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2^ Albuminurie des infections chroniques. — L'albuminurio se
constate avec une grande fréi|uence au cours des infections chroniques (tuberculose, syphilis, paludisme, etc.) et il n*est pas négligeable, au point de vue des indications thérapeutiques, d'établir la coexistence d'une albuminurie chronique et d'une des infections chroniques ci-dessus, mais il semble que le pronostic soit surtout basé, comme pour les néphrites chroniques, sur la variété fonctionnelle (néphrite albumineuse simple, hydrcmique, chlorurémique, azotémique).
30 Albuminuries des intoxications. — « On peut, à ce point de vue,
dit Castaigne, distinguer trois sortes d'actions toxiques :
« Les toxiques forts (cantharide, sublimé, arsenic à dose élevée) qui produisent les néphrites aiguës et surtout suraiguës.
«i Les toxiques faibles, mais d^adion rapide et non répétée (pris une seule fois) qui produisent de l'albuminurie passagère.
« Les toxiques pris d dose faible, mais répétée, et agissant d^une façon lente (plomb) : ils donnent lieu à toutes 1ns variétés que nous avons signalées pour les albuminuries des néphrites chroniques, si bien qu'on peut dire que, pour les intoxications comme pour les infections, la notion étiologique ne suffît pas pour éclairer le pronostic. »
40 Albuminuries des auto-intoxications. — Représente' es surtout par les albuminuries de la grossesse, du diabète et de la goutte.
a) Albuminuries de la g^ssesse. — Nous en distinguerons, avec Castaigne, une série de variétés, de signification et de gravité très variables :
a) Albuminuries des femmes enceintes, qui, déjà avant la grossesse, avaient de l'albuminurie.
p) Alhunùnmks gravidiques proprement dites, dan? lesquelles ce sont les auto-intoxications de la grossesse qui provoquent l'albuminurie. Leur pronostic est subordonné à l'étude des fonctions rénales.
y) Albuminurie liée d la pyélonéphrite gravidique (pus dans les urines) et dont la gravité est subordonnée à l'intensité des phénomènes de rétention et d'infection.
0) Albuminurie passagère et bénigne du tra\ail.
c) Albuminurie post-puerpérale, subordonnée en somme h l'infection et dont le pronostic est celui dos néphrites infectieuses aiguës.
b) AlbumiAuries goutteuses. — On recherchera, comme il a été dit plus haut, s'il s'agit :
1® D'une néphrite chronique albumineuse simple ; 2^ d'une néphrite hydrémique hypertensive subordonnée au spasme ou à la sclérose cardiorénale ; 30 d'une pyéloncphrile calculeuse.
c) Albuminuries diabétiques. — Dont la signification est très analogue à celle des albuminuries goutteuses.
50 Albuminuries chroniques dorigine circulatoire. — On les
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rencontre surtout subordonnées à deux ordres de causes : cardiaque et nervo-motrice (Castaigne).
a) Albuminurie cardiaque. — C'est celle qui survient au moment des crises d'hypo ou d*asystoIie et semble subordonnée à la gêne de la circulation en retour, à la stase veineuse. Elle disparaît à Tordinaire avec la crise de stase, d'asystolie. Si elle persiste, il conviendra de Tétudier comme à l'occasion des néphrites chroniques.
b) Albuminurie nervo-motrice. — C'est celle qui survient à la suite de troubles vasculaires consécutifs à des lésions nerveuses : crises d'épilepsie, hémorragies cérébrales, traumatismes crâniens, etc.
« Les faits de ce genre peuvent être d'une interprétation difficile, et il ne faudra pas s'empresser de porter le diagnostic d'urémie parce que des malades présentent de l'albuminurie en même temps que des accidents cérébraux ; seules les épreuves classiques permettent de préciser le pronostic de ces accidents associés. » (Castaigne.)
ALBUMINURIES CRYPTOGÉNES (DITES FONCTIONNELLES)
En dehors des groupes susmentionnés d'albuminuries aiguës et chroniques que l'on peut plus ou moins facilement subordonner à une étiologie connue, il existe un nombre relativement considérable d'album inîiries encore incomplètement déterminées, et auxquelles la tradition conserve la dénomination bien vraisemblablement défectueuse d'albuminuries fonctionnelles ; le terme albuminuries crypiogcnes^ qui constate notre . ignorance de leur origine, sans préjuger de leur nature, nous paraît plus . rationnel.
Renvoyant pour les détails au livre précité de Castaigne {les Maladies des reins, in Collection le Livre du médecin), nous rappellerons avec lui que . les plus fréquentes de ces albuminuries cryptogènes sont les albuminuries de fatigue, digestive, cyclique, orthostatique, intermittente et minima.
I/albuminurie dite de fati^^e, intermittente et peu abondante, n'apparaît qu'après un exercice prolongé et fatigant (marche, course, cheval, etc.) et disparaît à l'ordinaire avec le repos.
Les albuminuries digestives sont celles qui naissent ou augmentent à l'occasion des actes de la digestion, que les sujets soient dyspeptiques, entéritiques ou non. Seule l'analyse répétée et en série d'échantillons urinaires recueillis aux divers stades de la digestion, et toutes précautions étant prises pour éliminer l'albuminurie orthostatique, permettra d'établir le rapport de causalité.
