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entendre chanter ses louanges ; sa Louche ne s'ouvre que pour célébrer s^s merveilles , que pour le bénir et le glorifier ; en un mot , tous ses sens et toutes ses facultés ne goûtent que.
Dieu, et ne se complaisent qu'en Dieu; en sorte que Marie est toute perdue en Dieu ; que la grâce de Dieu , que Dieu lui-même remplit toute la capacité de son être : gratid plena , Dominus tecum»
Marie fut toujours remplie de grâces, toujours perdue en son Dieu depuis le moment qu'elle fut conçue dans le sein de sa mère , le démon, le monde , ni le péché n'ayant jamais eu aucun accès auprès d'elle , n'ayant jamais eu le moindre droit sur elle : gratid plena , Dominas tecunu N'est-il donc pas aisé de juger par-là combien grandes ont été les merveilles que Dieu a opérées dans ce chef-d'œuvre de sa toule-puissance ?
Mue par la reconnaissance , et voulant porter toutes les créatures à s'unir à elle pour bénir son Dieu et le remercier de tous ses dons , Marie, quelque (Drofonde que soit son humilité , pressée par un semblable motif, se croit obligée de publier à la face du
24 Déi'OtioTî à la S» Vierge, monde les miracles de grâce que la toute-puissance de Dieu a opérés en elle : Fecit mîhi magna qui potens est , s'écrie-t-elle ; « Celui qui est tout- ^> puissant a opéré en moi de grandes » choses. i> Fecit potentiam in brachio siio ; « 11 a déployé , en me coms> blant de ses faveurs, la force de son » bras. )> Dans la création du monde , un acte simple de la volonté de Dieu , une seule parole a suffi : Dixit etfacta sunt. Quand il a établi cet ordre admirable qui règne dans ce vaste Univers , ce n'a été là qu'un jeu de sa puissance j
ludens in orbe terrarum. Si ,
dans la suite des âges , il opère des prodiges^ si, pour arracher son peuple à l'esclavage dans lequel il gémit, il ouvre un passage au milieu de la mer rouge ; s'il fait remonter les eaux du Jourdain vers leur source , ou s'il fait tout autre semblable prodige , ce ne sera là encore qu'un essai de sa puissance : le doigt de Dieu suffira alors pour rendre nuls tous les efforts des démons et des puissances humaines , ainsi que les ennemis de Dieu euxmêmes seront forcés de l'avouer dans leur défaite : Digilus Dei est hîc ( Exod. 85 19 }. Mais quand il s'agit
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de créer Tarche de la nouvelle alliance , le tabernacle du nouveau Testament , en qui le fils de Dieu doit résider ; quand il s'agit de l'orner , de l'enrichir des dons célestes , de le perfectionner, d'humilier les ennemis de son nom, et de les mettre dans une espèce d'impossibilité d'oser défigurer son ouvrage , Dieu déploie la force de son bras ; Fecit potentiam in hrachio suo.
Que n'ont pas dit les Pères et les Docteurs de l'Eglise pour nous donner, autant qu'il a élé en eux , une idée des grandeurs de Marie , considérée sous le rapport des dons incompréhensibles qu'elle a reçus de son Dieu ! Quand je considère dans Marie l'étendue et la profondeur des grâces dont son ame a été enrichie par les mains toutes-puissantes du Créateur, dit Saint-BonavenLure , je vois en elle un ra^^on de la Divinité , radius Dii^initatis. Le Ciel , s'écrie Saint-Bernardin de Sienne, adonné à Marie autant de grâce qu'il pouvait en accorder à une pure créature : Tanta gvatia ^virgini Mari ce data est^ quanta uni et parce créât urce dari potes t ; et le Docteur angélique Saint -Thomas ajoute que le Tout-Puissant ne pouvait préparer
26 Dih^'otlm à la S, Plerge, à son divin fils une mère plus grande et plus parfaite que la vierge Marie : Majorem matrem 'virgine Maria facere non pote rat Deus, Saint-Eucher reprendra , pour nous dire : « Voulezi> vous concevoir la plus haute idée qu'il i> soit possible de concevoir de la gran- » deur de Marie ? pensez quelle sera la >> grandeur de celui de qui elle doit être » un jour la mère : » Scire viiltis qiialis sit mater , cogitate qualis sitfilius. Non pas que Marie puisse jamais être assimilée au fils de Dieu, de qui elle doit être la mère ; mais l'illustre Docteur veut nous dire par-là combien a dû renfermer de grandeurs celle qui a mérité de porter dans son sein celui qui est la source de toute grandeur.
