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ÉTUDE CLINIQUE ET STATISTIQUE
Introduction.
Le diabète et la tuberculose sont parmi les maladies qui, dans ces dernières années, ont le plus bénéficié des acquisitions de la médecine. Il était donc naturel que l’on tente d’appliquer leurs nouvelles méthodes de diagnostic et de traitement à la tuberculose des diabétiques. Les résultats obtenus ont donné un regain d'actualité à cette complication redoutable du diabète, déjà bien connue des anciens auteurs. D'ailleurs, loin de diminuer de fréquence, les cas de tuberculose pulmonaire au cours du diabète, depuis qu’on les recherche systématiquement, ont semblé se multiplier et constituer un danger croissant. Mais, diagnostiqués plus précocement, évoluant chez des malades mieux traités, leur physionomie clinique s’est modifiée et ne correspond plus aux descriptions classiques.
C’est en grande partie aux perfectionnements des méthodes d'investigation et surtout aux progrès de la radiologie, que nous devons de pouvoir dépister mieux que nos prédécesseurs, l’atteinte des poumons chez les diabétiques. Les clichés radiographiques donnent en effet un tel luxe de détails, que nous pouvons suivre souvent pas à pas la marche de linfection tuberculeuse et qu’un examen radiologique bien fait prend alors, selon l’expression de SréPHANt, la valeur d’une véritable « autopsie sur le vivant ». C’est dire que nous sommes en mesure, en confrontant les résultats de l’examen radiologique, ceux de
l'examen clinique (auscultation, courbe de poids, courbe thermique) et ceux de la bacilloscopie, de nous faire une idée très nette sur la situation, l'étendue des zones atteintes, sur la nature des lésions (condensation, infiltration, destruction, fibrose, rétraction) et sur leur caractère évolutif ou non, toutes notions qui manquaient en majeure partie aux anciens cliniciens. La tuberculose des diabétiques revêt en effet fréquemment, à son début, une évolution torpide et une symptomatologie réduite. Les lésions sont souvent profondes et, essentiellement destructives, elles restent volontiers muettes. Comment ne pas admettre que l’emploi de la radiologie ne soit venu bouleverser les conditions de diagnostic d’une telle affection ?
Qui mieux est, après avoir constaté le mal, nous ne sommes plus désarmés devant lui et, contre un complexe morbide, nous pouvons lutter par une double thérapeutique. Les premiers résultats ont été obtenus par l'application de la cure de restriction hydrocarbonée, dont ALLEN a été un des promoteurs, et qui est venue heureusement remplacer la malencontreuse cure de suralimentation. Dès cette époque, sous l'influence de labaissement de la glycémie amené par le régime, Marcel LABBÉ constatait déjà que l’évolution de la tuberculose paraissait se ralentir. En 1921, BanriNG et Besr apportent l’arme puissante qu'est Pinsuline et, aussitôt, les auteurs américains formulent lespoir qu’elle aidera à lutter contre la tuberculose. Après quelques hésitations, de nombreuses observations viennent confirmer lPexcellence de cette thérapeutique. L'action de l'insuline est triple : en abaissant la glycémie elle ralentit la maréhe de l’infection tuberculeuse jadis si rapide, en augmentant la tolérance hydrocarbonée elle permet d’instituer un régime plus riche, capable de compenser la dénutrition du tuberculeux, en agissant sur l’acidose elle évite les accidents de coma qui menacent tout diabétique infecté. On peut dire que l'apparition de l'insuline à permis de traiter la tuberculose du diabétique. Seule, en effet, la collapsothérapie peut permettre aux processus naturels de guérison (rétraction lésionnelle ei sclérose périlésionnelle) d'agir complètement chez un diabétique dont, par ailleurs, un régime bien équilibré et un traitement insulinothérapique bien conduit, auront heureusement modifié le terrain glycémique, si propice au développement de la tuberculose.
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. Les premières observations mentionnant l'emploi de ce double traitement datent de 1923 et se sont multipliées depuis.
Actuellement, nous disposons de cas assez nombreux et d’un recul suffisant, pour pouvoir apprécier ses résultats. Si l’on ne peut dire de lui qu’il «guérit » la tuberculose des diabétiques, au moins peut-on dire qu’il permet de très importantes survies. Si lon se rappelle que la tuberculose des diabétiques abandonnée à elle-même entraîne d’une manière inexorable une mort rapide, il est permis de penser que l'emploi de l’insulinothérapie et de la collapsothérapie associées a changé, non seulement la physionomie clinique mais encore le pronostic, au moins immédiat, de cette complication du diabète. Sans avoir encore de portée sociale, ces faits ont au moins une portée individuelle très grande et permettent les plus grands espoirs pour Pavenir. Le succès de la collapsothérapie est en effet lié à de rigoureuses conditions (unilatéralité au moins relative des lésions, récence et limitation de ces lésions, existence de tissu sain élastique périlésionnel aux dépens duquel pourra se faire la rétraction). Ces conditions ne se trouvent malheureusement pas toujours réalisées chez les diabétiques dont la tuberculose est très caséifiante et extensive, lorsque le traitement est trop tard mis en œuvre. Les succès futurs dépendront donc essentiellement de la précocité du diagnostic et de l’intervention.
L'intérêt actuel de la tuberculose des diabétiques est donc fait de trois facteurs :
19 Elle est devenue la complication la plus fréquente et la plus redoutable du diabète, celle que le régime et l’insuline ne suffisent pas toujours à éviter et qui entraîne dans là plus forte proportion la mort des diabétiques.
20 Elle ne correspond pas entièrement, chez le diabétique traité, à la description clinique que nous en ont laissée les anciens auteurs qui n'avaient à leur disposition ni nos moyens
d'investigation ni nos méthodes de traitement.
30 Elle est justiciable d’une double thérapeutique insulinothérapique et collapsothérapique seule capable d'améliorer son redoutable pronostic.
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< D A sai SFR À ; * PARLES ET E Æ- 10 5 Ce sont ces trois ordres de faits que le P* Marcel LABBÉ a. été le premier à mettre en valeur et que nous nous efforcerons . Le: de montrer à la lumière des documents qu'il nous à pur LOTS 7 de consulter. Ces documents sont constitués par les observans tions et radiographies de 95 malades qui séjournèrent dans son di service entre janvier 1928 et décembre 1933 pour diabète et u tuberculose. À ea à ri A N di A Rns.
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