‹ Diabète HyperchloruriqueChapitre 30 sur 40 · ÉPREUVE DE LA PHLORIDZINE · texte numérisé non relu

ÉPREUVE DE LA PHLORIDZINE

Le 16 décembre 1904, nous injectons également 1 cc. de solution à 1/20 de phloridzine, les urines recueillies de demi-heure en demi-heure pendant douze heures; nous avons obtenu, après soigneuse défécation au liquide de courtonne une légère réduction de la liqueur de Fehling une heure après l’injection seulement. à

Donc épreuve de la phloridzine sensiblement négative.

O3:ERvATION IV (inédite)

R... Charles, 24 ans, jardinier. Service de M. Roque, salle Saint-Bruno, n° 15.

Entre le 13 janvier 1908, pour de l’albumine et des douleurs lombaires.

. Parents inconnus. Elévé dans un orphelinat.

Fièvre muqueuse à 9 ans. À 19 ans, a fait un séjour à l'Hôtel-Dieu, dans le service de M. Lépine. Il est impossi-

ble de lui faire préciser la maladie qu’il a eue à ce moment. Il se souvient seulement qu'il a eu une éruption généralisée, pour laquelle on ne l’a pas isolé.

Pas d’éthylisme. Pas de blennorragie. Pas de spécificité. Il à perdu l'œil droit étant jeune, à la suite d’un coup de couteau. N’a pas fait de service militaire.

Il y a six mois, à l’occasion d’un coup de froid qui le tint seulement deux jours au lit, un pharmacien, ayant analysé ses urines, y trouva de l’albumine. Le malade ne s’en était jamais douté et n’avait pas été soigné par des vésicatoires. Il urinait peu et les mictions étaient peu douloureuses. Pas d’œdème des jambes. Aucun autre trouble que des douleurs localisées aux reins. Il ne s’est cependant par arrêté dans son travail. Depuis lors, il a totalement supprimé le peu d'alcool qu'il prenait. Il n’a présenté jusqu’au début de l'affection actuelle aucun accident. On n’a plus analysé ses urines.

Depuis lors, il a remarqué qu’il urinait beaucoup et souvent, des urines peu claires et mousseuses, sans douleur à la miction et sans dyspnée. Il ne se lève cependant pas la nuit. Il a souvent des céphalées plutôt orbitaires, des fourmillements dans les jambes et la sensation nette de doigt mort. Pas de cryesthésie.

L’affection actuelle a débuté brusquement, il y a huit jours. Il fut pris, pendant son travail, à l’occasion du froid, de frissons très violents avec céphalée intense, envie de vomir, qui le forcèrent à s’aliter immédiatement. Pas de point de côté, pas d’épistaxis. Pas d’œdème des jambes. Perte presque complète de l'appétit, sensation subjective de fièvre et diminution énorme de la quantité des urines émises, qui devinrent très foncées. Ces phénomènes ont duré cinq à six jours : le malade à alors vu un médecin qui le fit entrer à l’Hôtel-Dieu, où, mis au lait, il va mieux depuis deux jours et urine beaucoup plus.

A l'entrée : malade à facies normal, à aspect vigoureux. Se dit assez affaibli. Rien à signaler à l'inspection. La lan-

EU gue est saburrale. Rien au pharynx qu’un peu de rougeur. Il se plaint cependant de dysphagie. Pas d’œdème.

Appareil circulatoire. — 11 est impossible, à la palpation, de localiser la pointe. À l’auscultation, le maximum des bruits semble situé un peu bas. Le rythme est lent, mais régulier. Les bruits sont un peu assourdis. Le premier, surtout à la région susapexienne, est un peu allongé. Le second. est normal. Rien à l’orifice aortique.

Tension, 12.

Au poumon. — Sommet suspect. Séro-réaction tuberculeuse (laboratoire de M. Arloing, 22/1/08), positive à 1/5, négative à 1/15.

Température, 37°3.

Urines pâles, abondantes. Disque d’albumine. Pas de sucre.

Exploration expérimentale. — Le bleu de méthylène apparaît deux heures après et met trois jours à s’éliminer.

Phloridzine amène la glycosurie.

1 AR re Cryoscopie du 27 janvier 5 = 3,193.

P oV A D = 1290 — = 2,40.

Chlorurie spontanée et expérimentale.

