‹ Diagnostic clinique, examens et symptomes;Chapitre 25 sur 277 · D UODÉNO'JÉJ UN UM · texte numérisé non relu

D UODÉNO'JÉJ UN UM

« Après un temps plus ou moins long, survient une brusque contraction de l'estomac qui provoque un double effet :

a 1° I /éructation gazeuse que nous avons relatée ;

a 2^ Le passage du liquide stomacal dans le duodénum.

« A ce moment précis, le spasme pylorique disparaît et la douleur cesse.

a En résumé, le diagnostic clinique de l'ulcère duodéno-pylorique nous paraît pouvoir être posé chez les malades ayant des douleurs stomacales présentant le triple caractère suivant :

ft Douleurs survenant par crises, avec intervalles de guérison apparente ;

c( Douleurs apparaissant quelques heures après les repas ;

« Douleurs, après la prise d*un demi-litre de tait^ disparaissant brusquement après une éructation gazeuse, »

Indépendamment de ce symptôme clinique si précieux, mais qui peut être inconstant, Léon Meunier en a donné un autre beaucoup plus fidèle. Il est basé sur le principe suivant :

Si on lave avec une solution au centième d'acide acétique glacial restomacd'un sujet chez lequel des douleurs tardives paroxystiques et un examen coprologique ayant décelé la présence desang permettent d'affirmer l'existence d'une lésion gastrique ou duodénale, deux phénomènes peuvent se produire :

Sous l'influence de la solution acide, le sphincter pylorique se contracte, ferme la cavité gastrique et met à l'abri de l'eau de lavage le versant duodénal du pylore où siège presque exclusivement l'ulcère duodénopylorique.

Par contre, toute ulcération du corps de l'estomac se trouve en contact de la solution acide. Les cristaux d'hématine qui existent toujours à la surface de la plaie relativement fraîche se dissolvent dans la solution acétique et sont facilement décelables chimiquement.

Il en résulte qu'après cette simple manipulation la réaction positive du sang dans l'eau de lavage indique une ulcération du corps de l'estomac et la réaction négative une ulcération duodéno-pylorique.

La technique de celte méthode est d'ailleurs très simple: s'assurer préalablement de la vacuité de l'estomac du malade, et, au besoin, faire un lavage d'estomac quelques heures avant l'essai.

Faire ensuite un lavage avec 200 centimètres cubes d'eau contenant 2 centimètres cubes d'acide acétique glacial.

Mettre quelques centimètres cubes de cette eau de lavage dans un tube à essai, y ajouter un volume égal d'eau oxygénée et d'une solution alcoolique de benzidine au 1/100^ (préparée à chaud au moment du besoin).

En présence de traces d'hématine, le liquide prend peu à peu une coloration verte qui passe au bleu vert.

PROCÉDÉS D'INVESTIGATION nTrESTOTALE

INSPECTION DE L'ABDOMEN. — 'Gros ventre chez les dyspeptiques

gastro-intestinaux, chez les sujets atteints de météorismc, d'occlusion.

Ne pas confondre avec le gros ventre des ohèses.

Ventre en bateau avec rétraction des parois intestinales chez les cadiectiques, les cholériques.

Dépression de Vhijpcgaslre peut révéler rentéroptose. C'est surtout dans la position génu-pectorale que se manifeste la ptôse de rintestin.

Mouvements péristattiques et aniipéristaltiques pouvant être assez violents pour se traduire, sous une paroi amincie, par des saillies et des dépressions alternatives.

PÂLPATION. — T)oît être pratiquée d'une main légère, ayant une température au moins égale à celle du ventre examiné, pour ne pas déterminer, par la sensation du froid, des contractures musculaires.

Rechercher les points douloureux, les tumeurs, les amas stercoraux, la corde colique, le cordon sigmoïdâl.

On peut percevoir : des gargouillements^ surtout dans la fosse iliaque droite, et des battements de l'aorte abdominale chez des ptosiques à paroi amaigrie.

PERCUSSION. — Elle donne un son tympanique éclatant. La matiié n*est complète qu'en cas de tumeur.

On perçoit un bruit hydro-aérique ou métallique lorsque les anses intestinales contiennent à la fois des liquides et des gaz.

SUCCUSSION. — Elle peut donner au voisinage de Tombilic un brùil de clapolage comparable à celui de Testomac, et qui prend naissance dans le côlon transverse dilaté.

Elle peut encore révéler le syndrome du clapolage abdominal et de la fausse ascite, décrit par Mathieu. Ce syndrome est constitué par du clapolage obtenu par succussion digitale et surtout par succussion hippocratiquc, et par des signes de fausse ascite (matité mobile ; sensation de flot). Ce syndrome apparaît souvent au cours de révolution, le plus souvent lento, mais aussi quelquefois rapide, de l'occlusion intestinale. Le liquide sécrété remplit les anses grêles les plus déclives ; on entend son ruissellement dans les déplacements du malade.

La RADIOSCOPIE peut aider au diagnostic, en montrant Taccumulation hypostatique du liquide dans certaines anses, alors que d'autres

sont distendues par des gaz. Sous Tinfluence des contractions intestinales, on voit le niveau du liquide varier.

La radioscopie évitera de confondre ce syndrome avec une grande dilatation gastrique par sténose pylorique.

Elle pourra aussi montrer si le clapotage n*est pas dû à la présence de liquide dans un caecum dilaté. Il est, en effet, souvent très difficile de distinguer le caecum dilaté en amont d'un rétrécissement colique, des anses grêles pouvant prendre parfois des dimensions aussi considérables que le caecum dilaté.

Page 1