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ses pieds. Voyez ces quatre sources de sang qu'ils ouvrent. La croix sur laquelle Jésus est attaché, est plantée sur le sommet de la colline. Regardez le Sang : il coule d’abord en larges effusions; puis, peu à peu, ce courant s’amoindrit; ce n’est plus bientôt qu’un mince filet, et enfin ce ne sont que des gouttes, car la source est épuisée. O ciel! O terre! Quel spectacle que celui de ces dernières gouttes duSang d’un Dieu qui s’échappent encore de ses plaies, et que d’instant en instant on entend tomber sur la terre! C’en est fait; tout le Sang qui entretient la vie a été répandu, et Jésus expire. Il reste pourtant un peu de Sang au cœur: il faut que tout sorte : un soldat perce le côté de Jésus de sa lance, et ce reste de Sang coule. Jésus a tout donné ; il ne s’est rien réservé. Sibi nil reserval sangutnis.
Effet réparateur du Sang divin.
Il tombe le Sang d’un Dieu sur cette terre maudite, livrée aux ronces et aux épines, condamnée au feu ; mais le Christ rachète ses habitants
de la malédiction. Christus redemit vie nos de maledicto. Gal. 8. Ver Le Sang de Jésus, il jaillit partout, {| pen
et il lave, il purifie tout. L'Eglise chante au temps de la Passion que la terre, la mer,les astres, le monde tout entier sont lavés dans ce fleuve.
Terra, pontus, astra, mundus, quo lavantur flumine.
* Là où le Sang de Jésus tombe, toute tache disparaît ; il pénètre partout et détruit toute souillure. Il lave en consumant, Car il tombe poussé par l'amour qui l’enflamme. L'Eglise dit aussi dans son Office: La merveilleuse force de l'amour a lavé l’univers par ce Sang. Mira tandem vis amoris, lavit orbem flumine. |
Voyez : une goutte de ce Sang jaillit sur le larron ; c'est assez, toutes
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les iniquités de ce g:.nd coupable sont effacées ; il reçoit une beauté telle qu’il est digne d'entrer au jour même dans le Paradis.
Le Sang de Jésus lave l'âme, et en même temps, il satisfait à la justice divine.
L'homme a désobéi à Dieu; le Verbe divin veut, en s’immolant, compenser cet outrage. Le Père accepte l'offre de son fils et lui fait un commandement de l’accomplir. Eh bien !
le Verbe incarné obéit, suivant la parole de l’Apôtre, jusqu’à mourir sur la croix en répandant tout son Sang.
(Philip. 2.)
L’offense du péché, s'adressant à la majesté infinie de Dieu, ne pouvait être réparée que par une expiation d’un prix infini : le Sang de la Croix a accompli cette expiation. Aussi, l'Apôtre nous dit que Dieu a établi Jésus-Christ comme propitiation pour montrer sa justice. (Rom. 3)
Et la beauté souveraine reçoit un amour digne d'elle dans cette immalation que le Verbe incarné accomplit
pour sa gloire. Il verse son Sang 4 jusqu’à la dernière goutte pour prou- # ver son amour envers son Père en 4 lui rendant les créatures qu'il avait « formées, et en lui préparant les élus * qui rempliront le Ciel, et le glorifie- !
ront éternellement.
Pour opérer cet effet, ce n'était | pas assez de laver les âmes, et de sa- L
tisfaire pour elles à la Justice divine.
Par un prodige extrême de son amour et de sa sagesse, Jésus donne son sang aux âmes dans l’Eucharistie. Par ce
sacrement, les hommes s’approprient % P
ce Sang divin ; il passe dans leurs veines pour se mêler au leur. Ils deviennent alors, selon l'expression de l'Apôtre,participant de la nature divine, (2 Petr. 1.) Les sentiments qui se produisent en eux sont des sentiments divins, les actes qu'ils opèrent sont des actes divins, par la vertu que leur communique le Verbe de Dieu qui leur. est uni. Ils sont d’autres Christs, dignes que le fils dise d'eux à son Père : * Comme vous, mon Père, êtes en moi, et moi en vous, qu’ils soient
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ide même une seule chose en nous.” (Jean : 17.)
Par l'usage fréquent de ce sang
‘reçu dans l’Eucharistie, appliqué à l'âme dans le sacrement de pénitence,
sans cesse invoqué pour être enrichi
“ de ses mérites, et offert à Dieu pour n’était Ven recevoir toutes les grâces, le chré- : de sa. À tien se sanctifie : il devient semblable { au Christ en sainteté. Quand vient la 4 mort, pour lui le ciel s'ouvre. Le . Père céleste, le voyant tout resplen- 1 dissant du sang de son fils, l’associe à )prient # sa gloire, et en fait aussi l’objet de ! ses éternelles complaisances. Les élus { sentant que tout leur bonbenr est dû | au sang que le Christ a versé pour eux ne cessent de le bénir, en lui répé- { tant sans fin: Vous nous avez rachetés
Ë pour Dieu par votre sang. (Apoc. 5.)
Comprenons-nous maintenant ce
# que c’est que l’œuvre opérée par le sang du Christ? Il est vrai que l'Eglise l'appelle Mystère de foi. Sans À doute nous ne pouvons pénétrer dans “toutes ses profondeurs, et d’ailleurs, « c'est la révélation seule qui nous Pa
fait connaître. Mais il jette tant de lumières, qu’une fois révélé, on semble le comprendre. Il y a là comme une vision de la sagesse, de la sainteté, de la bonté de Dieu, qui doit nous mettre comme dans une extase d’admiration, de reconnaissance et d'amour.
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Comment s’appliquer le Sang Divin.
Pour que le sang du Christ ait son effet, il faut que les hommes l’emploient. La liberté de s’en servir leur est laissée. Mais le Christ nous invite à le prendre par les exhortations les plus pressantes. Buvez-en tous, nous répète-t-il sans cesse ; il le met à notre usage, sous toutes les formes pour ainsi dire. C’est lui qui est répandu dans les âmes en tous les sacrements ; c’est lui qui est donné dans toute grâce ; tout acte de vertu n’est qu’un produit de sa vertu divine.
Sans lui, Ÿ n’y a pas de rémission de péchés, (Hébr. 9.) I faut nous purifier
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