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La fatigue est un terme correspondant à une sensation trop cornmune et bien caractérisée pour qu'une définition en soit nécessaire. Tout au plus doit-on dire qu'on en peut observer tous les degrés, depuis la simple sensation légère et temporaire de fatigue, presque agréable, se tra-^ duisant par un besoin de repos, jusqu'à l'épuisement profond, persistant et durable, annihilant presque complètement le « vouloir » et le « pouvoir ». Enfin, il convient de distinguer la « paralysie », abolition des mouvements volontaires d'une partie du corps, de la « fatigue » qui les rend simplement pénibles, voire douloureux ; mais, à la vérité, la « parésie » est, par certains points, bien proche voisine de la « fatigue ».
Le symptôme « fatigue » est trop banal, manifestation courante de la plupart des états infectieux, toxiques et dépressifs, pour qu'il soit intéressant d'en esquisser même un essai de séméiologie intégrale. Nous nous bornerons dans ce chapitre :
10 A rappeler les conditions cliniques les plus ordinaires du symptôme fatigue ;
2^ A rappeler qu'en quelques circonstances la « fatigue » prend, par sa ténacité, son intensité, ses modalités, une valeur clinique parfois quasi pathognomonique.
La sensation de « fatigue » peut être physiologique (normale), après un effort "prolongé physique ou intellectuel, après un shock, un état émotif violent, une épreuve prolongée. Elle est, en ce cas, accidentelle et temporaire. Elle cède facilement au repos, au sommeil et à la suppression de la cause provocatrice.
Elle se manifestera anormale, pathologique :
Par son intensité (épuisement, asthénie profonde) ; Par sa durée (ne cédant ni au repos, ni à la cessation de la cause) ; Par ses modalités, parfois rythmiques ; Par ses localisations, souvent lombaires. Nous rappellerons rapidement que les causes les plus habituelles delà fatigue pathologique peuvent être:
ASTHENIE& - FATIGUE
I. Nerveuses. — Elle est conditionnée de façon normale par le surmenage et les émotions répétées, et surtout par Tinsomnie, quelle qu'en soit la cause.
On la rencontrera de façon quasi constante, à titre épisodique ou prédominant, dans la plupart des affedions organiques du système nerveux^ et en particulier dans tous les états paralytiques qui ne nous arrêteront jas plus longtemps.
C'est surtout dans toutes les psychonévroses dépressives (états neurasthéniques et neurasthéniformes, névrose d'angoisse, névropathie cérébro-cardiaque, psychasthénies, asthénie générale avec atonie gastrointestinale, ptôse et dénutrition, sympathicotomie, etc., etc.) que sa signification diagnostique peut être très grande. Elle est constante dans tous ces états et parfois prédominante et obsédante ; elle est à peu près toujours associée à l'insomnie. On trouvera toujours à l'origine le surmenage (quel qu'il soit: physique, intellectuel), les excès sexuels, un shock émotionnel, le sujet généralement n'établissant pas de lui-même une relation de dépendance entre les deux groupes de phénomènes. Mais une fois ce cycle établi : hyperexcitabilité (u émotionnalisme », suggeslibilité) et asthénie (insomnie), il tend, véritable cercle vicieux, à persévérer, r « émotionnalisme » et la suggestibilité engendrant ou exagérant l'asthénie et l'insomnie, l'asthénie et l'insomnie engendrant ou exagérant Ta émotionnalisme » et la suggestibilité.
Le diagnostic est à l'ordinaire facile, l'investigation psychique démonstrative. Rappelons toutefois que le diagnostic d'une psychonévroso essentielle, quelle qu'elle soit, ne doit jamais être qu'un diagnostic d'exclusion, et qu'il faut toujours s'assurer qu'elle n'est pas symptomatique d'une afTection somatique: tuberculose, artériosclérose, syphilis, azotémie, etc.
H. Les causes humorales de fatigue sont innombrables. Toutes les i'ilo.ricalionSy qu'elles soient endogènes ou exogènes, toxiques ou toxini(iues, peuvent être asthéniantes. Quelque défectueuse que soit la classification suivante, et sans se dissimuler que maintes catégories « chevauchent » Tune sur l'autre, on peut l'adopter, ne fut-ce qu'à titre mnémotechni((ue.
a) États anémiques. — La fatigue est ici continue, associée aux signes classiriues de l'anénne : décoloration des nmqueuses, hypoglobulie, hypoliémoglobinémio, etc., anorexie, dyspepsie, etc. Mais il faudra remonter ;i la cause de l'état anémique (voir Anémies).
b) États hyposphyxiques. — Ils sont, comme on sait, constitués par un syndrome circulatoire particulier essentiellement caractérisé par une tension liasse, une viscosité sanguine relativement élevée, d'où tous les signes classiques de la eiirulation défectueuse : eyanose, refroidissement^ dyspnée, asthénie facile (voir Hifijoletisians arlérielles).
c) États d'insuffisance ^glandulaire. — Nous retiendrons surtout la maladie d'Addison et le my.vœdêmc.