I. — Hyperchlorurie sans syndrome diabétique
Nous exposons sous ce litre une vue d'ensemble des nombreuses observations dans lesquelles figure lélimination exagérée des chlorures.
Rieder (52) note l'hyperchlorurie dans la paralysie générale, la folie aiguë, les congestions passives du foie: Chez les neurasthéniques, de Fleury (52) constate le même phénomène. Jacquet et Portes (52) remarquent que la pelade s'accompagne d'une hyperchlorurie dont la courbe se superpose à celle de l'affection.
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M. Laubry (26), élève d’Achard, a consacré en partie sa thèse, à l'étude des crises chloruriques dans la plupart des maladies fébriles et dans quelques états apyrétiques. La pneumonie et la pleurésie, la fièvre typhoïde, les fièvres éruptives, l'angine herpétique, le rhumatisme articulaire aigu, etc., la colique saturnine, le coma hystérique, les vomissements incoercibles de la grossesse chez les névropathes offrent le tableau d’une crise chlornrique dans certains cas. Au début de l'affection, l'organisme retient son NaCl! et il y a hyperchlorurie; puis, lorsque l’évolution se dirige vers la guérison, on constate une hyperchlorurie d'autant plus franche, que le mal a plus de tendance à rétrocéder.
Cet auteur observe aussi la rétention et le relächement du chlorure dans la diphtérie. Il confirme ainsi les observalions de MM. Rabot et Bonnamour (12), qui avaient mis en évidence la facilité de produire des œdèmes dans les diphtéries à forme grave par l'absorption de chlorure.
Lorsque son accès a pris fin, le paludéen présente de l'hyperchlorurie. Durant les parosmés, Jochmaänn et Trombe (26) l'ont aussi remarquée et Mossé (5 bis) partage leur opinion.
Dans l’asystolie, Achard et Lœper (13) ont signalé la rélention chlorurée. Steyrer (16 bis) également.
La polyurie hyperchlorurique critique de la pleurésie a été étudiée par Lesné et Ravaut (15 bis), Achard, Lambry et Grenet (27), Micheleau (34 bis), Chauffard et Boidin (42 bis), P. Courmont et J. Nicolas (41).
Mais c'est au cours de la néphrite épithéliale que cette rétention propre à laisser après elle l’hyperchlorurie, s'est manifestée le plus franchement. Bohne, Achard
(3 bis) et Lœper (18) furent des premiers à la signaler. Marischler (14 bis) et Steyrer (16 bis) la mirent aussi en évidence. Achard (17 bis). l'observa surtout dans les néphrites aiguës. Strauss (18 bis) l’étudia aussi. Enfin, Widal, Javal (22) et Lemierre (20 bis), en 1902, montrerent les rapports de la rétention avec l'ædème brightique.
Dans certains cas, l'institution d'un régime achloruré est contemporaine de l'hyperchlorurie. Les chlorures urinaires peuvent ne pas dépasser quelques grammes, leur taux n'en est pas moins exagéré, relativement à l'alimentation, qui est dépourvue de tout principe salé.
Nous ferons la même remarque au sujet de l'asystolie hydropigène. Vaquez et Digne (45) montrent l'hyperchlorurie obtenue par la cure dans cette affection. Merklen (24) obtient ce résultat à l’aide de la digitale.
L'ascite peut, elle aussi, présenter de la polychlorurie. Legendre (21 bis), Achard et Paisseau (22 bis), Froin et Digné (25) ont attiré l'attention sur les bons effets du régime achloruré dans ces cas-là. Achard arrive aux mêmes conclusions. P. Courmont (38), après la ponction d'un cirrhotique remarque l'apparition d'une crise hyperchlorurique qui, grâce au régime déchloruré, se maintient jusqu'à l'épuisement de l’ascite.
Chantemesse (31) fait disparaître l'œdème de la phlegmatia alba dolens, par le régime déchlorurant.:
On peut juger par ce rapide aperçu de la fréquence avec laquelle on a observé l'hyperchlorurie, qu'elle soit le fait d’un état morbide ou d'un régime spécial.
IF. — Hyperchlorurie avec syndrome diabétique.
Quelques auteurs seulement ont signalé la possibilité d'observer l'hyperchlorurie avec les signes cliniques du diabète sucré.
Nous voulons parler d'un ensemble de symptômes ressemblant au diabète, mais sans glycosurie, sans les éléments urinaires des autres diabètes insipides, avec hyperchlorurie très marquée. Le déterminisme n'en est pas encore défini, étant donné le petit nombre d'observations recueilhes.
MM. Teissier et P. Courmont (35) ont été les premiers à isoler ce syndrome. « L'élimination extraordinairement anormale des chlorures, disent ces auteurs, a présenté des particularités fort curieuses qui, rapprochées des symptômes chniques, nous permettront de proposer le nom de diabèle insipide hyperchlorurique, pour désigner un syndrome spécial au cours de la néphrite interstitielle. » |
MM. P. Courmont et Nicolas (53) en ont présenté un nouveau cas à la Société médicale des hôpitaux de Lyon.
MM. Chatin et Philippe (53 bis) ont exposé, à celte même société, une observation de néphrite aiguë avec hyperperméabilité rénale très marquée pour les chlorures. Selon ces auteurs, elle représenterait une transition entre le diabète Teissier-Courmont et le filtre rénal percé de Bard.
IT nous semble qu'une des observations de la thèse de Burthe (17) correspond bien aussi au diabète hyperchlorurique, quoique l’auteur la cite seulement comme un cas d'élimination exagérée des constituants urinaires, au cours du brightisme.