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; Glycurie des femmes en travail
Quant aux urines des femmes en travail, nous n’a- vons pu en examiner que 6. La recherche du sucre ne put être faite que sur les urines d’une seule émission. Pas une fois nous ne pûmes déceler de sucre.
Voici les 6 observations résumées :
Obs. n° 88. — Mme R.., Andrée, 20 ans, Il‘-pare (1°° accouchement par le siège). À terme. Présente des douleurs depuis 6 heures du matin. À 11 heures, la dilatation est à 2 francs, la poche des eaux rompue.
Le reste de l’accouchement fut normal.
Obs. n° 89. — Mme T..., Aline, 30 ans, Il‘-pare (le 1°° accouchement eut lieu normalement à 7 mois). Grossesse à terme, Col perméable, poche des eaux rompue, col per-
méable.
AE Obs. n° 90. — Mme S.…., Geneviève. 27 ans, I'"-pare,
NO
Grossesse à terme. Présente des douleurs depuis 6 heures. La poche des eaux est rompue, la dilatation d’une pièce de 2 francs.
Obs. n° 91. — Mme F..., Berthe, 26 ans, Il‘-pare. Grossesse à terme, poche des eaux intacte. Dilatation d’un franc.
Obs. n° 92. — Mme C..., Marie, 30 ans, VI° gestation, V:-pare. Grossesse à terme. Poche des eaux intacte. Dilatation de deux francs.
Obs. n° 93. — Mme B.…, Camille, 34 ans, V‘-pare. Grossesse à terme. Dilatation à 5 francs ; poche des eaux intacte.
Glycurie des femmes en lactation
Si notre pourcentage de glycosurie chez les femmes enceintes ou en travail est très faible, par contre les glycuries des femmes en couches nous ont semblé très fréquentes.
Sur 6 femmes hospitalisées après leur accouchement, 4 fois nous avons obtenu une réduction de la liqueur de Fehling par les urines chauffées. Ceci nous fournit un pourcentage de 66 %.
Toutes ces accouchées commençaient à nourrir leur enfant, sauf une (Obs. n° 97), qui présentait une forte cyphose avec maladie mitrale et dont on faisait passer la montée de lait par une compression des seins. Chez elle la quantité de lactose était légèrement plus élevée: 7,77 par litre.
Chez ces 4 femmes, nous retrouvâmes constamment du lactose pur, sans trace de glucose, et nous pensons
| que chez les femmes nourrices, la in est fréquente et physiologique.
Signalons que 2 de ces femmes (Obs. 94 et 96) avaient été vues au cours de leur grossesse et que nous ne leur avions pas trouvé de sucre dans les urines (Obs. 54 et 30).
Observations des femmes en couches dont les urines réduisirent la liqueur de Fehling
Obs. n° 94. — Mme D... Mindla (obs. n° 54), 30 ans, Fe-pare, a ‘accouché 4 jours avant. Présente une pyélone: phrite. Nourrit son enfant.
Glysocurie : 3 gr. 33.
Il s’agit de lactose pur.
Obs. n° 95. — Mme M.…, Germaine, 35 ans, I"-pare. accouche 5 jours avant. Nourrit son enfant.
Glycosurie : 5 gr. 07.
Il s’agit de lactose pur.
Obs. n° 96. — Mme G..., Maria (obs. n° 30), 34 ans, III‘-pare. Accouchée 6 jours auparavant. Nourrit son enfant.
Glycosurie : 3 gr. 43.
Il s’agit de lactose pur.
Obs. n° 97. — Mme R.…, Lucienne, 23 ans, F°-pare. Accouchée depuis 4 jours. Forceps, car cyphose très accentuée, maladie mitrale. Ne nourrit pas son enfant.
Glycosurie : 7 gr. 77.
Il s’agit de lactose pur.
LR
Observations des femmes qui ne présentèrent pas de lactosurie
Obs. n° 98. — Mme M.…, Marie-Louise, 32 ans, VIF gestation, VI‘-pare. Accouchée à terme, depuis 6 jours. Nourrit son enfant.
Pas de réduction de la liqueur de Four
Obs. n° 99. — Mme S.….., Clémence, 25 ans, Il'-pare. Accouchée 5 jours auparavant. Nourrit son enfant. Pas de réduction de la liqueur de Fehling.
4° Pathogénie
Les glycuries observées au cours de la grossesse, du travail ou de la lactation doivent être étudiées de près pour pouvoir les classer en différents groupes.
1° La lactosurie : elle ne peut être qu’une découverte de hasard, la femme ne présentant aucun des signes du diabète. De plus on ne peut savoir qu’il s’agit de lactose que par une recherche des cristaux de lactosazone. En ce cas le diagnostic ne peut être hésitant ; il s’agit d’une lactosurie toute physiologique, sans rapport avec le diabète.
