‹ Diabète et TuberculoseChapitre 24 sur 55 · PAR AE RS · texte numérisé non relu

PAR AE RS

ORSERVATION 34.

Mau... Auguste, ciseleur, 43 ans, entre le 25 novembre 1929 à la salle Rabelais pour diabète qui s’est manifesté le 4er janvier 1929 à l’occasion; d’une grippe, dit-il, par polydipsie (10 lit), polyphagie et polyurie et un amaigrissement de 75 à 50 kgr. pour une taille de 1 m. 75. C’est un ancien obèse qui a pesé 92 kilos il y a vingt ans, et qui est fils d’obèses (parents pesant 90 et 70 kgr.)j. En mai 1929, son diabète a été soigné à l'hôpital Cochin ; la glycosurie atteignait 595 gr. par 24 h..et s’accompagnait d'aénnune On lui a prescrit un régime comportant 115 gr. d’H. de C. préformés avec 40 U. d’insuline,sa glycémie est restée aux environs de 3 gr.

En juin 1929, il a pu reprendre son travail, mais il suit mal son régime et a abandonné l’insuline. Depuis octobre il se sent très fatigué, ne peut plus travailler ni manger : il tousse et ne pèse plus que 46 kgr. 300. II entre dans le service en état de précoma avec odeur acétonémique de l’haleine. La réaction de Gerhard est fortement positive et la réserve alcaline est abaissée à 27 volumes. Sous l'influence de l’insuline cet état s'améliore. La réserve alcaline remonte à 46,7. L’acidose disparait et un régime comportant 75 gr. d'H. de C. et 40 U. d’endopancerine est ensuite toléré par le malade.

Dans les mois qui suivent, on est obligé d'augmenter progressivement l'insuline jusqu’à 100 U. Au mois de mars, cependant, le malade tousse un peu et l’on entend quelques râles sous-crépitants humides après la toux à la partie moyenne du poumon droit, avec une respiration rude dans les deux champs pulmonaires et diminuée au sommet droit.

Le malade qui se refuse à prolonger ses séjours à l'hôpital est sorti le 22 janvier 1930 sur sa demande.

Le & juillet 1930, il « prend froid » en faisant une ronde de nuit. ü revient le 7 juillet 1930 dans le service, fébrile et en poussée d’acidose. La réserve alcaline est abaissée à 33 v. 09.

120 U. d'insuline sont nécessaires pour la relever. L’examen des poumons permet de constater l’existence des mêmes signes.

Sorti le 14 juillet, le malade revient le 3 octobre parce qu’il a eu un malaise insulinique. Cependant la radio du 27 août 1930 a montré une plage non homogène avec aspect en mie de pain étendue à toute la partie moyenne du poumon droit, respectant la base et le sommet ;

à gauche état trabéculaire.

Le 5 janvier 1931, nouvelle poussée d’acidose mettant le malade

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en état de précoma, avec torpeur, cyanose, refroidissement des extrémités, odeur acétonémique de l’haleine, abolition des réflexes. 360 U. d'insuline sont nécessaires pour faire disparaître l’acidose ; cependant la température est fébrile à 400 ; lexpectoration bacillaire. Une radiographie montre, le 12 janvier, l'aspect en mie de pain de la partie moyenne du poumon droit et l'infiltration parahilaire du poumon gauche. On tente enfin un traitement in er‘remis sous forme d’un pneumothorax droit, mais le malade meurt le 17 janvier 1931.

En résumé, il s’agit d’une tuberculose pulmonaire, uni, puis bilatérale, portant sur la partie moyenne du poumon droit avec aspect en mie de pain et infiltration para-hilaire à gauche, forme: fébrile, bacillaire, ayant amené des poussées d’acidose avec état précomateux 8 mois après la découverte d’un diabète avee dénutrition et ayant entrainé la mort en 1 an 1/2 environ

L'apparition de l’acidose et sa persistance chez un diabétique, si elle ne peut être expliquée par un écart de régime, doit done faire rechercher une infection, et parmi les infections, la tuberculose. Sur 95 cas ce signe ne manquait que 8 fois. Il s’agit de 8 diabètes sans dénutrition et c’est en raison de la bénignité relative de ces diabètes que l’acidose n’est sans doute pas apparue.

20 Symptômes. La tuberculose des diabétiques est-elle sèche, froide et sans réaction ?

Depuis Pinoux, il est classique d'affirmer que la tuberculose des diabétiques revêt un type clinique bien spécial qui se passe de toute manifestation bruyante en particulier d’expectoration bacillare et d’élévation thermique. Elle est «sèche, froide, et sans réaction ». C’est un véritable abcès froid du poumon qui aboutit à une fonte rapide des tissus. Peut-être en, était-il ainsi chez les diabétiques non traités et en état d’anergie. Mais 1l n’en est pas de même chez le diabétique qui suit un régime hypoglycémiant et reçoit de l’insuline. En 1923, Brum et ScHwaB observent que dans deux cas de tuberculose chez les diabétiques où l'insuline a été employée, la fièvre est apparue et les lésions pulmonaires se sont étendues. Ils supposent que l'insuline modifie l’état de latence de la tuberculose pulmonaire

des diabétiques, qu’elle supprime l’anergie qui rendait leur tuberculose silencieuse et transforme celle-ci en une tuberculose active comme celle d’un sujet noimal. Peut-être pourrions-nous trouver là l'explication de Pécart qui existe entre la description des classiques et les formes de tuberculose que nous avons observées. Cependant certaines d’entre elles sont survenues chez des diabétiques non, traités et se sont traduites par un état fébrile et une expectoration abondante et bacillaire comme sil s'était agi de sujets ordinaires. Nous ferons en outre observer que les caractères que Pinoux attribue à la tuberculose des diabétiques sont loin d’être l’apanage de cette dernière. La pratique systématique de l’exploration radiologique conduit à constater chez bien des sujets des lésions tuberculeuses insoupçonnées, telles que : infiltrations torpides ou volumineuses cavernes centrales muettes à l’auscultation, ne provoquant pas en l’absence de bronche de drainage d’expectoration,et en l’absence de foyer pneumonique d’état fébrile. Les anciens auteurs qui n'avaient pas la radiologie à leur disposition n’auraient certainement pu en faire le diagnostic.

Dans la majorité des cas la tuberculose des diabétiques traités ou non ne nous est pas apparue comme étant sèche, froide et sans réaction. Si cette tuberculose revêt parfois un début insidieux et latent, ces caractères sont loin d’être l’apanage du terrain diabétique et on les retrouve chez nombre de sujets indemnes de diabète chez lesquels la tuberculose pulmonaire est une découverte radiologique. Voici quelques chiffres à l'appui de ces assertions.

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