G. MILIEUX DE CULTURE
aiitr.
Bien des praticiens se livreraient peut<
dans ries cas liien détermim^ (anginei
itérites typhiques, etc.), aux reciierches pra-^
pseud Cl- membraneuses, i tiques basées sur les cultures bactériologiques (hémocultures, déterm nation de l'indice opsunique, dilTérenciation du bacille diphtérique, etc.)J si la préparation des milieux de culture ne rendait pas ces techniquei à peu prés impraticables en dehors des laboratoires spécialement outilléaa Il existe dans le commerce (Burrouglis Welcomc) des comprimés secajl portatifs, de petit volume, se conservant indéfiniment dans des conditioQsl convenables et qui permettent de préparer, en une heure, sans laboratoire^ ni appareil, un tube ou une plaque du milieu nourricier désiré.
Pour préparer un tube de culture, il suffit de;
]" l.'n tube à essai parfaitement propre ;
2" Un tampon d'ouate ;
3" De l'eau (de préférence distillée) ;
■1" Le comprimé sec, approprié au milieu nourricier dé
,iré.
La technique de préparation est des plus simples :
1" Mettre dans le (ou les) tube : le comprimé ronvcnablc ; la quantité- J d'eau convenable (distillée de préférence) ;
2° Boucher avec le tampon d'ouate (de préférence stérilisée). Stériliser à nouveau en passant et maintenant quelques secondes dans la flammées
3" Plonger le tube jusqu'à un niveau supérieur à celui de l'eau incluaefi dans un bain-marie d'eau l>ouillante. Maintenir l'ébullition pendant! trente minutes en tournant le tube (ou les tubes) de temps à autre pourT faciliter la dissolution du produit. Une ébullition de trente minutes fis(3 suffisante pour tuer les niicroorganismes (spores résistantes exceptées}^! et sera suffisante pour les besoins d'un diagnostic ordinaire. Si l'on voulaiËf obtenir un milieu absolument stérile, il faudrait chauffer le tube danS^ l'eau bouillante, vingt minutes, trois joura de suite.
4" Retirer, laisser refroidir et coaguler suivant les cas :
Soit en position verticale ; — soit en position oblique ; — soit en versant le contenu sur des plaques ou dans des holles de rietri préala* blement stérilisées par ébullition.
Milieux de culture les plus courants. — Ce sont :
1° L'agar-agar (hydrate de carbone extrait d'une algue japonaise) I
TECHNIQUE BACTÉRIOLOGIQUE
au bouillon de bœuf peptonisé. (.e milieu, parfaitement clair et transparent liirsiiii'il est lliiide, devient opalesrenl après solidiricatioii.
Tous les organismes ordinain^s patlingifniques et non pathogéniques eroissent sur re milieu. Il est surtout employé pratiquement dans le dlagnoslic de la dijihlèrîi-.
2" L'agar-agar aux sels de bile qui contient des sels de liile, de la peplone, de la lactose et du rouge neutre. Les seh de bile empêchent la croissance de presque toutes les bactéries, sauf celtes d'origine intestinale.
C'est un milieu solide utile pour isoler de l'eau, du lait, de l'urine, des matières fécales, du sang, etc., les bactéries intestinales, tels les bacilles coli, ceux de la fièvre typhoïde, des paratyphoïdes et de la dysenterie.
Les colonies de Bacilliis coli sont rouges, les autres sont incolores.
- a) Type : exsudât pharyngé. -
' préalablement stcrili:;i'e i|uclqiii
Teciinigue d'ensemencement.
