‹ Diagnostic bactériologique post mortem au point de vue médico-légal de certaines septicémies (Travail de l’Institut médico-légal)Chapitre 8 sur 40 · HAS · texte numérisé non relu

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pouvait fournir des renseignements susceptibles d'éclairer la Justice.

Cependant, vers le xve siècle, et comme signes précurseurs de la Renaissance, on peut constater un commencement d’activité. En 1374, la Faculté de Montpellier obtient la permission d'ouvrir des cadavres humains, et un des professeurs de cette école, Arnaud de Villeneuve, étudie les poisons. À Venise, paraissent, en 4492, deux travaux volumineux sur le même sujet.

Charles-Quint fait voter la constitution criminelle par la diète de Ratisbonne en 1532; la Caroline est le premier document portant organisation de la médecine judiciaire; d'après les articles 447 et 149, celle-ci est regardée comme indispeusable à la justice.

La médecine judiciaire, en temps que science, date véritablement. du xvr siècle; le premier travail d'ensemble est dû à Ambroise Paré. On lit, en effet, dans son œuvre, le résumé des signes permettant d'affirmer le degré de gravité des bles- ‘ sures.

A mesure que les sciences physiques progressent, les praticiens utilisent dans leurs recherches les plus récentes découvertes.

En 1882, Orfila songe le premier à l'emploi du microscope dans l’examen du sang des cadavres, mais les résultats qu'il obtient sont désastreux, et il conclut en avouant les « difficultés insurmontables d’un bon examen microscopique ».

Ces difficultés sont peu à peu aplanies et successivement apparaissent deux travaux médico-légaux qui nous montrent les précieux renseignements que leurs auteurs ont su tirer de l’emploi du microscope.

En 1848, Bouchut, dans les Annales d'hygiène et de médecine légale, montre, dans les modifications apportées par elle dans la structure des éléments figurés du sang, une preuve nouvelle de la réalité de la mort.

En 1858, Littré et Robin, dans le Dictionnaire de Nysten, poursuivent et complètent les travaux de Bouchut, mais en se

cantonnant toujours dans le domaine de la cytologie. Deux ans plus tard, Verneuil, qui avait entrepris l'étude approfondie des septicémies, fait un rapport mémorable à l’Académie de médecine; ce rapport donna lieu à une violente discussion, durant laquelle on soupçonna déja le rôle des microbes. La même année, en 1860, Davaine, dont les résultats sont communiqués par Rayer à la Société de biologie, montre que l’on trouvait dans le sang des animaux morts du charbon des petits corps filiformes, deux fois plus longs qu'un giobule rouge.

Mais c’est Pasteur surtout qui, de‘1877 à 1880, fit voir l’importance de l'infection du sang par les germes; ses études sur Le choléra des poules, sur le charbon, sur la fièvre puerpérale, montrèrent le rôle pathogène de la bactériémie. En 1875 déjà, Feltz et Fourdes eurent l’idée d'examiner de plus près le phénomène de la putréfaction et notèrent la date d’apparition des différents microbes dans le cadavre, montrant ainsi qu'il peut y avoir des causes d'erreur dans l'interprétation des résultats de Pasteur.

A partir de ce moment, les travaux se multiplient : Canon, de Berlin, commence, en 1890, à publier le résultat de ses recherches; Wurtz, en 1892, à Paris, Hanser, à Berlin, en 1896; de Grazzia, à Naples, en 1896; Chvostek, à Vienne, en 1896, et Hansemann, à Vienne, en 1898, croient pouvoir affirmer que, dans la plupart des cas, le médecin légiste peut découvrir dans le sang des cadavres le microbe agent causal de la mort.

Comme il fallait s’y attendre, les objections surgissent; en 1894, déjà, Achard et Phulpin avaient démontré l’envahissement du sang des cadavres par des microbes saprophytes de la cavité intestinale et des cavités naturelles. Et c’est en 1904 que nous trouvons la controverse intéressante entre Canon, de Berlin, qui vient de publier des résultats définitifs, et Simmonds, de Hambourg, qui les discute et les conteste.

La même année, Gradwohl, examinant attentivement les arguments de l’un et de l’autre, pose des conclusions remarquables de logique et de précision qui fixent nettement les meilleurs procédés médico-légaux d’expérimentation. Après

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lui, Céradini en 1906, Combes en 1906, Gay et Southard en 1907, et surtout Strauch en 1910, expérimentant sur de très nombreux cadavres, limitent les possibilités d’un diagnostic rétrospectil des septicémies.

Les résultats de W. Strauch, de Hambourg, sont clairement condensés et interprétés par le professeur Sabrazès dans son article du sang cadavérique du Traité du Sang de Gilbert et Weinberg.

Dans son Traité de médecine légale de 1906, le professeur Balthazard signale l’utilité que peut présenter pour le médecin légiste l'examen post mortem du sang des cadavres et les causes d'erreur qui s’y rattachent.

Signalons parmi les travaux récents : ceux de Barnes et Giordano en 1922, de Massari en 1926, la thèse de médecine de notre camarade Grinsard en 1926, qui consacra des recherches à l’étude du diagnostic post morlem, au point de vue médico-légal, des septicémies streptococciques et staphylococciques.

Enfin, Donaldson, en 1928, a entrepris lui aussi des recherches; ses conclusions se rapprochent de celles de Gradwohl et de W. Strauch.

Nous avons voulu dans ce chapitre donner simplement un aperçu de l’ordre dans lequel ont paru les différents ouvrages ayant trait au sujet qui nous intéresse, nous réservant d’exposer avec plus de détails, dans un chapitre ultérieur, les résultats et les conclusions des différents auteurs.

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