Finissons, sur cet article, les preuves qui nous viennent de la part des Saints et des Docteurs de l'Église , par un beau passage de Pierre Damien : Pour tout dire en un mot, nous dit ce savant écrivain , aussi célèbre par ses lumières que par sa piété , « Marie ^> est un chef-d'œuvre si achevé et si i> parfait , qn'il n'est surpassé que par » celui-là même qui fa formé : » Opus (juod solus opifecc supergreditur.
Que nous aimons , ô Marie ! rayon
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par excellence de la Divinité ! chefd'œuvre du Très-Haut ! que nous aimons à découvrir , par nos méditations , les grâces dont vous avez été enrichie , pour en bénir le Très-Haut , de qui vous ]es avez reçues , et pour vous en féliciter ! Gloire soit donc rendue à Dieu , au plus haut des cieux ! Honneurs , hommages à celle qui est chérie du Tout-Puissant , et qui est comblée de ses dons ! Mais ces dons précieux ne nous seront point étrangers à nous-mêmes , ils serc nt encore pour nous à^s motifs de consolation et de joie , pendant qu ils en seront un bien puissant pour nous exciter à des senlimens de respect et de vénération envers celle qui les a reçus. Non , ô Marie ! j'aime à le rappeler à votre tendre cœur , ces glorieux privilèges , ces titres de grandeur et de grâces dont vous avez été enrichie, ne nous seront point étrangers; car vous ne serez point pour les hommes , de qui vous serez un jour la reine et l'avocate, ce que furent les Vierges sages envers les Vierges folles; vous ne répondrez point ce qu'elles répondirent à celles-ci , lorsque, pressées par leur état dlndigence , elles
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eurent recours à elles : Pourquoi vous adressez-vous a nous ? Pourquoi nous demandez-vous de partager avec vous l'huile de nos lampes , répondirentelles ? Non , « de peur qu'elle ne suf- » fîse point pour nous et pour vous , ^> allez plutôt à ceux qui en vendent : ^> Ne foî-tè non siifficiat nobls et t^obls , ite potlùs ad vendentes (Math. ^5 , 9). Il n'en sera point ainsi de vous , ô tendre Marie ! de vous , qui abondez et qui surabondez en toutes sortes de grâces et de délices , deliclls affluensÇ^à), Au contraire , lorsque vous nous aurez été donnée pour mère et pour avocate , vous vous complairez à nous faire part de votre abondance et des richesses dont vous êtes comblée vousmême. Au lieu de nous dire : Allez plutôt à ceux qui en vendent , vous nous direz , dans l'effasion de votre tendresse : Ego diligentes me dillgo^ et qui manè vigilant ad me vwenlent
(rt) Je n'ai point eu l'intention d'attaquer ici le mérite des Saints, non plus que l'efficacité de leur intercession , ni l'application de leurs * •mérites; je ne me suis servi de cette parabole que pour faire ressortir davantage l'immensité des dons que Marie a reçus de Dieu par privi-. lége au-dessus de tous les Saints.
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me ; ^ J'aime tous ceux qui mettent 5? en moi leur confiance ; et ceux qui » mettront de l'empressement à me » chercher, me trouveront infaillible- 5t> ment. » « Je possède avec moi la jus- » tice, la gloire et les richesses; j'abonde ^> en toutes sortes de biens ; j'enrichirai » ceux qui m'aiment, et je remplirai » leurs trésors : » Mccum sunt dwitice et glorla , opes super bœ et jiistitia, , . . ut ditem diligentes me , et thesauros eorum repleam ( Prov. cli. 9 ).
J'ai donc eu raison de le dire, cher lecteur , que cette plénitude de grâces et de dons célestes en Marie était autant pour nous un sujet de consolation et de joie, qu'elle était un sujet d'admiration et un motif de vénération et de respect envers Marie ellemême. Ne cessons donc jamais de chanter ses louanges ; mais aussi ne cessons jamais d'avoir envers elle une véritable confiance,