I" Recueillir ;,vrc une .■iri..c ,îi> pl;>lii parcelles de l'exsudal pliaryni;é ;
2" Ensemencer un tube d'agar-agar au bimillon de bceuf pepttjnisé, ou mieux de sérum coagulé (milieu de choix), par stries linéaires parallèles à la surface de l'agar ou du sérum en ayant soin préalablement, et postérieurement, de stériliser, par passage à la flamme, l'orifice du tube d'ensemencement et son bouchon d'ouate obturateur. Incliner obliquement le tube pendant l'ensemencement pour éviter la chute des germes de l'air.
iV, B. — Veiller à ce que l'anse de platine n'entre en contact avec rien d'autre que l'agar-agar au cours de l'ensemencement.
b) Type : sang (hémoculture) :
1" Recueillir par ponction veineuse aseptique (teinture d'iode sur la peau, seringue et aiguille stérilisées par longue ébullition) quelques centimètres cubes de sang du sujet suspect ;
2o Exprimer ce sang avec les précauliuns d'us.ige, dons un lubc d'agaragar aux sels de bile.
Incubation. Étaves. Cultures à la température ordinaire des chambres. — Les tubes enscTncncê^ sont portés dans une étuve à température constante réglée à 37°, et les cultures examinées après vingtquatre heures.
On peut, à la rigueur, improviser une étuve à température approximativement constante, avec une marmite dite norvégienne constituant en définitive un bain-marie. de température relativement fixe du fait de l'isolement du récipient contenant l'eau chaude. L'eau du récipient étant portée h une température voisine de 39-40°, les tubes y «ont disposas sur un support métallique comme dans un bain-niane le dispositif hermétiquement clos. La température se maintient voisine de 37", en tout cas suffisamment constante pour les cultures ordinaires.
Quelques cultures d'ailleurs (microbes de la suppuration) pe rigueur, s'obtenir à la température de la chambre.
ma TEcn?iiQUEs médicales gênéhales
Examens macroscopique et microscopique : deux types de culluret.M a Exsudât pharyngé. — Hiifille- ilii)li(i';ni]iies cl associés : Macroscufiique: Le li-diiiUii delà liipliU-ric donne en nnoins de vtngl>-fl quatre heures des colonies trps apparentes, aiors que l'immense majoritél des microbes de la bonohe ont à peine commencé à vr'géter. Il conviei^l donc d'examiner les tubes au bout de dix-liuit à vin^t heures, vingt-.W quatre au plus. S'il n'y a aucune colonie apparente. la diphliVie doit ètn (Oiminée. Dans les cas positifs, on ohi-ipne le long des stries un grandj nombre de colonies se présentant sous forme de taches arrondies blan( grisâtre, dont le centre est plus opaque que la périphérie et dont on i comparé l'aspect 6 relui de taches de bougie.
Toutefois, de ce qu'il existe des colonies après vingt-quatre heures^] on n'est pas en droit do conclure nécessairement à la diphtérie, car on peara rencontrer danw la bouche une bactérie, le coccus de Brisou, qui peut^ vers la vingtiêmcheure.eu imposer pour le bacille de I.âfllcr. Maisl'c.ramflJ^ microsropiifue permettra facilement la discrimination, le roccus de Brisoi^ étant une forme ronde et le bacille de Lofller un bâtonnet. Enfin i" conviendra de taire le diagnostic avec le bacille psoudo-diphtériquçifl C'est heureusement très facile, car, en culture, il ne donne qu'une deux colonies, alors que le bacille diphtérique en donne un grand nonibreJ
En résumé, on voit que si les tubes de sénim ne donnent pas de colonie; après vingt-quatre heures, à 37", la diphtérie peut être écartée.
Si les cultures sont positives, on ne pourra affirmer la diphtérie que s'î}fl existe un grand nombre de colonies, constituées par des bacilles prenanÊfl le Gram (voir ci-dessus : Bacilles de la diphtérie).
6. Hémocultures. — Bacilles co'i ty[ihiqucsel paratyphiques {voir piuB'l loin : Fièfre l-jphoïfir, p. 3941.
7. LA FIÈVRE TYPHOÏDE. — PROCÉDÉS DIAGNOSTIQUES BACTÉ* | RIOLOGIQUES ET SÉROLOGIQUES DIVERS
I. SÉno-DtAGNOSTIC. — En di5pit des difficultés d'interprétation délai réaction dite d'agglutination, du fait de la fréquence croissante desl fièvres jiaratyphoïdes et des propriétés agglutinantes conférées au scnimï par les vaccinations préventives, le séro-diaenostic n'en reste pas moinf d'une grande valeur clinique. Tout praticien doit pouvoir le pratiquer.
