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» vierge , fût délivré par une vierge. » (Id., liv. 5, 9).
Saint-Epiphane, Saint-Basile et Saint- Éphrem ont établi le même parallèle, et cette doctrine , qui a été suivie par tous les Pères qui sont venus au même temps ou après ceux - là , a souvent paru incommode à nos frères errans.
5.^ Nos frères errans veulent expliquer le mol avocate dont se sert Saintirénée , par celui de consolatrice : qu'ils yoient dans les œuvres de ce Père ( liv. 3 , ch. 18 , n.° 7 , ch. 25 , n." 8 , et liv. 4 5 ^* 54 1 n.^ 4 J c^ ^A entend par avocate , et s'il ne s agit pas réellement d'un secours, d'une protection et d'une assistance.
Lorsque les Pères du quatrième siècle ont dit que Marie est la réparatrice , la mère et la médiatrice des hommes , ils n'ont fait que développer la pensée de Saint-Irénée.
Grabe , moins emporté que Daillé , avoue qu'il ne voit pas d'inconvénient d'admettre que Marie intercède et prie pour tous les homm.es en général, ce que les plus modérés d'entre les protestans ne refusent pas d'admettre avec lui; mais il ajoute qu'il croit impossible que Marie puisse entendre
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les prières de chaque homme en particulier ; en sorte qu'il ne lui a plus manqué que de faire un acte de foi à la toute-puissance de Dieu pour entrer là-dessus dans la foi catholique.
6.° En 4^1 ) 1^ Concile général d'Ephèse se tint dans une église dédiée à la Sainte Vierge , et il n'est pas dit que cette dédicace fût récente. Selon une tradition , la Sainte Vierge , après l'ascension du Sauveur , vécut et mourut dans cette ville , ce qui put bien servir à donner plus d'éclat au culte rendu à Marie en qualité de mère de Dieu ; mais ce ne fut point là la naissance de ce culte. Les hérétiques et les incrédules ont pris ce nouvel éclat qu'a reçu le culte de Marie en cette occasion , pour la naissance de la dévotion elle - même ; il faut avouer que leur erreur a été hien étrange.
7.® Là-dessus, comme dans tout ce qui regarde la foi , il n'est pas de meilleur interprète de l'Ecriture sainte , dit Bergier ( Dict. tom. 5 , p. 489) , que la pratique de l'Eglise, « or, indépen- » damment du témoignage des Pères, » poursuit - il , dans toutes les litur- » gies anciennes du monde chrétien , il » est fait mention ou mémoire de la
Sainte
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» Sainte Vierge et des Saints. Ce fait >> n'est plus douteux depuis que ces li- » turgies ont été rassemblées , com- » parées et publiées. La plupart datent » des premiers siècles , quoiqu'elles » n'aient été mises par écrit qu'au qua- » triènie. Les sectes orientales , quoi- ^> que séparées de l'Église romaine de- » puis 1200 ans , ont conservé comme » elle le culte et l'invocation de la Sainte » Vierge et des Saints ; on en voit les ^ preuves dans la perpétuité de la foi. »
i.** Ce qu'il y a de plus perfide peutêtre dans l'attaque des incrédules et des hérétiques contre la dévotion et l'honneur dûs à IVlarie , et ce qui est le plus capable d'intimider et de jeter là-dessus dans l'erreur les ignorans et les simples, c'est de traiter cet honneur d'idolâtrie.
2.^ Pour se rendre coupable du crime d'idolâtrie , il faut adorer une créature quelconque du culte de latrie , qui n'est dû qu'à Dieu ; et ici il ne s'agit que d'un culte secondaire, d'un culte d'honneur et d'invocation en qualilé d'ami de Dieu , de médiateur ou
zi
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de médiatrice dans la personne ou dans
le Saint qu'on invoque.
Jamais , dit Saint-Augustin , jamais aucun fidèle a-t-il entendu le prêtre, fiit-il même devant un autel érigé en l'honneur de Dieu sur le corps d'un martyr , jamais lui a-t-il entendu dire , dans sa prière : Pierre, Paul ou Cyprien, je vous offre ce sacrifice ( CitédeDleUy liv. 8 ; î
3.° Bausore , un des plus fameux antagonistes protestans du culte de Marie et des Saints , prétend que c'est une idolâtrie pour nous d'honorer la Sainte Vierge et les Saints , tandis qu'il soutient que le culte des Perses , qui adorent le soleil , est un culte innocent \ que celui des Manichéens et des Sabiens l'est aussi. Quelle inconséquence ! Conciliez , si vous le pouvez , cette doctrine avec elle-même, { Christ, , du Manich, , tom. i , //V. 9 ).
Engel , autre calviniste , ne veut pas que l'on taxe d'idolâtrie le culte que les Chinois rendent aux esprits , aux génies , à Confucius et aux âmes de leurs ancêtres , dont ils se font autant de divinités qu'ils adorent ; et nous qui ne faisons qu'honorer la Sainte Vierge et les Saints d'un culte secondaire qui
se rapporte à Dieu, nous sommes des idolâtres ! Où sont donc ici , je ne dis pas la foi raisonnable , mais la logique et le bon sens \
4.** Julien l'apostat pense, qu'avant la mort de Saint - Jean l'évangéliste , les tombeaux de Saint -Pierre et de Saint-Paul étaient déjà honorés en secret , et que ce sont les Apôtres qui ont appris aux chrétiens à veiller auprès des reliques des martyrs ( S* Cj-rille contre Julien , lii^re 10 , p. 327 , 554).
