‹ Dévotion à la Sainte Vierge, ou, Recueil des notes qui ont servi de bases aux différens sujets traités sur cette matière dans le cours des missions, retraites, etcChapitre 7 sur 133 · Livre I, tc · texte numérisé non relu

Livre I, tc

tous les rapports , dont l'Ange montre un modèle sur la montagne ; cet or qui brille de toutes parts ; cet éclat , cette majesté qui inspirent le respect et qui impriment la terreur; tout cela n'est tout au plus qu'une faible image de ce que le Seigneur doit opérer de sublime et de merveilleux en Marie , de qui l'arche de l'ancienne alliance n'est que la figure ; umhram eniin hahens.

Aussi l'arche construite par Moïse n'est-elle destinée qu'à être la terreur des ennemis de Dieu ^ un lieu de refuge, où le conducteur des enfans de Jacob pourra adresser ses prières au Très-Haut en faveur de son peuple, et où Dieu a promis de l'exaucer:

c'est là qu'il demandera la connaissance de ses adorables volontés, et qu'il s'est engagé de les lui faire connaître; elle n'est destinée qu'à recevoir dans son enceinte \^^ tables de la loi , qu'à conserver comme un monument de la bonté de Dieu envers son peuple , et tout à la fois de sa puissance, la manne , ce pain miraculeux descendu du ciel :

on Y placera encore la verge qui fleurit entre les mains d'Aaron , pour annoncer sa mission divine , et pour apprendre à tous les siècles que celui-là

20 Dévotion à la S, Vierge* seul a le droit de mettre la main à l'encensoir, qui, comme lui , y a été appelé de Dieu. Mais l'arche de la nouvelle alliance était destinée à de plus grandes choses : ce ne sont plus les tables de la loi qu elle doit renfermer dans son sein , mais 1 auteur même de la loi ; ce n'est plus cette manne que mangèrent nos pères dans le désert , et qui ne les empêcha point de mourir , mais le pain vivant descendu du ciel pour donner la vie au monde ; ce n'est plus la verge qui fleurit entre les înains d'Aaron , pour annoncer sa mission divine comme grand - prêtre et sacrificateur, c'est le pontife par excellence , le grand - prêtre selon l'ordre de Melchisédech , dont le sacerdoce est éternel ; enfin , ce n'est plus la simple promesse d'exaucer les vœux et les prières , de découvrir les volontés du Dieu très-haut sur son peuple , qui doit reposer en elle , c'est le Dieu des promesses lui-même.

Dès-lors que n'a donc pas dû faire le Seigneur pour orner cette arche mystérieuse , ce tabernacle divin ! Le ministère des Anges et celui des Prophètes n'est plus suffisant pour exécuter un si grand ouvrage j Dieu en

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fera lui - même l'objet de ç>t% soins , selon l'oracle de David : Sanctificavit tabernaculum siium Altissimus, Après l'avoir formé de ses mains ; après l'avoir préservé de la souillure originelle, il l'ornera, il le remplira de ses grâces , il le perfectionnera , il le sanctifiera.

Outre le privilège de l'innocence parfaite , outre la prérogative par excellence d'avoir été conçue sans péché , Marie a été enrichie de toutes les grâces célestes. 11 me serait impossible de pouvoir entrer dans un détail circonstancié des différens dons de la grâce qui sont venus enrichir sa belle ame ; j'observerai cependant, quoique je ne doive point encore parler de ses vertus , qu'on remarquera toujours en elle une foi sans nuages , une espérance ferme , une charité sans bornes , une pureté au-dessus de celle des Anges , une prudence consommée , une sagesse sans égaremens, une piété sans tiédeur : ne voilà-t-il pas qui suppose déjà en elle une abondance incompréhensible de dons et de grâces? Et quand je dis que Marie a reçu de Dieu avec abondance tous les dons et toutes les grâces qui ennoblissent l'ame , et qui la rapprochent

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le plus près de Dieu , je dois ajouter qu elle les a reçus au plus haut degré qu'ils puissent être accordés à une simple créature; de telle sorte que lorsque l'Ange du Seigneur sera envoyé à Marie , pour lui annoncer que le Très- Haut Ta choisie pour être la mère de son fils , il lui dira , en la saluant de la manière la plus respectueuse : « Je » vous salue , Marie, pleine de grâce ; » Ai^e , Maria , gratici plena. Marie , pleine de grâce; c'est-à-dire qu'il n'y a en elle aucun vide touchant les grâces et les vertus ; que tout son être, son ame avec toutes ses facultés , son corps avec tous ses sens , sont remplis des dons de sainteté et de vertus , gi^atid plena. Son esprit est rempli des pensées les plus sublimes et les plus célestes, de la foi la plus universelle , la plus vive et la plus pure ; sa mémoire est sans cesse occupée des souvenirs les plus religieux , des amabilités , des perfections et des bienfaits de son Dieu ; son cœur est tout embrasé àQS sentimens de l'amour le plus vif et de la reconnaissance la plus étendue ; ses yeux ne voient partout que Dieu ; ses oreilles ne se plaisent qu a entendre parler de Dieu , qu'à

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