A. Séro-diagnosiic macroscopique. — Procédé élémentaire.
Aiuijeii simple permettant au pralicîeii dépourvu d'éluve et de microscope.^ d'effectuer le séro-diagiioslir. de ta fièvre li/phvîde. — Le séro-diagnostic del la fièvre typhoïde peut être pratiqué en dehors de toute instrumentation de laboratoire, en suivant une technique très simple qui le rend acccss il tous les praliciens.
Il faut seulement se procurer une culture de bacilles lyptûques tués, en I èmulsion stable. On les trouve dans le commerce en ampoules scellées d^
TECHNIQUE BACTÉRIOLOGIQUE 391
10 centimëLres cubes, dont la conservation est indéRnie. Le liquide qu'elles renferment est uniformément louehe. Parfois quelques petits flocons se déposent le long des parois de l'ampoule ; il suffit d'agiter celle-ci pour les voir disparaître.
L'ampoule étant ouverte, on verse, avec une pipette ou un simple comptegouttes, 50 et 100 gouttes de la culture dans deux petits tubes do verre analogues ù ceux que l'on emploie couramment pour recueillir le sang. On ajoute dans chacun d'eux une goutte de sérum provenant du sang qui aura été pris sur le malade par ptqftre du doigt. On a ainsi une dilulion au cinquantième ùi au centième.
Si la séro-réacUon est positive, on verra dans les tubes de verre de petits flocons blanchâtres se former qui ne lardent pas à se déposer sur les parois et à gagner le lund du tube pendant que la partie supérieure se clarilie. La réaction est 1res nette au bout d'une he.urc. Il faut toujours avoir soin de faire avec la culture d'Eberlh un tube témoin, afin de pouvoir étudier comparativement la réaction. Dans les cas positifs, celle-ci est des plus nettes : impossible de s'y tromper.
Si le sang n'a pas de propriétés agglutinantes, on verra que la culture d'Ebcrth conserve, dans le lube de verre comme dans le tube lémoin, son aspect louche et qu'aucune préci[iitaUon ne s'opère.
Ce procédé se recommande par les avantages suivants : simplicilé d'exécution, puisqu'il ne faut ni microscope, ni étuve, ni inslrumenlalion compliquée quelconque, exactitude des résultats qui sont aussi sûrs que par le procédé ordinaire, très grande rapidité dans son emploi (on peut être Ilxé
Procédé perfectionne de Lematte et Stassano
d'êinulsiuns de ba il II | I
breux essais en np al I
permettent d'à rr n q
les rayons uit 1 I
tuent les batt n
altérer sensiblfm nt i u
agglu tînmes.
Voici la d [1 même de I.omatt (Il
1" Avec un comptegouttes, mettre 6 gouttes d'eau distill/e dans le petit verre c;
2° rir|Ucr le doigt ou le lobe de l'oreille a\er un vacciuostyle ;
3<i Avec le deuxième compte -gouttes, aspirer le sang du malade et en mettre 2 gouttes dans le verre contenant les 6 çonttes d'
pkarmacoiogiqutt.
li'iB ; faire un inrlange honiogéni; avec le premier conipLe-goul l.i
1" Verser 4 gouttes de mélange (sang laqu('') dans le tube rf ;
Verser 2 gouttes de mélange (sang laqui>) dans le ruî)e e ;
Verser 1 goulte de mélange (sang laqui'-) dans le tuhe /.
On a ainsi des dilutions à : 1/50, 1/100. il2W ;
b" Bouclier Ips tubes, les agiter pour rendre les mélanges homogènes.
Réaction positive. — !^i on a une n^acl ion [lositive, il se lorme des petits amas, qui grossissent et finissent par tomlier au fond du tulie comme des flocons d'ouate, laissant le liquide surnaE^eaut très clair.
