Livre I
distingués plus que tous les autres par de plus grandes et de plus héroïques vertus. Mais pour ce qui concerne Marie, elle en a établi plusieurs, dont la plupart étaient autrefois fêtées comme les saints jours de Dimanche,
Outre ce , l'Eglise a établi plusieurs prières en l'honneur de Marie , et bien qu'elle ait établi un Office pour chacune de ses fêtes en particulier, elle en a établi un autre commun pour être récité à toutes les époques de l'année , et spécialement à un jour de la semaine qui est consacré à sa mémoire. Nous ajouterons que la divine Providence a voulu qu'il y eût un grand nombre d'églises dédiées en l'honneur de Marie ; elle a voulu que parmi celles qui ont été dédiées en 1 honneur d'un Saint , on érigeât partout un autel en l'honneur de Marie.
Sur quelque partie du monde qu'on se transporte, partout où il y a des églises élevées au vrai Dieu , on trouvera des autels élevés en l'honneur de la mère de Dieu.
Nous pourrons ajouter que l'Eglise , notre mère , en nous donnant les formules de prières que nous devons réciter chaque jour après rOraiso:^ du-
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minicale ( ainsi appelée de ce que hotre Seigneur l'a enseignée à sqs Apôtres ) , cette mère commune des vrais fidèles , à qui furent confiés tous les trésors du salut , veut que nous ajoutions immédiatement à la suite de cette prière toute divine , celle en l'honneur de Marie , qui nous a été enseignée par l'ange Gabriel , et qui , pour cette raison , est appelée la Salutation angélique.
Nous dirons encore que notre mère la sainte Eglise a voulu aussi qu'à chaque fois que le Prêtre monte à l'autel , il ait d'abord recours à Marie dans les prières préparatoires du sacrifice ; qu'il lui confesse , au pied de la montagne sainte , qu'il a besoin de son assistance , afin d'offrir avec les dispositions requises le pkis redoutable des mystères ; elle a voulu qu'il fasse encore plusieurs fois mention de Marie pendant le cours du sacrifice , pour l'honorer sans cesse, et réclamer sans cesse son assistance.
Après tout cela écoutez quel est le langage de cette même Eglise : O Marie ! s'écrie - t-elle , de quelle mar nière pourrons-nous vous louer, qui ^oit digne de vous l Quibiis te laudl-
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hus efferam nescio. Et pourquoi ?
Parce qu'elle a porté dans son sein celui que les Cieux et la Terre ne sauraient renfermer : Quia qiiem cœli capere non poterant^ tuo gremio contulîsCL
Ce ne serait donc pas être un enfant de la véritable Eglise , que de ne pas vouloir reconnaître le culte spécial dû à la mère de Dieu ; ou , le reconnaissant , de ne pas vouloir le lui rendre.... Rendons, mon cher Théophile, rendons à Marie le tribut d'honneurs et de louanges que nous lui devons , et après avoir fait tout ce qui sera en nous , pour nous acquitter d'un devoir qui nous est d'ailleurs si glorieux , et tout à la fois qui nouspromet les plus grands avantages , avouons avec l'Eglise notre insuffisance à la louer d'une manière digne d'elle , et disons dans le même esprit qu'elle : Quibiis te laucUbus efferam ne sel o.
Saint- Augustin , que nous devons nous efForcerd'imiterencepoint comme dans tous les autres qui l'ont conduit à la sainteté , le disait à-peu-près dans le même sens que l'Eglise : a Quelles ï> louanges , en effet , pourra vous reu- » dre la fragilité humaine qui soient
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» assez dignes de vous , ô bienheu- » reuse Marie ! puisque c'est vous , » ô vierge incomparable ! qui seule » ayant su plaire au cœur de Dieu y » avez su trouver le secret de nous » réconcilier avec le Ciel , en nous don- » nant le médiateur promis ! car c'est » par vous que nous avons été déli- » vrés de l'état de réprobation dans » lequel nous gémissions {a), »
5." Un philosophe des temps modernes (Bayle), d'accord en cela avec certains hérétiques , a voulu soutenir ce que le culte rendu à Marie n'a com- »meiicé dans l'Eglise que trois ou quatre «cents ans après l'Ascension de Jésus- » Christ ; c[ue ce culte est né du penchant x»naturel qu'ont les hommes d'imaginer wla Cour céleste semblable à celle des »rois de la terre. ^ Cet auteur impie a ajouté c( qu'il pense que la dispute en- »tre Saint -Cyrille et Nestorius , et la «condamnation de ce dernier, contri- » huèrent , du moins par accident , à augpmenter le culte de la Sainte Vierge; ^
(a) 0 beata Maria t quas tibi laudes fragilit as îmmani generis persolvet , quœ solo tuo commer-^ eio rccuperaiidi aditum iiivciiisti (^S. An g.)?
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mais en même temps, et par une de ces contradictions qui lui sont familières , il a jugé , « que tout ce que Ton a » dit de plus outré touchant Marie , » découle naturellement du titre de » de mère Dieu. »
Puisque, d'après ce philosophe, le respect , la confiance et la dévotion envers Marie découlent naturellement du titre de mère de Dieu , comment donc s'est - il pu faire que les chrétiens aient demeuré trois ou quatre cents ans de tirer une conséquence aussi claire , et qu'ils aient attendu jusques-là de suivre leur penchant naturel ?
4.° il est facile de prouver que le culte et l'honneur que nous rendons à Marie , remontent au-delà du quatrième siècle , époque où les incrédules et les philosophes veulent que ce culte ait commencé.
D'abord un Ange honore Marie par cesparoles qui nous sontrestées comme un monument perpétuel : ^i^e , Maria , gratid plena ; v Je vous salue, Marie >j pleine de grâce. » On ne dira pas , j'espère , que cet Ange était un idolâtre. Jésus-Christ , fils unique de Dieu , et fils unique de Marie , l'a honorée
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comme celle de qui il a reçu sa naissance temporelle , et erat subditus illis. J'ajouterai , d'après l'Evangile encore , que l'Esprit Saint a fait dire à cette auguste vierge , lorsqu'elle chantait le cantique de la reconnaissance envers son Dieu , en présence de sa cousine Elisabeth , que toutes les générations l'appelleraient bienheureuse j parce que le Seigneur avait fait en elle de grandes choses : Eoc hoc beatam me dicent omnes gênera^ tiones (Luc , i ).
Saint-Irénée , qui écrivait au 2.* siècle de l'Eglise , a dit à cette époque « que de même qu'Eve , épouse )) d'Adam , mais encore vierge , est de- » venue, par sa désobéissance, la cause » de sa mort et de celle de tout le genre » humain 5 ainsi Marie fiancée à un » époux , et toujours vierge , a été, par » son obéissance , la cause de son sa- » lut et de celui du genre humain »
( Irénée , liv. 3 , ch. 22 , n.° 4 )• « Si la » première a été désobéissante à Dieu, » ajoute -t -il ailleurs, la seconde a ^ consenti à obéir , afin que Marie , » vierge , devînt l'avocate d'Eve en- » core vierge , et afin que le genre » huQiain assujetti à la mort par une