(Depuis l’entrée, le sujet prend chaque jour 3 litres de lait soit 7 grammes de NaCl et 4 potages soit 2 grammes de NaCI. En tout : 9 grammes de NaCI.

Dates Volume NaCl en 24 h.

20/1 3 litres 2ARere 00%

21 3 litres 22 gr. 80

22 22 PR 18 gr. 42

23 3 litres 47 gr.

24 3 litres 22 gr. 44

25 3 1. 3 19 gr. 60

28 3 litres ATigr. 55

29 31.5 20 gr. 72 À

30 31.5 27 gr. 65 n Ce 31 31.5 DB gr. 10 | 4 np

4/TI 4 litres 271 gr. 12

Dates Volume NaCI en 24h:

2 3 1 21 gr. 12 3 SSI 28 gr. 66 4 SE 27 gr. 23 5 8 La 26 gr. 6 6 301575 22 gr. 6

OBSERVATION V Lyon Médical du 6 octobre 1907 (MM. CnariN et PHILIPPE).

M... B..., 24 ans, teinturier, entré le 3 mai 1907, à la salle Saint-Augustin.

Antécédents héréditaires. — Père et mère morts à 45 et 42 ans de tuberculose pulmonaire.Neuf frères et sœurs vivants et bien portants.

Antécédents personnels. — Enfance délicate, aurait eu le carreau ? Coqueluche, scarlatine à 7 ans. Ignore s’il a eu de l’œdème à la suite. Aucun symptôme de brightisme depuis lors. | ;

Réformé à 21 ans pour faiblesse de constitution.

A fait quelques excès alcooliques (une ou deux absinthes par jour).

Blennorragie il y a trois ans, sans cystite, ni orchite.

Pas de syphilis. :

Affection actuelle. — À débuté treize ou quatorze jours avant son entrée. Le malade prit froid, sortant tout en sueur de son travail.

Il ressentit un mal de gorge violent, des frissons violents, de la fièvre, et se mit au lit trois jours après avec des douleurs rénales très vives. Il constata à ce moment-là que ses urines contenaient du sang, qu’il urinait très peu, et il survient très rapidement, en même temps pour ainsi dire, de l’œdème généralisé, des vomissements incessants et une céphalée très forte, bref tous les symptômes d’une néphrite aiguë paraissant survenue sans autre cause que le froid.

D db

Me Ye

À l'entrée, on constatait de l'’œdème avec bouffissure de la face. Céphalée atroce et douleur ‘lombaire très vive. Vomissements incessants. Urines rares, bouillon de bœuf. Rien au cœur. Rien aux poumons. Pas d’angine. Pas de fièvre. | Le malade fut traité par le repos au lit, la diète lactée absolue (trois litres de lait par jour), les émissions sanguines (sangsues aux lombes), et la théobromine (1 gr. 50 par jour).

Amélioration très rapide en trois ou quatre jours avec disparition des œædèmes et des symptômes d’allure urémique, céphalées et vomissements:

Le diagnostic fut celui de néphrite aiguë a frigore. Le mal de gorge du malade avait été assez léger et presque contemporain des premiers accidents. Peut-être cependant la néphrite est-elle d’origine angineuse ?

On élimina la néphrite cantharidienne (le malade n’avait pas eu de révulsion cantharidienne) ; la néphrite syphilitique (le malade n’a eu aucun accident suspect au point de vue syphilis). Enfin la tuberculose, en évolution au moins, n'existe pas. Pas de lésion pulmonaire. Le séro-diagnostic a été fait; la réponse a été négative.

On élimina aussi l'hypothèse d’une poussée aiguë dans une néphrite chronique. Le malade, quoique ayant eu dans l’enfance la scarlatine, n’avait eu depuis aucun signe de mal de Bright. Il n’a pas d’hypertrophie du cœur; pas de bruit de galop. La tension est de 16.

Voici les résultats fournis par l’examen des urines. Ils sont différents dans les deux périodes de la maladie : la première ayant été caractérisée par de grands œdèmes, de la céphalée et des vomissements avec oligurie; la seconde ayant eu pour caractéristique la disparition des œdèmes et des symptômes dits urémiques accompagnant une polyurie notable. :

Les urines du premier jour contiennent avec une quantité réduite de 500 grammes, 0,20 centigr. d’albumine,

Page 1