Livre IIL iS
leux , cet esprit homicide depuis le commencement du monde , cet ennemi de Jésus-Christ et des âmes rougies de son sang , me menacer de me précipiter dans ce nouvel abyme \ Oui , que ne m'est-il donné alors , de voir partout écrites sous mes yeux ces belles paroles , ces paroles consolantes , pour qu'il me souvienne de les prononcer aussitôt : Mater misericordia.., monstra te esse matrem ! Mère de miséricorde, montrez que vous êtes notre mère 1....
au même instant je sentirais la paix , la consolation descendre avec suavité dans mon ame , et je verrais tous mes ennemis confondus , prendre une fuite honteuse et précipitée.
7.^ Ange de Dieu , qui m'avez été donné dans sa miséricorde pour me servir de guide , et pour me secourir dans tous les périls dont je me trouve sans cesse environné dans ce monde !
ange tutélaire, qui ne cessez de marcher devant moi , selon la promesse que Dieu lui-même nous en a faite , pour empêcher que nos pieds n'aillent heurter contre la pierre 1 j'oserai ici vous demander une grâce , et quelle grâce ?
c'est que chaque fois que je me trouverai exposé à quelque péril , soit pour
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lame, soit pour le corps , vous daigniez rappeler à mon esprit agité , le souvenir de ces douces et consolantes paroles:
Mater misericordiœ,,^ monstra te esse matrem ! « Marie , Mère de miséricorde , montrez que vous êtes notre mère ! »
Je veux dès aujourd'hui commencer à le répéter mille fois , afin d'en contracter l'agréable et salutaire habitude:
Marie, la Reine des cieux, la Mère de Jésus , la plus grande et la plus auguste des mères , est aussi ma mère ; elle est pour moi, quelque élevée qu'elle soit dans la gloire , une mère de miséricorde et de bonté. Une reine **ur la terre rougirait de m'adopter pour être désormais son enfant , mais Marie , la Reine des reines , la Reine de tout ce qui est appelé grand après Dieu , et l'humanité sainte de Jésus-Christ , son divin Fils , ne rougit pas de se dire ma mère et de me reconnaître pour son enfant : Et ex iUd horâ accepit illam discipuius in sud.
Ah ! combien cette pensée , ce titre de gloire , ce titre d'enfant de Marie qui m'est donné, m'élève, m'ennoblit, et enflamme ma confiance ! comment est-il possible d'après cela que tous le^
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hommes ne viennent point à la fois se précipiter dans les bras de cette bonne , digne et tendre mère l comment se pentil que nos coeurs en réfléchissant sur cette pensée : « IVfarie, la reine des cieux , est notre mère ^ , ne se sentent pas embrasés pour elle d'un amour vif , pur et ardent, et qu'ils ne se sentent pas animés d'une confiance sans bornes envers elle ?
c'est là un de ces prodiges d'aveuglement et de malheur , qui me paraissent les plus difficiles à comprendre , d3 voir, d'après tout cela , tant de froideur de notre part , tant d'insensibilité et si peu de confiance envers Marie.
Vita , dnlccdo et spcs nostra êalve.
I.® Nous ajouterons encore , ô tendre Marie , ô la plus aimable des mères ! que vous êtes en même temps notre vie , notre douceur et notre espérance ; vous êtes notre vie , car tout ainsi que nos mères selon le corps nous ont donné la vie naturelle , de même vous qui êtes notre mère selon la grâce, nous avez donné la vie de l'esprit , en nous donnant celui qui est la véritable vie , Jésus-Christ votre divin Fils , de
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qui il est dit : Et ipse vita erat : 4; Et
celui-là était la vie ».
3.° Nos mères selon le temps nous ont donné la nourriture temporelle , pour conserver en nous la vie temporelle qu'elles nous avaient donnée; mais vous notre mère pour le temps etpourleter- Tiité , vous nous avez donné dans le même Jésus-Christ, qui est aussi le pain des âmes , une nourriture qui nous fera vivre éternellement ; mais vous êtes encore .notre vie, en ce que nous retrouvons en vous les sources de la grâce divine , dont vous êtes la dépositaire , et dont vous êtes appelée la mère ; en ce que nous retrouvons en vous les trésors du saint amour et de la sainte crainte , qualités qui vous ont fait appeler dans l'Ecriture « la Mère du bel amour , de la crainte selon Dieu , et de la sainte espérance » : Mater pulchrœ dilcctionis et timoris et sanctcs spei ( Eccli. , 24 , 24 ). 3.^ Et vous êtes aussi notre douceur:
Dulcedonostra, Qu'il est doux, en effet, de penser à vous , de parler de vous , d'exalter et de publier vos grandeurs i qu'il est doux de se confier en vous , de converser avec vous par la prière, de vous exposer ses besoins et de réclamer votre secours I qu'il est dgux et consolant
enfin