‹ Diagnostic bactériologique post mortem au point de vue médico-légal de certaines septicémies (Travail de l’Institut médico-légal)Chapitre 33 sur 40 · EXPÉRIENCE LI · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE LI

Le 17 décembre, à 17 h. 45, on inocule sous la peau du ventre d'un cobaye, préalablement rasé et désinfecté, 2 centicubes d’un pus prélevé dans l'articulation coxo-fémorale d’un cadavre. L'examen bactériologique direct et la culture sur bouillon ordinaire de ce pus avaient montré qu'il renfermait du streptocoque en extrème abondance, avec quelques staphylocoques associés, sans autres microbes.

Le 18 décembre : On constate qu’un abcès pas très volumineux s’est développé au point d’inoculation. L'animal ne semble pas abattu et mange normalement.

Le 19 décembre : L'animal est moins remuant que la veille; il a peu mangé. Vers 15 h. 15, il se couche sur le flanc, présente des mouvements convulsifs des membres avec émission d’urines. On pratique alors une petile incision sur une patte de l’animal, et l’on recueille une goutte de sang que l’on étale sur lame. De plus, avec une pipette effilée, on recueille une goutte de pus qui s'écoule au niveau de l’abcès et on l’étale sur lame.

Le cobaye meurt à 16 h. 10. L’autopsie est faite immédiatement. Le volet pratiqué sur le thorax et l’abdomen de l’animal permet de constater que le cœur est gorgé de sang un peu noir; le foie et la rate sont légèrement congestionnés; les poumons sont normaux.

Du sang est prélevé sur les différents organes et étalé sur lames.

Examen bactériologique direct le 19 décembre :

Avant la mort :

1° Pus de l’abeès Streptocoques en grande quantité; Slaphylocoques moins abondants.

2° Sang périphérique Streptocoques en grande quantité;

Quelques rares staphylocoques. # Après la mort. — L'examen du sang du cœur et du foie a donné

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éxactement le même résultat, avec, peut-être, une plus grande abondance du staphylocoque.

Nous avons, suivant la technique indiquée plus haut, pratiqué à différentes dates de nouveaux examens. Voici, dans l’ordre chronologique, les résultats obtenus :

Le 21 décembre :

1° Sang du cœur :

Streptocoques très nombreux; Staphylocoques moins abondants.

2° Sang du foie :

Streptocoques très nombreux; Staphylocoques plus abondants que dans le cœur.

3° Sang du poumon :

Streptocoques un peu moins abondants que dans le cœur; Staphylocoques en grande abondance; Quelques gros cocci.

4° Sang de la rate :

Fésultats semblables à ceux de l’examen du sang du foie.

Le 22 décembre : Les résultats sont les mêmes, mais on note en plus l’apparition dans le foie et dans la rate de quelques bâtonnets courts ne prenant pas le Gram.

Le 23 décembre : Les résultats n’ont pas changé, les bâtonnets signalés dans le foie et la rate ont fait leur apparition dans le cœur.

Le 24 décembre : L'identification des microbes est devenue assez difficile, par suite de l’accroissement de leur nombre. C’est dans le cœur que les streptocoques se distinguent le plus facilement : ils dominent encore la flore microbienne. Les bâtonnets sont très abondants et très variés.

Le 26 décembre : Dans le foie, la rate et les poumons, les microbes de toutes sortes abondent, le streptocoque semble avoir disparu à peu près complètement. Il subsiste encore dans le cœur, mais son identification devient pénible par suite de l’augmentation des autres cocei et bâtonnets.

Le 27 décembre : Les microbes les plus variés abondent dans tous

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les organes, les bâtonnets prédominent; dans le cœur, on voit ençore quelques chaînettes.

Le 28 décembre : On ne peut distinguer le streptocoque dans

aucun organe, les bâtonnets remplissent le champ microscopique.

EXPÉRIENCE Il.

Le 23 janvier, à 17 heures, on inocule un rat blanc avec une injection sous-cutanée abdominale de 1 centicube de sang prélevé sur un cadavre. Un examen bactériologique direct de ce sang avait révélé la présence de nombreux diplostreptocoques associés à quelques staphylocoques.

Ce rat ne présente aucun phénomène septicémique jusqu au 4% février 1929. Il mange normalement, mais a manifestement maigri. Un petit abcès s’est développé au point d'inoculation Le 1° février 1929, l’animal a l’air abattu, il ne mange pas et est très faible, il ne mord plus lorsqu'on le saisit. Son poids était de 110 grammes le jour de l’inoculation, il est tombé à 65 grammes.

La faiblesse augmente de plus en plus. Le 2 février, à 10 heures, il est couché sur le flanc, respire difficilement et ne fait aucun mouvement de défense. Il meurt le même jour à 15 heures.