Les albuminuries cycliques sont celles qui se produisent cycliquement, à certaines heures du jour, habituellement de 13 à 15 heures. Décrites surtout par J. Teissier et Pavy, elles semblent devoir être sous la dépendance d'un certain degré d'insuffisance (débilité) hépatico-rénale.
Dans l'albuminurie orthostatique, la station verticale est la seule condition nécessaire et suffisante de l'albuminurie, qui disparaît dans la position horizontale. Elle est particulièrement fréquente dans l'enfance
Les albuminuries intermittentes et minima, bien caractérisées par leur dénomination, sont des albuminuries minimes (0,10 kOfiO)^ intermittentes, apparaissant et disparaissant, sans rythme aucun, en dehors de toute fatigue, de tout acte digestif, de toute attitude ; ce sont les albuminuries les plus cryptogènes de toute la série.
liOngtemps considérées comme de nature « fonctionnelle > sine maieria et bénigne, les albuminuries susmentionnées ont été l'objet d'un long procès en revision, d'où il résulte qu'en somme, de même que pour tous les autres groupes d' albuminuries , ces catégories cliniques peuvent être symptomatiques, d'espèces cliniques fort variées» depuis le trouble fonctionnel le plus bénin et fugace, jusqu'à la néphrite chronique la mieux caractérisée et que seule l'étude systématique des fonc« tions rénales (hydrurie, chlorurie, azoturie) par les moyens appropriés (10 bilan hydrurique, tension artérielle, débit urinaire quotidien, viscosité sanguine ; 2^ bilan chloruré, épreuve des chlorures, recherche des œdèmes; 30 bilan azoté, dosage de l'urée sanguine) permettra d'asseoir sur un diagnostic fonctionnel rigoureux, une thérapeutique appropriée, rationnelle et eiTicace.
Mentionnons les albuminuries simulées, dont, au cours de la guerre, on a observé un certain nombre de cas. La simulation d'albuminurie s'obtient en mélangeant du blanc d'œuf à l'urine, soit après, soit au moment même de l'émission, soit même par injection intra-urétrale, voire intravésicale d'une solution d'ovo-albumine. li'isolement rigoureux du sujet suspect, une surveillance étroite, le prélèvement de visu des échantillons urinaires destinés aux analyses, dépistent facilement la simulation (voir Analyeee d* urines. Technique),
Ace sujet, un mot, pour finir, des rapports de l'albuminurie et de l'aptitude militaire. La synthèse du chapitre précédent, c'est qu'en somme, au point de vue pronostique, et partant aptitude militaire, l'albuminurie est peu de chose, le fonctionnement rénal est tout. C'est donc ce fonctionnement qu'il conviendra d'établir. Aussi souscrivons-nous entièrement à ce sujet, avec quelques légères modifications, aux conclusions de M. Gilbert [Uéunion médico-chirurgicale de la F® armée, 28 octobre 1916) : Un albuminurique, pour être maintenu dans le service armé, doit répondre aux conditions suivantes: 1<> quantité d'albumine fixe non influencée parle froid, la station verticale, l'alimentation, la fatigue ; 2® absence de cylindres ; 3^ urée sanguine normale, urée urinaire parallèle à l'alimentation azotée ; 4° absence d'œdèmes, bilan chloruré normal ; 5<> pas d'hypertension artérielle marquée (moins de 18), pas de bruit de galop. Cette décision nécessite donc une observation prolongée et attentive.
ANÉMIES r ^^' ^^ *^^' privatif; alaa, sang, 1 l pas de sang, peu de sang, sang pauvre. j
En règle la pâleur anormale, les « pâles couleurs », si elles sont accompagnées de « pâleur » des muqueuses (lèvres, gencives, conjonctives), sont dues à Vanémie, mais ce qui est vrai c'est que Tanémie simple, Tanémie essentielle, l'anémie primitive, est très rare, alors que la pâleur morbide est au contraire très fréquente; c'est que, et de beaucoup le plus souvent, sinon toujours, l'anémie est secondaire, symptomatique d'une autre aiïection, et qu'en dernière analyse le problème diagnostique posé par la constatation de la pâleur est celui de la recherche de l'afTection causale de ladite anémie.
Il faut bien convenir qu'en dépit des recommandations des classiques il faudrait être bien inattentif pour confondre la pâleur habituelle de l'anémie avec la teinte jaunâtre du subictère ou la pâleur fugace de l'angiospasme émotif. Ce qui est plus exact, au contraire, à notre avis, c'est que, comme chez les hyposphyxiques et comme chez maints tuberculeux, une anémie vraie peut être masquée par un certain degré de lividité, de cyanose, voire d'ictère, dans les ictères hémolytiques en particulier. Donc, en règle, l'examen du sang s'impose, en présence du diagnostic pâleur. Il est basé surtout sur la numération des globules et sur l'approximation de la richesse hémoglobinique (voir Examen du sang). On adopte en général la classification de Hayem: N {nombre dés hémalies), R (laux
hémoglobinique), G = — (valeur globulaire).
Normalement, N = 5000000, R = 5 000 000, G = 1.