Sa fréquence semble bien moins grande qu’on n’a pu le penser autrefois, où il était même admis que plus une femme présentait de sucre dans les urines et plus elle serait bonne nourrice.
Il existe en tout cas une corrélation intime entre le travail de la glande mammaire et l’excrétion du sucre urinaire ainsi qu’en témoigne l’expérience de Porcher qui fit une ablation des mamelles chez une chienne
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en | lactation : aussitôt la Dune aurait cédé la place à une lactosurie.
2° Il existe de la glycosurie : ; eue A) Il peut s’agir d’une glycosurie passagère et fu gace, qui s’est présentée une ou plusieurs fois au cours de la grossesse. Elle s’accompagne d’hyperglycémie et succède à un repas riche en glucides, après lequel le sang s’est trouvé chargé en sucres que le foie anormalement surmené par la grossesse n’a pu suffire à fixer. | Ces troubles de la grossesse paraissent surtout marqués à la fin de la gestation où ils pourraient être mis en évidence par l’ingestion de sucre. Si chez un individu normal, 100 grammes de sucre sont indispensables pour faire monter la glycémie à 1 gr. 80, atteignant ainsi le seuil de perméabilité du rein au glucose, d’où glycosurie, chez la femme enceinte, la moitié de cette dose semble suffisante (Gottschalk, Stricken), ce qui s’expliquerait par une insuffisance hépatique. à B) La glycosurie peut persister au cours de toute la grossesse, s’accompagner d’une glycémie normale ou même d’une hypoglycémie. Il s’agit alors d’un diabète rénal qui est caractérisé par 4 éléments :
a) la présence de sucre dans les urines ; b) la glycémie normale ou inférieure à la normale ; c) l'épreuve de l’hyperglycémie provoquée reste normale ; | d) l’ingestion des glucides ne doit pas modifier la glycémie.
Ce syndrome ne s'accompagne pas des signes habituellement révélateurs du diabète.
Ici donc le seuil de perméabilité du rein au glucose semble être seulement abaissé. Quelques cas de diabète rénal ont été rapportés par Louvet en 1873, Charrin et Guillemonat en 1899, Cloque et Lantuéjoul en 1920, Azerad en 1934, H. Labbé en 1934, Terrenoire dans sa thèse en 1935. Il semble bien que ce soit au diabète rénal que peut être rapportée l’observation n° 1, malgré l’absence d’autres renseignements que nous ayons pu obtenir.
La pathogénie de ce diabète rénal au cours de la grossesse est encore à l’état d’hypothèse : pour Cammidge, il s’agirait d’une insuffisance parathyroïdienne ; pour Franck et Nothmann, dès la fécondation de l’ovule, il y aurait augmentation de l’alcalinité du protoplasme des cellules rénales, d’où hyperméabilité qui durerait pendant toute la gestation.
L’avenir des diabétiques rénaux est très variable ; souvent ce diabète rénal disparaît après la grossesse et ultérieurement la femme ne présentera plus aucun trouble de sa glyco-régulation. Cependant au cours des grossesses suivantes, il réapparaît généralement, et même plus précocement ; il disparaît après cellesci, mais peut persister après l’une d’elles.
D’autres fois (Allen et Joslin), ces diabètes persistent d’emblée et peuvent évoluer vers un diabète vrai dont ils ont constitué le premier stade. Le diabète vrai peut apparaître après un intervalle où la malade
n’a plus présenté de glycosurie et semblait parfaitement indemne de toute affection.
Pour M. Rathery, le diabète rénal est l'indice certain d’un trouble organique plus profond qu’on ne le pense, et celui-ci se retrouve plus tard, généralement transformé en diabète vrai. :
Pour M. Labbé (observation présentée à la S. M. H. P. du 2 novembre 1934), inversement un diabète vrai pourrait, à l’occasion d’une gestation, se transformer en diabète rénal, opinion controversée par M. Rathery.
C’est en songeant à l'éventualité toujours possible d’une transformation en diabète vrai, qu’une femme ayant présenté au cours d’une grossesse une glycosurie sans hyperglycémie, doit cependant être suivie longtemps après l’accouchement. Pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, des examens systématiques de sang et d’urine devront être faits régulièrement pour déceler le début d’un diabète vrai.
Un certain nombre de glycosuriés doivent être rangées dans cette catégorie (pour Mlle Wolff, 44 % des glycosuries des femmes enceintes en relèveraient), il ne semble pas que cette interprétation puisse être appliquée à toutes les glycosuries, comme quelques auteurs, Cron, Franck et Nothmann, Olow, Knud-Faber l'ont pensé, au point que pour eux la glycosurie pourrait constituer un des premiers signes de gravidité.
C) Si à cette glycosurie persistante s’associe une hyperglycémie, il s’agit d’un diabète vrai, révélé ou non par ses signes habituels, et qui a pu précéder la grossesse ou être déclenché par elle.