HISTORIQUE
Ce sont les empereurs Adrien, Antonin, Marc-Aurèle et Septime Sévère, qui, les premiers, basèrent plusieurs décisions légales relatives à l’état civil ou aux délits, sur la doctrine d'Hippocrate et sur les récits d’Aristote.
Sous Justinien, vers 530, 534, le rôle des médecins en justice était déjà très apprécié; la loi Aquilia ordonnait de déterminer la léthalité de la , blessure; on devait reconnaître l'avortement. Dans la Lex Alamanorum, on trouve de nombreux détails sur les blessures, leur siège et leur importance. Charlemagne, dans ses Capitulaires, dit que les juges doivent s'appuyer de l’avis des médecins. Malheureusement, l’esprit public était tourné vers des coutumes absurdes et barbares remarquablement expliquées par Orfila dans son Traité de médecine légale de 1882 : Les anciens, lorsqu'ils se trouvaient en face d’un crime dont l’auteur était inconnu, se servaient du cadavre même de la victime, qui devait à lui seul désigner le coupable. Ils avaient, en ellet, remarqué un phé-. nomène en apparence bien extraordinaire : « Nous voulons parler, nous dit Orfila, de la cruentation, c’est-à-dire le suintement et même le jaillissement du sang par les plaies. » Ils promenaient le cadavre devant la foule alignée, et l’individu devant lequel se produisait cette « cruentation » était immédiatement considéré comme le coupable et exécuté comme tel.
Cette coutume simpliste et barbare nous montre que les anciens avaient pressenti que le cadavre même de la victime