Porphyre attribue aux prestiges du démon les miracles qui se faisaient aux tombeaux des martyrs , ce qui prouve du moins qu'on allait de son temps les vénérer ( S. Jérôme contre Vigilance , p. 286 ).
Mosheim , célèbre protestant , semble convenir que le culte des martyrs a commencé dès le premier siècle de l'Église ( Hist, Christ. , Sec. i , § 32 ). Tous les chrétiens ont donc été des idolâtres depuis la naissance du christianisme, sans en excepter les Apôtres et tous les Saints canonisés , qui , loin de s'élever contre ce prétendu scandale , l'ont enseigné et pratiqué euxmêmes ; c'est par trop se jouer de la
124 Dévotion a la S. Vierge, crédulité des igaorans et des simples.
5.^ Lorsque nos frères erraiis reprochent aux chrétiens du quatrième siècle d'avoir extrait les reliques des martyrs de leurs tombeaux , pour les exposer à la vénération , que n'ont-ils donc aussi blâmé les fidèles du second siècle pour avoir transporté d'Antioche le reste des os de Saint - Ignace , qui n'avaient pas été consumés par les flammes ! Et que ne se sont-ils élevés contre ceux de Smyrne , pour avoir recueilli de même les restes précieux de St-Polycarpe ? Ils craignaient peut-être de faire connaître par-là à ceux qu'ils égarent , qu'ils attaquaient la croyance de l'Église dès son origine, et de les forcer d'ouvrir trop tôt les yeux.
6.° Ceux qui honorent Marie et les Saints sont des idolâtres ! Ah ! si Saint- Jérôme avait vécu passé le quinzième siècle , et qu'il eût entendu se renouveler avec plus d'impudeur encore les mêmes blasphèmes qu'il avait déjà entendus de son temps , avec quelle sainte vigueur ne se serait-il pas élevé encore une fois contre ces nouveaux ennemis de la croyance catholique , ainsi qu'il le fit autrefois contre Vigilance ? « Écoutez , ^ malheureux , leur aurait-il dit ; vous
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» n'êtes que des imposteurs , croyez à » à ce que j'avance; nul fidèle n'a jamais i> adoré les Saints ; nul d'entre nous )) n'a jamais érigé les hommes en divi- » nités , et par conséquent n'a jamais ^> été idolâtre ; mais tout vrai fidèle les i> a honorés dans tous les temps comme » amis de Dieu. \>
11 poursuivrait, en disant : «Sommes- >> nous donc sacrilèges , quand nous » marquons notre respect dans la ba- » silique des Apôtres ? L'empereur » Constance était - il donc sacrilège , » lorsqu'il faisait apporter à Constan- » tinople les restes vénérables de Luc , » d'André et de Timolhée, devant les- » quels les démons rugissent ? Selon » vous , il faudra encore aujourd'hui i> nommer sacrilège Arcade , qui vient » de transférer avec tant de pompe , » de Judée et de Thrace , les reliques )> du bienheureux Samuel 1 Tous les 5> évêques , les peuples de toutes les » provinces , qui accouraient sur toute ^ l'étendue de la route , et qui faisaient ^ au saint prophète un cortège sans » interruption , depuis la Palestine jus- » qu'à Chalcèdoine , étaient non-seus> lement des sacrilèges , mais des ini> sensés, de vénérer ainsi à l'envi de
jaG Déi^otion a la S* Vierge.
s> froides et viles cendres ( S* Jér»
^ cont, VigiL ) / »
« 7.^ Eh quoi donc ? les Saints au- » raient-ils moins de crédit dans le ciel ^ qu'ils n'en eurent sur la terre ( c'est » encore le saint Docteur qui parle ) ? ^ Moïse , au temps qu'il marchait à la » tête d'Israël , obtint par sa prière » que Dieu pardonnât à six cent mille i> combattans qui l'avaient outragé par i> leurs murmures; Saint-Elienne, marji> tyr , imitant en cela son maître , peni> dant qu'il était écrasé sous une grêle ^ de pierres , à son tour obtint grâce » pour ceux qui le persécutaient ; et i> maintenant que l'un et l'autre sont » morts , qu'ils sont auprès de Jésus- » Christ , leurs prières seront sans » aucune espèce d'efficacité ! Mais Paul , » qui avait dit , pendant qu'il vivait » ici-bas , que Dieu lui avait accordé » la conversion de 276 âmes sur un » vaisseau , ce même Paul, dès le mo- ^ ment qu'il a quitté la terre pour être i> réuni à Jésus-Christ , aura donc la }> bouche close , et de manière à ne » pouvoir plus prier et à ne pouvoir » plus rien obtenir î »
« O vous qui voulez mettre ainsi des a bornes à la miséricorde de Dieu , et