‹ Diagnostic bactériologique post mortem au point de vue médico-légal de certaines septicémies (Travail de l’Institut médico-légal)Chapitre 24 sur 40 · MERE · texte numérisé non relu

MERE

OgsErvarion VII (Inédite).

(LANDE et CARRE.)

M. le Professeur Lande est commis, par ordonnance en date du 26 avril 1929 de M. le Juge de paix de P..., à l’elfet de procéder à l’examen et à l’autopsie, après exhumation, du cadavre de M. G... (M), âgé de 55 ans; d'indiquer les causes de la mort et de dire s’il existe une relation de cause à effet entre l'accident dont M. M... a été victime le 9 avril 1929 et le décès survenu le 12 avril.

Exposé des faits. — Des pièces du dossier ayant été communiquées, il résulte ce qui suit :

Le 9 avril 1929, entre 9 et 10 heures, M... était occupé avec deux autres ouvriers à démolir un tas formé de peaux de bufile pour prendre celles qui se trouvaient en dessous.

L'une des peaux, ayant heurté M... à côté de l’œil droit, lui fit une « petite déchirure d'environ 2 centimètres de longueur ressemblant à un petit coup de grille de chat ». Vers 11 h. 30, le même jour, M... dit qu'il était indisposé, qu'il soufirait de la tête, qu'il avait des tremblements et qu’il ne viendrait pas travailler l’aprèsmidi.

Le 11 avril, M. le Docteur B.., appelé dans l’après-midi à visiter M..., fit les constatations ci-après vers 16 h. 30 : M... était alité; il présentait un œdème très marqué de la partie frontale droite de la face et du cou, avec tendance à l’envahissement de la région médiane. Une petite plaie superficielle, ne présentant pas de caractères particuliers, existait à la partie frontale droite et provenait, d’après l'intéressé, d’une contusion faite par le cuir de buïfle dans la matinée du mardi 9 avril.

Pas de manifestations pulmonaires, rénales ou cardiaques. Pouls normal. Pas d’élévation de température; pas d’hypothermie. M... ne ressent aucune gêne ni aucune douleur. Diagnostic porté : Petite plaie septique de la région frontale droite datant du mardi matin. Traitement : antisepsie locale, compresses chaudes, boissons diurétiques, théobromine, etc... — Le malade devait être revu dans

la matinée du 42 avril pour régularisation de sa situation d’accidenté et institution, le cas échéant, d’une thérapeutique spéciale. La situation du malade paraissant s’aggraver M. le Docteur B... fut appelé dans la nuit, mais, comme il était auprès d’un autre malade, il ne put arriver que vers 8 h. 30, et à ce moment, M... venait de succomber à une crise d’asphyxie. Le décès fut attribué à un cas de septicémie aiguë avec œdème pulmonaire.

Aspect extérieur du cadavre le 1% mai 1929. — Le cadavre est dans un état de putréfaction gazeuse très avancée : la face a une couleur violacée Elle est boursouflée, et il en est de même du cou.

De la sérosité colorée par l’hémoglobine, à odeur fétide, s'écoule par la bouche et par les narines. Sur la poitrine et sur la paroi abdominale antérieure, la peau a une couleur verdâtre, brunâtre ou violacée, suivant les points considérés. L’épiderme, que de la sérosité rougeâtre soulève par places, se détache par lambeaux au moindre contact. Les cheveux sont peu adhérents. Quelques moisissures sur la face. On ne constate pas, à l'inspection, l’œdème très marqué de! la face et du cou signalé par le Docteur B..., mais cela peut tenir à la décomposition cadavérique.

Sur le côté droit de la région frontale, à 3 centimètres au-dessus de la queue du sourcil, existe une petite plaie de forme ovalaire à grand axe transversal. Immédiatement en dedans de cette plaie se trouve une très petite érosion cutanée.

Ouverture du corps. — La plaie de la région frontale droite est superficielle; on ne trouve pas, au-dessous, de suffusion sanguine. Pas de suffusions sanguines sous le euir chevelu. Pas de lésions du crâne, pas de traces de phlébite des sinus. Pas de traces de réaction méningée. Pas d’altérations pathologiques appréciables de l’encéphale, qui est fortement alléré par la putréfaction.

Sur le côté droit de la face, on ne distingue, comme traces d’inflammation profonde, qu’un certain degré de congestion parotidienne; le fait qu'il n’y à pas de lésions très nettes peut tenir à la décomposition cadavérique déjà très avancée.

Du côté droit, on remarque une congestion veineuse manifeste et la réplétion de la veine jugulaire interne par du sang d’un rouge violacé épais. Cet aspect est très différent de ce que l’on constate du

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