On doit comparer les tubes en expérience au tube tfJmoin.
Si, après trois heures, aucun des trois tubes ne présente le phénomène i d'agglutination, la réaction est négative.
Pour que l'opérateur puisse voir en quoi consiste le phénomène de I l'agglnt ination, il peut ajouter, dan^ le cas de séro-diognostic négatif, une goulle de sérum agglulinaiil ;'i i'émulsion des tubes.
Diagnostic différentiel entre les infections typhlques ou paratyphiques. — Le praticien est appelé quelquefois auprès d'un malade ] où les symptômes cliniques peu nets rendent le diagnostic hésitant : eston en présence d'une infection éberthienne, paratyphiquc, ou d'un embarras gastrique grippal? Le séro-diognostic enlèvera le doute.
Nous préparons des émulsions de culture d'Eberth et de dillérenta , microbes des alTections paratyphiqueîi et des intoxications alimentaires, tués par les rayons ullra-violets (série du type .\, série du type B).
La technique è suivre est la même que dans le cas du bacille d'Eberth, Le sérum li'un malade atteint d'une infection poratyphique agglutine aussi, mais 1res peu, le bacille d'ELcr
Au contraire, le scrimi d'un ty]ibique agglutine souvent les bacilles , paralyphiqucs et parfois même à une ditulion phts furie que tes bacilleg d'F.herlh. Il faut donc :
I*> Pour faire le diagnostic des alTections paratypbiques, diluer une ; goulte de sang ou de séium (au lieu de 2 gouttes) dans 6 gouttes d'e distillée ;
2° Le s éro- diagnostic fait avec les émulsions de bacilles d'Eberth J doit toujours précéder celui fait avec les émulsion.-t des bacilles paraty-* phiques.
Si on a à sa disposition une étuve réglée à 37", en y intruduisant les tubes, la réaction se fera beaucoup plus rapidement.
B. Procédé microacopique. — Le sang est recueilli comme il est dit t ci-tle,*^us. 11 e.-it préféra Me d'employer le sérum à la place du sang complet, A la rigueur, la sérosité d'un vésicatoire peut servir.
Sous le microscope, une culture vivante de bacilles typhiques montre I lesdits bacilles mobiles et isolés ; l'addition de sérum typhique réalisant le phénomène d'agglutination, on assiste à la formation d'amas bacillaires ' caractéristiques, groupés et immobiles.
Mtsure du pouvoir aggluUnanl. — Si l'on veut, ce qui est nécessaire,
TECHNIQUE BACTÉRIOLOGIQUE 393
mesurer le pouvoir agglutinant (Widal et Sicard), au lieu d'employer du sérum pur, on dilue une goutte de sérum dans 10 gouttes de bouillon ou de sérum artificiel ; on prélève une goutte de cette dilution à 1/10, dans des godets renfermant 3, 5, 10, 15 gouttes de culture de bacilles d'Eberth, et après trois heures, soit à Tétuve à 37°, soit même à la température de la chambre, on recherche quels sont ceux des godets renfermant des amas agglutinés. Si c'est seulement celui renfermant
3 gouttes, l'agglutination sera dite au trentième: ^ — r; si ce sont les
o X lu
tubes jusqu'à 10, l'agglutination sera diteau centième: — rr-; si c'est le
godet à 15 gouttes, l'agglutination sera au cent cinquantième : 7= — T7v»®t'C.
C. Remarques. — 1° Le séro-diagnostic est tardif; il est rarement positif avant le cinquième jour apr's le début de la maladie.
2** Il ne peut être tenu pour positif qu'au-dessus de 1/30, voire de 1/50.
3<* Il perd sa valeur chez les vaccinés dont le sérum est agglutinant.
49 Le sérum des sujets atteints d'affections paratyphiques agglutine aussi les cultures de bacilles d'Eberth, mais seulement à un faible degré (1/20, par exemple), tandis qu'il agglutine fortement les cultures des bacilles paratyphiques.