L’autopsie est faite immédiatement : l’abcès au point d’inoculation est à peu près tari; les tissus, à ce niveau, sont sclérosés. A l’ouverture de l’abdomen, on aperçoit les anses intestinales fortement dilatées par des gaz. Le sang est rouge sombre. Le foie, la rate, sont fortement congestionnés. Sur le poumon, on aperçoit une large ecchymose.

Examen bactériologique direct :

Le 2 février : L'examen direct du sang, du foie, de la rate et du cœur, montre de nombreux diplostreptocoques en chaïînettes. Le microbe est aussi abondant dans le foie et la rate que dans le cœur. On ne voit pas d’autres microbes.

Le % février: L'examen direct montre dans le cœur une grande quantité de streplocoques; dans le foie et dans la rate, d’autres

cocci sont apparus en faible quantité. On ne rencontre pas de bâtonnets

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Le 6 février : La décomposition est assez avancée, surtout au niveau du foie et de la rate.

À l'examen direct, on voit dans le foie et dans la rate des chaînettes abondantés de streptocoques, mais la préparation est enva- hie par de très nombreux cocci et bâtonnets, qui rendent la présence des streptocoques moins évidente.

Par contre, dans le cœur, le streptocoque se rencontre toujours en quantité abondante, et c’est à peine si l’on aperçoit de loin en loin quelques cocci en amas. Pas de bâtonnets.

Le 7 février : A l’examen direct, on constate que le foie et la rate sont envahis par une flore microbienne abondante et variée, cocci et bâtonnets pullulent, masquant quelques chaînettes et streptocoques extrêmement rares. Le cœur contient toujours des streptocoques abondants et quelques cocci.

Le 8 février : Ayant abandonné le foie et la rate, nous n’examinous que le sang du cœur. Il contient encore de nombreuses chaînettes bien apparentes, mais des bâtonnets courts sont apparus en assez grande quantité. Les cocci isolés n’ont pas augmenté.

Le 9 février : La flore microbienne, au niveau du cœur, s’est considérablement accrue. Les chaïînettes encore visibles sont noyées dans la masse des cocci et des bâtonnets.

Le 10 février : Les cocci et les bâtonnets pullulent; aucune chaïnette bien caractéristique ne peut être mise en évidence.

ExPÉRIENCE III.

Le 26 janvier, on inocule, par injection intrapéritonéale, un rat à l’aide d’une émulsion de culture de streptocoques sur gélose, dans une solution isotonique de sel marin. L'animal meurt le 3 février. Son poids est passé de 115 à 58 grammes. L’examen bactériologique de son sang, quelques heures après la mort, a révélé la présence de nombreux stréptocoques. Les examens se sont succédés à intervalles réguliers et les résultats ont été en tous points semblables à ceux de l'expérience n° I. Le 12 février, le sang ne contenait plus

aucune chaînette visible à l’examen direct.

ExPÉRIENCE IV.

Le 23 janvier, nous inoculons sous la peau d'un cobaye, un centicube de pus préalablement examiné au microscope et qui contient du streptocoque en grande quantité avec quelques staphylocoques.

Un abcès se développe au point d’inoculation ; l’animal semble normal et nullement fatigué pendant les six à sept jours suivants. Le 2 février, il est immobile, n’a pas mangé, et ül meurt dans la soirée vers 45 heures. Nous pratiquons immédiatement l'examen bactériologique direct du sang du cœur et du foie.

Le 2 février : Le cœur et la rate contiennent du streptocoque en grande quantité. Pas d’autres microbes.

Le 4 février : Dans le foie et dans la rate, le streptocoque a fortement diminué; par contre, on rencontre des cocci isolés en assez grande quantité ainsi que quelques bâtonnets allongés.

Le cœur contient encore des streptocoques toujours aussi nombreux, mais on note l’apparition de bâtonnets identiques à ceux de la rate et du foie.

Le 5 février : Les streptocoques sont très rares dans le foie et la rate. Les autres cocci et les bâtonnets n’ont pas augmenté.

Dans le cœur, la flore microbienne est sensiblement la même que la veille, les bâtonnets sont peut-être un peu plus nombreux.

Le 6 février : On ne peut plus distinguer de chaïînettes dans le foie et la rate, la préparation est envahie par les cocci et bâtonnets.

Dans le cœur, les bâtonnets ont beaucoup augmenté et gênent la recherche des streptocoques, qui sont devenus très rares.

Le 7 février : Le sang du cœur est, à son tour envahi par une foule de cocci et bâtonnets ne permettant de distinguer aucune chaïinette. PR

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