OBSERVATION VI
(Perron. Service de M, Paul Courmonr).
St... Auguste, facteur des postes, 43 ans (hospice du Perron, salle Paul-Jouve, n° 16). |
Antécédents héréditaires. — Père vivant et bien portant. Mère morte 1l y a onze ans subitement, ayant joui toute sa vie d’une excellente santé, Le malade n’a pas d'enfants et n’est pas marié.
Antécédents personnels. — Le sujet ne se souvient pas des affections de son enfance ; il aurait eu vers l’âge de 5 ou 6 ans une fièvre éruptive.
Lors de son incorporation, à 21 ans, accidents tuberculeux assez graves.
Parti à 25 ans pour le Sénégal, il y a passé deux ans comme soldat. Il à subi alors des accès d’impaludisme et a uriné du sang. À cette époque, à la suite d’ingestions répétées d’absinthe, il se rappelle nettement avoir rejeté un tænia.
Revenu en France, 1l a obtenu un congé de convalescence de trois mois, présentant alors un certain degré d’ané- ‘mie. Fut ensuite libéré.
Lors de ses vingt-huit jours, a contracté une blennorragie. Admis à l’Antiquaille, 11 y est resté durant cinq mois, pour une eystite apparue einq ou six jours après le début de sa blennorragie. À ce moment, de nouveaux accès d’impaludisme l’obligèrent à garder un mois le lit. Il quitta. l’hôpital en 1893, incomplètement guéri. Il n’a plus alors d’hématurie, mais ses urines sont troubles et sa miction sensible.
Depuis cette. époque, il a présenté des hématuries répétées durant sept, huit, quinze jours, apparaissant sans cause appréciable, et tous les ans. Malgré cela, le malade continue son métier. |
En 1893, M. Rafin voit le malade et élimine par le microscope et l’inoculation la tuberculose.
Le sujet, depuis 1894, a daté le nombre de jours annuels marqués par des hématuries. En 1894, onze jours; en 1895, trente-huit jours; en 1896, quarante-cinq jours; en
1897, quarante jours; en 1898, cinquante-cinq jours; en
1899, soixante-deux jours ; en 1900,-cent trente-six jours.