(De Nor, Eccles, I, XXXIV, 75, 76.)

Nous n'en finirions pas de citer les auteurs sacrés de l'Eglise primitive qui, d'accord avec l'enseignement divin, ont dénoncé le culte des images. Tous, TÉR'ULIEN (160- 240), CLEMENT D'ALEXANDRIE (Ille siècie), ST.-JEAN CHRYSOSTOME (347-407), et d'autres encore, se sont élevés avec plus ou moins de force contre cette abominable coutume, Ils sont même allés jusqu'à dire que, selon le deuxième commandement, il ne devrait y avoir ni peintures, ni sculptures dans les églises chrétiennes.

Longtemps les chrétiens partagèrent la répugnance du peuple juif pour Jes arts plastiques appliqués aux objets religieux, La peinture et la sculpture avaient été si longtemps prostitutes au service de l'idolâtrie que l'Eglise ne pouvait se résoudre à les employer à la représentation de sujets chrétiens. Toutefois et peu à peu, le besoin de combattre l'effet des emblèmes profanes, continuellement présents danx la vie civile et domestique, fit introduire dans les habitations, sur les meubles, sur les ustensiles, des emblèmes chrétiens: la croix, le bon berger, le poisson, le vaisseau, l'ancre, la colombe, la palme, la lvre, le coq, etc. Cependant nous verrons comment le concile d'EÉlvire, tenu en l'an 306, condamna cette innovation. Dans la seconde moitié du IVème siècle on commença à peindre dans les églises dédiées aux martyrs, l'histoire de leurs souffrances. On ne voulait par là, comme le disaient Paulin et Grégoire le Grand, qu'instruire d'une manière saisissante les ignorants et les simples. On avait soin d'ailleurs de prémunir les fidèles contre toute idée d'adoration.

Terminons cette étude sommaire d’une importante questioñ en rapportant les décisions de quelques conciles antérieurs au concile de Trente. A cette époqte, en somme assez rapprochée des -temps apostoliques, on n'ajoutait rien encore aux enscignements contenus dans la Bible; on se contentait de les comimenter ou d'en interpréter les points obscurs d'une façou différente quelquefois, mais toujours logique.

Peu à peu les commentateurs s'appuyèrent non sur la Parole de Dieu, mais sur une tradition sans fondation évangélique,—ou si peu,—firent des interpolations et, pour les besoins de leur cause, remanièrent les textes sacrés. Au concile de Trente (1545), l'Eglise romaine fit ‘‘siens'”, tous ces remaniements qui, pour la plupart, ‘‘ne se lisaient point dans l'Ecriture Sainte, ou ne pouvaient se prouver par elle’’, et DECRETA (1553) comme dogmes de religion et articles de foi toutes ces erreurs nées de l’igncrance et de La perver-

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